Dans le couloir des khalifes de Seydi El Hadji Malick Sy

Les Khalifes de Tivaouane
Photomontage

Sérigne Abdoul Aziz Sy Al Amine sera l’absent le plus présent lors de cette édition 2017 du Gamou

qui sera célébré dans la nuit de jeudi à demain vendredi dans la cité religieuse de Seydi El Hadji Malick Sy. Cheville ouvrière de l’événement pendant plusieurs décennies et porte-parole de la famille, le sixième khalife n’aura effectué que six mois la charge. C’est son illustre père Serigne Babacar Sy qui a inauguré le Khalifa de Maodo en le portant de 1922 à 1957. Après Sérigne Mansour Sy Malick qui s’installa que quatre jours à la tête de la communauté, El Hadji Abdoul Aziz Sy Dabakh (1957-1997), Sérigne Mansour Sy «Dabakh» (1997-2012), Sérigne Cheikh Tidiane Sy «Al Makhtoum» ( 2012-2017) et Serigne Abdoul Aziz Sy «Al Amine» (2017) se sont succédé dans la cité religieuse de Tivaouane. Focus sur la biographie succinte des premiers guides au septième et actuel Khaif général des Tidianes, Serigne Mbaye Sy Mansour.

SERIGNE BABACAR SY : Le gardien de l’orthodoxie
Après l’affaissement de ce pilier de l’Islam comme l’avait chanté Serigne Mbacké Bousso envoyé par Cheikh Ahmadou Bamba pour présenter ses condoléances, c’est Ababacar Sy connu sous l’appellation de Serigne Babacar Sy ou Khalifa qui fut désigné pour conduire la mission de succéder, de conduire et de continuer l’œuvre de Seydi El Hadji Malick Sy.
Né à Saint-Louis en 1885 à Saint-Louis, alors capitale du Sénégal, Serigne Babacar Sy s’installe à Tivaouane. Respectueux des lois de Dieu et imbu de culture islamique, Cheikhal Khalifa s’est inscrit en droite ligne de l’œuvre de Cheikh Ahmed Tidiane Chérif, fondateur de la tarikha tidiania, et de son père El Hadji Malick Sy. Ayant acquis une solide formation, Serigne Babacar Sy se distingua comme un guide religieux exemplaire et fut le digne successeur. Il s’illustra vite par son sens de l‘organisation et par son autorité. Il ne tarde pas à marquer son empreinte avec la mise en place des «dahira» (cercle de fidèles) à travers le pays dont le premier fut le Dahira Kiram créé en 1927 à Dakar au Boulevard de la République chez Ibra Ndiaye Diop.

Serigne Babacar Sy jouissait ainsi d’une réputation d’être intransigeant sur tout ce qui transgresse l’Islam, de sa Sunna ou encore de critique sur la Tarikha Tijane dont il devient un de ses infatigables défenseurs. Comme l’atteste cet hommage que lui a rendu son frère El hadji Abdoul Aziz Sy Dabakh et rappeler par le chercheur Bakary Samb : «il est permis de lui adjoindre tous les qualificatifs exprimant la vertu dans son essence avec des superlatifs absolus, à quoi bon alors s’étendre dans la description du communément admis ? Qul ? Mâ tashâ’u min-al-amdâhi moo lako may ! (Dis ce que tu veux dans son apologie, tu y es autorisé !) pour exalter les qualités humaine, morale, spirituelle que l’on retrouve chez l’homme au bonnet carré légendaire. Serigne Babacar Sy quitta ce bas monde le 25 mars 1957.

EL HADJI MANSOUR SY : Au nom du père
Fils de El Hadji Malick Sy et de Sokhna Safiétou Niang, Serigne Mansour Balkhawmi a vu le jour en 1900 à Tivaouane. Très tôt, le père de l’actuel Khalif de Tivaouane se signale par son intelligence et sa maturité. De tous les fils de Maodo, il est celui qui est resté le plus avec son père. Le guide de Tivaouane en fait naturellement son «secrétaire». Doté d’une vaste culture, il prendra sur lui cette charge de veiller sur la tarikha et d’assurer l’héritage de El Hadji Malick Sy sous la direction de Serigne Babacar Sy. D’où son surnom qu’on lui attribua : «inspecteur de la tarikha», le gardien de l’orthodoxie de la confrérie. Il préside les conférences religieuses. Serigne Mansour Sy Malick quitta ce bas monde le 29 mars 1957, soit quatre jours seulement après le rappel à Allah de son frère Serigne Babacar Sy. Serigne Abdoul Aziz Sy, affectueusement appelé Moulaye Dabakh, accéda à la charge de Khalife.

EL HADJ ABDOUL AZIZ SY DABAKH :L’infatigable régulateur
Quatrième fils de Seydi El Hadj Abdoul Aziz Sy Dabakh a vu le jour en 1904, de Sokhna Safiétou Niang. Il eut la chance d’être éduqué par son père, ses grands frères et les Moukhadams. Doté d’une solide formation à Tivaouane. El Hadj Abdoul Aziz Sy entrepris, à l’image de son père, des voyages studieux dans les autres contrées du pays et particulièrement, auprès du grand érudit Maodo Serigne Hady Touré. Il fréquente ensuite Mbacoumé, dans le Cayor avant de rallier en 1930, à l’âge de 26 ans, Saint-Louis qui était un passage indiqué pour nombre d’érudits, il y resta jusqu’en 1937 chez Serigne Birahim Diop, un des Mohadams de El Hadji Malick Sy. Serigne Abdou acquiert rapidement cette réputation de poète et de chanteur. Il se charge de diriger les Chœurs des talibés de son père ce qui contribuera à lui assurer une solide popularité parmi les membres de la confrérie. Il s’illustre non seulement par son érudition, son éloquence mais aussi, son engagement pour la cause islamique, ses écrits en arabe, Serigne Abdou Aziz a su tisser dans les pays arabes, notamment au Maroc et en Arabie Saoudite, un tissu relationnel très dense, avec un seul et unique objectif: cimenter la Umma islamique. Au point que son aura dépassera aussi bien les limites de la confréries et même de la religion musulmane. Après avoir veillé quarante (40) ans sur l’héritage et le temple de Maodo, il est rappelé à Dieu le 14 septembre 1997.

