Mali : le fils de l’otage française Sophie Pétronin reste prudent dans l’espoir d’une libération

Au Mali, toujours pas d’annonce officielle concernant la libération de la Française Sophie Pétronin, enlevée à Gao

il y a près de 4 ans. Pour ses proches, c’est encore l’attente. Sébastien Chadaud-Pétronin s’est exprimé sur RFI. Son fils est arrivé à Bamako ce mardi après-midi, pour pouvoir être présent en cas de libération de sa mère.

Pour expliquer la non-libération des otages dans la journée de mardi, une source proche du dossier explique que la machine plutôt huilée a enregistré des ratés. Certes, le Mali a accepté la principale revendication des ravisseurs, à savoir vider ses prisons de jihadistes aux arrêts. Plusieurs dizaines de prisonniers ont été ainsi remis à l’air libre et conduits en partie par avion à l’intérieur du pays. Parmi elles, des auteurs d’attentats sanglants au Mali et dans des pays de la sous-région.

Mais dans le grand désert malien, le grain de sable serait survenu au niveau de la coordination entre ravisseurs et médiateurs. Les premiers utilisent une ruse de Sioux, et la moindre suspicion ralentit les opérations de libération.

Ensuite, des questions émergent : généralement, pour des raisons de sécurité, les otages ne sont pas tout le temps ensemble. Y a-t-il eu des problèmes pour les regrouper ? Y a-t-il eu un problème de logistique au dernier moment ? En attendant, Sébastien, le fils de l’otage français Sophie Pétronin, est arrivé à Bamako alors que la famille et les très nombreux partisans de Soumaïla Cissé sont mobilisés. Tous entament une nouvelle journée d’espoir.

S’il y a une petite chance qu’elle puisse sortir de cet enfer, il faut que je m’avance vers elle au maximum (…) On croise les doigts, car on ne sait toujours pas si ça va s’arrêter, il faut qu’on reste prudents….

Appel à la prudence

Sur les réseaux sociaux mais aussi dans la presse professionnelle, malienne ou internationale, les annonces de libération de Soumaïla Cissé et de Sophie Pétronin sont nombreuses. Avec ou sans conditionnel, « libération en cours », « enfin libre » : le fait est qu’aucune preuve concrète ne vient étayer ces annonces.

Sur une chaîne de télévision française, mardi soir, un neveu de Sophie Pétronin annonçait que la Française était en route vers Bamako. Une information démentie par le propre fils de Sophie Pétronin, arrivé le même jour dans la capitale malienne.

Le même appel à la prudence a été lancé du côté des proches de Soumaïla Cissé. Ni sa famille, ni la cellule de crise de son parti, l’URD, n’ont eu de contact avec le chef de l’opposition malienne. Tous veulent y croire et sont rivés à leur téléphone, mais tous demandent solennellement la plus grande retenue.

Il y a également la crainte que de mauvaises informations rendent plus difficile la libération. C’est d’ailleurs le message délivré par les autorités françaises – qui ne s’expriment pas officiellement, mais qui ont parlé à la famille de Sophie Pétronin – et par les autorités maliennes. À la Primature, aucune confirmation officielle n’est faite et on fait bien comprendre que les informations qui sortent ça et là sont potentiellement dangereuses.

En effet, elles peuvent modifier les modalités de l’échange, parce qu’elles peuvent véhiculer, vraies comme fausses, des informations toxiques pour l’opération en cours. Tout simplement parce tout n’est pas maîtrisé et que, pour ne pas risquer la vie ou l’avenir des otages concernés, certains détails n’ont pas à être révélés pour le moment.
rfi.fr
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