Dakar : Les étudiants, toujours mécontents.

Les étudiants ont encore signalé leur mécontentement hier, mardi 15 mars, contre la décision du gouvernement de ne pas faire de recrutement cette année, après le concours de la faculté des sciences et technologies de l’éducation et de la formation (Fastef) de l’Ucad. Ils ont manifesté sur l’avenue Cheikh Anta Diop et ont paralysé la circulation pendant plus d’une heure.

L’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) a été hier mardi 15 mars le théâtre de violents affrontements entre les forces de l’ordre et les étudiants de la Fastef allés au front pour revendiquer leur non recrutement par l’Etat après le concours de leur école. Ils étaient appuyés par leurs camarades des autres facultés de l’université (Cad) pour protester contre la décision des autorités étatiques de geler les recrutements de l’institution de formation. Les étudiants ont barré la célèbre avenue pour manifester leur mécontentement. Ce qui a amené les véhicules à emprunter d’autres itinéraires. Pendant plus d’un tour d’horloge, entre 11h et 12h, les pensionnaires de la FASTEF ont été les maitres des lieux. Les forces de l’ordre qui se sont déplacé sur place ont quadrillé le périmètre en utilisant comme d’habitude des grenades lacrymogènes pour disperser la foule.

Il s’en est suivi un véritable sauve-qui-peut des manifestants. Les plus fougueux ont tenu à résister et à riposter à la police avec des jets de pierre. Mais cette intifada ne va pas durer trop longtemps car les forces de l’ordre vont réussir à contrôler le périmètre et à faire rétablir la circulation vers 13 h. Pour l’un des grévistes, « c’est injuste de la part du gouvernement de vouloir nous faire porter une faute dont nous ne sommes pas responsables. L’Etat ne peut pas annuler ainsi le recrutement», a-t-il avancé.

Les étudiants ont aussi déploré le fait que toutes les autorités étatiques soient «focalisées» sur la campagne pour le «oui». « Il y a des milliards qui ont été dépensés pour le référendum alors qu’il y a beaucoup de problèmes qu’il faut régler dans le pays, dont le nôtre. Aujourd’hui, il n’y a pas d’interlocuteur parce qu’ils sont tous sur le terrain pour gagner le pari du Oui», a laissé entendre un autre étudiant.

Du côté des sympathisants, c’est inadmissible d’annuler ainsi les recrutements. «Ce sont des soutiens de famille et l’Etat a trahi leur confiance», a déclaré un étudiant qui a préféré rester dans l’anonymat. Il faut signaler lundi dernier, les étudiants avaient contesté cette décision et hier encore, ils avaient pris d’assaut l’avenue Cheikh Anta Diop pour manifester leur colère. Un mouvement d’humeur qui fait suite à la décision des autorités étatiques de ne pas faire de recrutement cette année, alors que les 17000 candidats qui avaient déjà passé le concours attendaient leurs résultats.

Selon des sources, ces étudiants ont déjà versé 8000 FCFA chacun pour les frais de concours organisé en octobre 2015, ce qui fait un total de 136 millions FCFA encaissés par l’administration.

Par ailleurs, au niveau des lycées et Cem, on a noté un débrayage à partir de 10h. Les professeurs déplorent le mutisme du gouvernement sur les différents accords signés entre les deux parties. Selon certains d’entre eux, «l’Etat n’y met pas de la volonté, il préfère tout simplement dépenser beaucoup d’argent pour le référendum au lieu de régler les urgences», note ce professeur dans un Cem de la place.
sudonline.sn

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