Tambacounda : Violences contre les filles – Le mariage d’enfants préoccupent les décideurs

Les mutilations génitales féminines et les mariages d’enfants doivent cesser au Sénégal.

C’est le cri de cœur des Jeunes Leaders Champions en santé de reproduction des adolescents et jeunes SRAJ des CCA (centres de conseil Ado) des département de Bakel, Kolda, Tamba, Sédhiou et Vélingara. Ils l’ont fait savoir lors d’un dialogue dit de haut niveau sur l’éducation sur la santé de reproduction. Une occasion saisie par les jeunes de dénoncer les formes de violences surtout les mariages des fillettes qui prend de l’ampleur.

Les derniers recensements généraux de la population de 2013 ont montré que le tiers des sénégalais est âgé de 10-24 ans. Les statistiques liées à la santé sexuelle et reproductive de cette couche vulnérable attestent qu’elles constituent une des préoccupations majeures. Sur 1/5 des grossesses contractées chez les adolescents, 75% des cas concernent des filles célibataires. Et 11% des jeunes sénégalais ont eu des rapports sexuels avant l’âge de 15 ans. Des chiffres qui montrent combien des efforts sont à faire dans l’information et la sensibilisation en matière de santé de la reproduction chez les adolescents. Et plus inquiétant selon ces mêmes informations, 1971 cas de grossesses précoces ont été notés en milieu scolaire entre 2010 et 2014 et 7 cas sur 10 sont l’œuvre d’élèves eux-mêmes.

Dans la région de Tambacounda, la situation demeure préoccupante. En effet, 9,1% des ménages sont dirigés par une femme. Et le nombre d’enfants moyen de 0-15 ans par ménage est de 4,8. Si pour certaine filles les années d’adolescence sont un moment d’exploration, d’apprentissage et d’autonomie croissante, elles restent pour beaucoup d’autres un moment de vulnérabilité croissante et d’exclusion des droits et opportunités ou seulement de pure et simple discrimination.

Selon, Madou Cissé coordonnateur du CCA de Tambacounda, pour la seule année de 2017, 26 cas de grossesses non désirées et 09 mariages d’enfants de -13 ans ont été notés par le CCA de Tambacounda. Toujours selon lui, on parle souvent de grossesses précoces ou de mariage précoce, mais le cas le plus inquiétant est le mariage d’enfants souvent forcé, un phénomène qui prend de l’ampleur surtout en milieu rural.

Cette frange de population évolue dans une situation de vulnérabilité. Pour les protéger et protéger leur santé, des investissements s’imposent notamment leur santé sexuelle et procréative pour leur permettre de recevoir une éducation de qualité et élargir leur perspectives économiques.

Pour Babacar Gueye, expert national de FNUAP, il ne s’agit pas seulement de statistique. Pire, la femme qui meurt des complications d’une hémorragie pendant l’accouchement, l’enfant qui meurt de ces complications, la jeune fille victime de grossesse précoce, l’enfant contraint au mariage, l’un et l’autre ont un nom et une fille qui les aime. Au-delà de la tragédie individuelle, ces pertes ont des répercussions sociales et économiques énormes pour la société.
Toutefois, le Fond des Nations Unies pour la population, pour sa part, continuera à accompagner le Sénégal pour la réalisation des ODD en 2030 et pour un Sénégal émergent où le potentiel de chaque jeune accompli.

SANOUSSY DIARRA : actuprime.com
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