NOTES DE LECTURE : « La malédiction de Raabi » de Momar Gueye (Roman)

C’est l’histoire d’une jeune fille qui, tenaillée par les pratiques anciennes de la tradition sérère et les dures conditions de vie, finit par périr en pleine mer à la recherche d’un mieux être en Espagne. Son auteur, le colonel Momar Gueye a voulu à travers ce chef d’œuvre montrer comment la société peut quelques fois être ingrate et incitatrice à des tentatives souvent mortelles.

« La malédiction de Raabi » est un roman écrit par le colonel Momar Gueye. Né à Saint-Louis du Sénégal, cet auteur est Ingénieur des Eaux et forêts, spécialisé en agroforesterie et développement international. Commandeur de l’Ordre du Mérite Sénégalais depuis 1997. Il est auteur d’autres ouvrages tels que « Mon combat contre l’arbitraire », « itinéraire d’un Saint-Louisien » entre autres… Dans ce roman intitulé : « La malédiction de Raabi », il y retrace l’histoire d’une jeune fille, nommée Raabi qui, tout au long de sa vie est chassée par la poisse et la malchance. Née dans une famille polygame, son père serigne Yamar avait demandé à sa mère Nogaye de là donner à sa coépouse tante Dior qui n’avait pas d’enfant avec lui. Et comme en Afrique et plus particulièrement au Sénégal on tient beaucoup aux dernières recommandations des morts, Nogaye fit ce que son mari lui avait demandé avant de mourir en donnant Raabi à tante Dior. Puisque tante Dior n’a jamais pu avoir d’enfant avec son époux, Serigne yamar, cette jolie fille devait aux yeux celle-ci être l’image de son défunt mari. Elle obtint ainsi la garde de Raabi. Au début tante Dior là traitait comme il fallait vraiment avant que la jalousie ne l’envahisse par le biais des paroles farceuses d’Ameth naar, le boutiquier du coin qui voyait en Raabi une beauté qui n’existait pas chez les deux autres nièces de tante Dior. Il se plaisait de leur dire qu’elles étaient vilaines et que Raabi était plus belle. Ces paroles avaient fini par rendre la vie de Raabi difficile dans cette maison où elle n’était plus aimée. A partir de ce jour là, Tante Dior gagnée par la jalousie, commença à traiter Raabi d’une manière inhumaine. Elle l’engueulait, la criait dessus, l’humiliait, la punissait. Même pour manger, il fallait attendre les restes des plats des autres.

Une excision doublée de viol

Il en fut ainsi jusqu’au jour où sa mère vint là chercher pour se rendre avec elle à Niodior, village de ses parents où malheureusement elle devait subir la première dure épreuve de sa vie. A Niodior, elle s’est faite excisée. Tellement que l’épreuve était dure qu’elle en arrivait même à qualifier cette coutume de « pratiques barbares ». Après tout ça, elle devait retourner à Saint-Louis chez tante Dior où en plus des brimades et autres maltraitances, tonton Mody, le frère de tante Dior là viola sans pitié. Traumatisée par cet acte d’un homme sans pitié qui l’a défloré par la force, Raabi se sentit mal et touchée dans son honneur. Elle subit les menaces et intimidations de tante Dior qui ne voulait pas qu’elle en parle à sa mère. Elle raconta à cette dernière qu’elle a été violée dans une maison en construction par des garçons.

Le mariage forcé

C’est ainsi qu’elle retourna une fois de plus à Niodior où l’attendait encore un mariage forcé orchestré par son oncle en connivence avec sa mère. Elle refusa fermement en premier mais finit par céder sous la pression de sa mère. Elle accepta malgré elle de se marier avec Sémou qui est en même temps fils adoptif de son oncle. Le jour où ils devaient aller en lune de miel, sa mère et son oncle planifient tout et s’enragent pour que ça se passe en dehors du village d’autant plus qu’ils savaient tous les trois que Raabi n’était plus vierge depuis qu’elle a été violée. Le jour de leur première nuit de noces arrivée à destination, sa mère et son oncle rebroussèrent chemin pour les laisser seuls. Mais Raabi ne voulait pas se livrer à son mari. Ce dernier aussi sachant que sa femme ne l’aimait pas, n’osait point ouvrir les hostilités. Il se mit alors à écouter la radio avant de s’endormir quelques minutes après. Il ronflait déjà comme une bête. Raabi saisit cette occasion pour fuguer à destination de Dakar avec le jalabi de son mari et ses cent mille francs pour avoir de quoi se débrouiller une fois arrivée dans cette ville où chacun ne roule que pour lui-même.

Arrivée à Dakar

A sa descente de Soumbédioune, elle poursuit ses pas qui là mèneront vers médina. Elle trouva dans ce quartier très peuplé des filles et garçons qui en tas se donnaient le droit de prendre du thé dans la rue. Elle s’approcha d’eux pour être guidée avant que « khimeur » ne là manqua de respect en là traitant de « kaw kaw » parce que tout simplement elle voulait savoir où se trouvait la maison communautaire. C’est ainsi que madame Ndiaye, l’assistante sociale vivant à coté, lui proposa d’aller à la place de l’indépendance où se regroupaient toutes les filles qui cherchaient du travail. Elle y rencontra khoudia qui l’aidera beaucoup jusqu’au jour où elle a été engagée par un homme qui, malheureusement était un pédophile qui regroupait en cachette des enfants talibés chez lui sous prétexte de leur donner de l’aumône. Un jour la police fit une descente dans la maison et embarque son patron qui se retrouvera en prison.

Le Naufrage

Elle ne savait plus quoi faire et retourna chez khoudia dont le patron pilotait des pirogues qui rejoignait clandestinement les îles Canaries. Elle en parla à Raabi en lui rassurant qu’une première était déjà arrivée en Espagne. Réticente au début, Raabi qui ne pouvait plus retourner au village encore moins rester à Dakar prit la résolution de partir en Espagne. Elle devait assurer la cuisine dans la pirogue pour les clandestins. Avant de partir, elle remit à khoudia une enveloppe contenant deux cent mille francs qu’elle devait remettre à parts égales à son mari et à sa mère au cas où elle n’arriverait pas à destination. Saisi par la honte, son mari lui, était déjà parti vivre en Guinée. Un jour après un coup de fil reçu par son patron, khoudia entendit son patron dire : non ! Comment ça ? Ce n’est pas possible… ! Quelques minutes après la radio fit tomber la nouvelle du naufrage des clandestins. Raabi n’en était point épargnée. Une vraie tragédie qui a laissé couler beaucoup de larmes au point d’obliger au colonel, Momar Gueye de mettre un terme à cette triste histoire de Raabi.

Lu et résumé pour vous par Thienadine de la rédaction d’actuprime.

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