Chronique de Tambacounda : Le sénégalais ne mange pas, il mange mal…

« Le ventre du sénégalais est un carrefour alimentaire » disait le Pr Amady Aly Dieng. Suffisant pour affirmer sans complaisance mais avec exactitude que nous mangeons n’importe comment, nous mangeons du tout, nous consommons des aliments provenant des quatre points du globe et dont la composition est souvent inconnue.
Un véritable métissage gastronomique et mélange parfois toxique avec lequel notre appareil digestif s’est marié pour le meilleur et pour le pire. Aux habitudes de consommation ancestrales, nous y avons superposé des manières démesurées de s’alimenter assorties des couleurs tendances de la modernité. Fast-food, Cheese Burger, Best Burger, Hamburger. Sans faire référence à notre façon de faire :
– Diluer le chocolat avec de l’huile plutôt que de l’eau chaude,
– Boire de l’eau fraiche après s’être alimenté d’un repas gras, boissons gazeuses prétendues être à base de fruits alors que ce n’est que le résultat d’une manipulation d’arome chimiques,
– Un sachet de jus de 10 grammes, pour donner un gout sucré à un litre d’eau,
– Attendre jusqu’à ce que l’huile soit excessivement chauffée pour passer à la cuisson ce qui peut développer des substances cancérigènes,
– Consommation effrénée de viande rouge;
– Utilisation insolente de bouillons qui, en réalité, seuls leurs noms changent, mais pas leur dangerosité,
– Thé le matin, thé le midi, thé l’après-midi, thé le soir, tout en mettant du sucre au moment où le thé bouillit.
– Autant de maladresses culinaires auxquelles l’appétit sénégalais s’est agrippé à vie.

Alors ne soyons pas surpris des propos de la diététicienne de l’hôpital régional de Tambacounda, Mme Fatou Touré, « l’alimentation des sénégalais est grasse, sucrée et salée ».
Avec cette culpabilité de son alimentation, la complicité de sa sédentarité, difficile pour l’état de santé du sénégalais d’échapper à la peine de mort d’une hypertension, d’un diabète, d’une goutte, d’une hypercholestérolémie…
Et lorsqu’il est rassasié qu’il pense avoir bien mangé. C’est bien parce qu’il ignore le célèbre adage wolof « regg ragg » pour dire le rassasiement est le frère jumeau de la maladie.
Le sénégalais ne mange pas, il mange mal. Il creuse sa tombe avec ses dents, et sa gourmandise l’enterrera.
Amédine Faye : actuprime.com

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