Royaume Uni : Recrudescence d’actes xénophobes après le Brexit

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Depuis la victoire du Brexit, les incidents xénophobes se sont multipliés au Royaume-Uni. Ils visent notamment les citoyens de l’Europe de l’Est et en particulier la communauté polonaise qui forme le plus gros contingent des trois millions de citoyens de l’Union européenne venus s’installer dans le pays. Londres, pourtant réputée très cosmopolite, ne fait pas exception. Reportage dans le quartier polonais de Hammersmith.

Dans le café attenant au centre culturel polonais de Hammersmith, les visages sont fermés et l’atmosphère morose. Deux jours après le « oui » au Brexit, un tag raciste s’étalait en lettres jaunes sur les portes vitrées de la façade et depuis la communauté polonaise est partagée entre peur et écoeurement. « C’est moche, très très moche… Les Polonais travaillent très dur et tout le monde devrait être traité avec respect », confie une migrante à notre correspondante à Londres, Muriel Delcroix.

L’incident n’est pas isolé. Sur les réseaux sociaux, de nombreux internautes, européens ou issus des pays du Commonwealth ont dit avoir été victimes d’insultes, d’intimidations voire d’agressions xénophobes.

Une tendance que confirme le National Police Chiefs’ Council, l’organisation de chefs de la police britannique, qui estime que le nombre d’incidents racistes déclarés a augmenté de 57% par rapport à la même période quatre semaines plus tôt, entre le jour du référendum et dimanche dernier. Et selon John O’Connell, du mouvement antiraciste Far Right Watch, plus de 90 incidents ont été recensés les trois jours suivant le vote, allant des « insultes aux agressions physiques ».

Un racisme ordinaire qui a refait surface pendant une campagne référendaire véhémente et centrée sur l’immigration et qui désole ce chauffeur dont le bus s’arrête tous les jours devant le centre culturel polonais. « Quelqu’un m’a dit l’autre jour : Dieu merci, c’est le Brexit et on peut tous les mettre dehors. Je n’ai même pas répondu… C’est triste, vraiment triste. »

Lundi, le maire de Londres Sadiq Khan a placé la police londonienne en état d’alerte après les actes xénophobes qui ont eu lieu dans la capitale. Les autorités britanniques ont appelé à condamner la haine et la division et s’efforcent de rassurer des communautés qui, elles, ne cachent pas leur amertume : « Qu’est-ce qu’ils vont faire sans nous, hein ? Sans les Européens de l’Est qui construisent tous leurs bâtiments. Bonne chance à eux… »
rfi.fr

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