Kédougou : les habitants du quartier de Trypano réclament le lotissement pour finir avec la pénurie d’eau

C’est des habitants totalement navrés et enquiquinés par le manque d’eau en cette période de Ramadan

qu’on retrouve dans le quartier Trypano de Kédougou. Plus une goutte d’eau dans les puits, seuls les camions citernes de l’entreprise CDE (Consortium Des Entreprises) contribuent au soulagement des populations dudit quartier en eau du fleuve en cette période de canicule.

Au-delà, deux forages pour une population en pleine démographie. C’est face à toute cette situation, que ces habitants ont saisi la presse le lundi 19 avril 2021, pour exprimer leur courroux. À l’occasion, la Présidente d’une association des femmes du quartier, Mme Bâ Taïba Sidibé, n’a pas occulté les difficultés des femmes, qui dit-elle « sont obligées de faire la queue depuis 5 heures du matin jusque tard dans l’après midi pour avoir le liquide précieux ». Selon elle, tout ce manque d’infrastructures sociales de base est causé par le non lotissement du quartier qui date de plus de 15 ans a-t-elle laissé entendre.

Pour rappel, Trypano est victime du découpage administratif. Le quartier se trouve à l’intérieur de la commune de Kédougou mais fait partie de celle de Bandafassi depuis l’ancien découpage administratif. Une situation qui impacte sur la vie de ses habitants et bouleverse mêmes les relations des maires des deux communes. Toutefois, malgré que les habitations soient faites de façon anarchique, le seul souhait des occupants aujourd’hui est de voir leur quartier loti et d’être dans de meilleures conditions au même titre que les autres.

C’est dans ce contexte que Souleymane Diallo, un des porte-paroles a fait savoir que leur priorité n’est pas de faire partie de Kédougou ou de Bandafassi. « Qu’on soit de Kédougou ou de Bandafassi peu importe, ce que nous voulons c’est que notre quartier soit loti et que nous pussions bénéficier des routes, de l’électricité mais aussi du réseau d’eau courante, d’autant plus que les branchements du nouveau château d’eau d’Itato en phase d’exécution traversent notre quartier » a indiqué M. Diallo.

L’Adjoint au délégué du quartier Cissé Bâ a fait comprendre qu’ils ont même une fois rencontré le Préfet pour lui faire savoir de leurs difficultés mais poursuit M. Bâ ce dernier leur aurait fait comprendre qu' »un quartier non loti ne peut bénéficier des investissements ». Dans cette situation, c’est surtout le cas des femmes enceintes qui est plus inquitétant. A en croire la « bajenu gox » dudit quartier Mme Woudé selon qui, « quand une femme enceinte arrive à terme mêmes les ambulances ne peuvent faire une intervention pour l’acheminer au centre de santé par défaut de routes » a-t-elle déploré.

Avec le mois béni du Ramadan, le calvaire des ménagères de ce quartier est plus latant pour ravitailler leurs familles en eau. Des bidons de 20 litres à l’assaut de l’unique forage qui alimente la plus grande partie du quartier sont à perte de vue. Et dans les artères l’on peut constater l’intervention des camions citernes du CDE en eau et le tout parfois dans des scènes de désespoir.

Cette population se dit sidérée de leur état actuel. Voilà pourquoi, elle ne compte pas croiser les bras. Après le point de presse, le collectif va dans les jours à venir adresser une demande de marche pacifique au Préfet afin de remettre au Gouverneur leur mémorandum contenant l’essentiel de leurs préoccupations. Au même moment M. Diallo a informé les journalistes du pourparler entre les deux maires et la population qui serait annoncé par le Préfet afin de trouver une issue favorable pour le lotissement du quartier. Ces habitants attendent impatiemment la réalisation de cet engagement qui va enlever une grosse épine de leurs pieds.
Cheikhou KEITA
ActuPrime – La primeur et la valeur de l’information – Sénégal

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