Tambacounda : Vers un plan d’action national contre l’utilisation du mercure sur les sites d’orpaillage.

Un plan d'utilisation du mercure dans l'orpaillage

En 2016, le Sénégal a adopté la Convention de Minamata sur le mercure. Avec cette adoption, le Sénégal exprime

, sans doute, son ambition de lutter contre l’utilisation du mercure dans l’extraction minière artisanale.
Un atelier régional d’information et de partage sur l’élaboration du Plan d’action national (PAN) du secteur de l’extraction minière artisanale et à petite échelle (EMAPE) d’or s’est d’ailleurs ouvert, ce mardi 6 novembre 2018 à la gouvernance de Tambacounda. L’objectif est de « sensibiliser les orpailleurs [de la région de Tambacounda] sur les dangers du mercure, en vue de faciliter leur adhésion à l’élaboration du Plan d’action national du secteur de l’EMAPE d’or et à l’appropriation de sa mise en œuvre ».
Les villages de Kéniaba et de Diyabougou du département de Bakel constituent les zones d’orpaillage dans la région de Tambacounda. Le mercure et le cyanure y sont utilisés par les orpailleurs dans leurs activités d’extraction de l’or.
Au cours de l’atelier, le Médecin-Chef de région de Tambacounda, Dr Habib Ndiaye, a porté une communication sur les risques sanitaires avec l’utilisation du mercure et du cyanure, des « métaux lourds très dangereux ».
« Contrairement au cyanure, les conséquences du mercure sur la santé ne sont pas immédiates. Elles peuvent apparaitre chez l’individu 15 ans plus tard », a-t-il expliqué. A l’en croire, le système nerveux central et périphérique, le système immunitaire, etc. sont les organes ciblés par le mercure. Sans oublier la malformation, le retard de croissance in utéro que ce produit chimique peut provoquer chez la femme enceinte.
Le gouverneur de la région de Tambacounda, El Hadji Bouya Amar, qui a présidé l’atelier, a reconnu que « le risque le plus prégnant, c’est l’utilisation du mercure qui pose de sérieux problèmes dans les sites d’orpaillage ».
« L’ambition du Plan national, c’est d’abord de réduire, mais surtout d’éliminer l’utilisation du mercure dans les sites d’orpaillage. Pour l’appliquer, il faut des réunions de mise à niveau, d’information à destination des orpailleurs. C’est pourquoi, on a convoqué l’ensemble des acteurs des sites d’orpaillage de Kéniaba », a-t-il ajouté.
Le PAN, qui est en cours de rédaction, sera inclusif avec des objectifs bien définis.
Il a pour rôle « de se fixer d’abord des buts et des objectifs, mais aussi d’élaborer des stratégies. Stratégies allant dans le sens de formaliser ce secteur, stratégies de santé publique par rapport au secteur de l’orpaillage, mais aussi stratégies allant dans le sens de mieux communiquer avec ce secteur de l’orpaillage », a informé Mme Aicha Sarr Seck, Cheffe de la Division de la prévention et du contrôle des pollutions et nuisances de la Direction de l’Environnement et des Etablissements Classés(DEEC).
Pour lutter contre le mercure, les « diouras verts » sont aussi proposés comme solutions alternatives.
« Pour ce qui concerne l’orpaillage, il y a des alternatives qui sont en cours. Il y a une alternative [dioura vert] que nous avons eu à tester surtout dans la région de Kédougou avec Bantako où nous avons implanté une infrastructure de traitement de l’or, sans mercure. (…) Et je crois que nous comptons devoir disposer de ces instrumentations pour pouvoir accompagner les orpailleurs dans l’abandon de l’utilisation du mercure pour le secteur de l’orpaillage », a indiqué Mme Aicha Sarr Seck.
Toutefois, elle invite les orpailleurs à une appropriation du PAN afin d’accompagner le processus.
Amédine FAYE (correspondant)
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