SERIGNE MANSOUR SY : Le recteur de l’université
Quatrième Khalife de son vénéré grand-père Maodo Malick Sy, Serigne Mansour Sy est le premier petit-fils dans l’ordre successoral. Ayant vu le jour en 1925, «Borom Daraji» a démontré dés son jeune âge ses qualités de préservateurs des œuvres de ses devanciers. On souligne à cet égard, que dans la redistribution des tâches et de missions de son père Serigne Babacar Sy, lui est revenu de pérenniser l’école de Maodo. Au point qu’il consacre l’essentiel de ses activités à la diffusion des sciences islamiques, de la Charia et la Sunna. D’où le surnom de Borom Daraji lui donnant en le présentant à une délégation venue de la Côte d’Ivoire. Il avait reçu de son oncle Serigne Abdoul Aziz Sy Dabakh, la légitimation de la charge le 11 septembre 1997. Soit trois jours avant le rappel à Dieu de ce guide le 14 septembre. Après 15 ans de Khalifa, Serigne Mansour Sy s’éteignit le 8 décembre 2012

CHEIKH AHMED TIDIANE SY : Un guide atypique
Troisième fils de Sérigne Babacar Sy, Sérigne Cheikh Tidiane Sy a vu le jour en 1926 à Saint-Louis. Selon le site Asfiya, l’actuel Khalife a très tôt tenté de réformer son entourage familial. Déjà à l’âge de 14 ans, il a bouclé prématurément les cycles inférieurs et moyens des études islamiques. Dans sa formation spirituelle, Cheikh Ahmad Tidiane Al Makhtoum revendique “une fidélité sans faille aux enseignements de Serigne Babacar Sy”, son père qu’il prend pour “seul et unique maître spirituel”. Toutefois, il ne cache pas une pleine admiration pour son formateur Serigne Alioune Guèye, ainsi qu’il aime à citer ses autres professeurs de sciences islamiques notamment l’imam Moussa Niang, Chaybatou Fall. Il rappelle aussi son passage entre les mains de son oncle El Hadji Abdoul Aziz Sy. A 16 ans, il publie son premier livre : “Les vices des marabouts” et écrivit “L’inconnu de la nation sénégalaise : El-Hadji Malick Sy”. A la trentaine, il effectue son premier voyage à Paris où il vit, bien plus tard pendant cinq ans, une sorte d’exil. Cette précocité intellectuelle fait lui qu’il joue les premiers rôles dans l’entourage de son père. Il a hérité du Khalifat en 2012 après le rappel à Dieu en décembre de Serigne Mansour Sy. Après cinq années de Khalifa, Al Makhtom est rappelé à Dieu, le mercredi 15 mars 2017 à l’âge de 91 ans.

SERIGNE ABDOUL AZIZ AL AMINE : L’absent le plus présent du Gamou 2017
Khalife général de Tidiane depuis le 15 mars 2017, Sérigne Abdoul Aziz Sy avait parachevé sa mission de Khalifa que durant six mois. Ayant vu le jour en 1927, Al Amine est aussi formé à la bonne école et a suivi les même pas que Serigne Mansour Sy et Serigne Cheikh Tidiane Sy qui ont reçu un solide enseignement du grand érudit et compagnon d’El Hadji Malick Sy, Serigne Alioune Guèye. Très tôt, son père Serigne Babacar Sy l’avait choisi comm bras droit. Ce qui lui ouvre vite la voie à d’importantes responsabilités familiales et lui permet de devenir pendant des décennies, le maitre d’œuvre du Gamou, le porte-parole de la famille Sy. Sa compter son rôle de médiateur sociale et même politique qu’il exerça.

SERIGNE MBAYE SY MANSOUR : Le nouveau gardien du temple
Âgé aujourd’hui de 85 ans, la voix officielle de Tivaouane depuis le rappel à Dieu de Serigne Abdou Aziz Sy en mars dernier, est devenue le Khalife général des tidianes. Depuis ce dimanche 24 septembre 2017, Serigne Mbaye Sy Mansour est devenu le septième khalife après le rappel à Dieu d’Al Amine. Né en 1932, le fils aîné de Serigne Mouhamadou Mansour Sy et de Sokhna Aminata Seck est connu pour sa rigueur, sa franchise et sa droiture. Porte-parole pendant six mois de la famille Sy après le rappel à Dieu de Sérigne Abdoul Aziz Sy Al Amine, Serigne Mbaye Sy Mansour se caractérise par un discours sans ambages qui traduit visiblement son intransigeance sur de nombreux domaines liés à la vie en société, à l’unité nationale ou encore les valeurs morales. Au point que certains disciples l’avaient surnommé «Pa Allemand» ou Khomeiny.
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