Délocalisation de l’aérodrome, de l’ENO et du camp militaire : Ndioum ravit la vedette à Podor

Ndioum et Podor en compétition
Image d'illustration

La ville de Podor, chef lieu du département de Podor, est menacée de perdre son aérodrome, son camp militaire, sans oublier son Espace numérique ouvert (Eno) déjà délocalisé, en faveur de celle de Ndioum. Sur les raisons d’une telle défaveur, certaines populations de la collectivité de Podor évoquent des querelles politiques entre les dirigeants au niveau de Podor commune, en l’occurrence Aïssata Tall Sall, mairesse socialiste de la localité, et ceux qui sont au niveau départemental, sans oublier la différence de bastion électorale.

Rien ne va plus à Podor commune, chef lieu de département. Ou du moins, c’est qu’on fait part certaines populations rencontrées dans ladite collectivité. En effet, à l’occasion du lancement de la phase pilote du projet Sénégal Dem Dikk dans ledit département, par le Directeur général de la société nationale de transport, Me Moussa Diop, hier, mercredi 7 décembre, certains acteurs politiques rencontrés ont dénoncé la délocalisation de nombres d’infrastructures vers la commune de Ndioum.

De l’avis du professeur El Hadj Baba Ndiongue, adjoint du président du conseil communal de la jeunesse de Podor, «tout ce qui doit être réalisé pour la ville de Podor est délocalisé dans la commune de Ndioum». Il explique, en fait, que l’aérodrome, tout comme le camp militaire, vont être déplacés à Ndioum. Pis, se désole-t-il, l’Espace numérique ouvert (Eno) de Podor a été aussi délocalisé vers Ndioum. Dans la diatribe de problèmes dans le chef lieu du département de Podor, M. Diongue a fait cas de l’impossibilité de trouver un site pour abriter le collège dans la localité. Il trouve anormal aussi que le dispensaire ne puisse pas être érigé en hôpital, sans oublier le «kolongal» (zone marécageuse) qui n’a pas été aménagé pour la culture du riz.

Sur les raisons de tels agissements, El Hadj Baba Ndiongue trouve que ce sont des manœuvres politiques pour bloquer la route à Aïssata Tall Sall, considérée comme opposante. Pour lui, «c’est pour tuer la commune de Podor, parce que c’est Aïssata Tall Sall qui est là». Pis, rouspète-t-il, tout cela se fait avec la complicité du chef de l’Etat, Macky Sall, qui ne fait rien pour arrêter cet état de fait. Pis, selon lui, «il n’y a aucune nomination ici à Podor, à part celle de la haute conseillère, Rougi Ly».

Des propos corroborés par le président du conseil communal de la jeunesse de Podor, Samba Tall. En effet, M. Tall souligne que «la jeunesse de Podor a été trahie par ses politiciens. Nous avons des cadres politiciens de Podor qui nous ont oublié une fois qu’ils ont été élus ou nommés».

Pour preuve, M. Tall soutient que même le chef de l’Etat n’a jamais mis les pieds à Podor-Ville depuis son accession à la magistrature suprême. Selon lui, chaque fois que Macky Sall vient dans le département, il reste à Ndioum. Pis, il s’offusque du fait qu’il n’y ait pas de députés à Podor. Cela, «alors qu’il ne faut pas oublier que l’alternance de 2012 a pris naissance à Podor», rappelle-t-il. Selon lui, les premiers dégâts ont eu lieu à Podor en 2009, lorsque Wade a été accueilli par des brassards rouges pour lui dire non. Sur les raisons de ce désintérêt pour la Podor ville, il évoque la question de l’électorat. Selon lui, les autorités leur disent que «pour que Podor continue à garder ses privilèges, il faut qu’on cherche à avoir un électorat au même niveau de Ndioum»

Il reconnait, toutefois, que des initiatives sont en train d’être prises par certains leaders politiques de la commune, non sans exprimer tout son espoir. C’est ainsi qu’il a fait savoir que c’est grâce à Racine Sy, qu’il y a eu une agence de l’Ipres à Podor, et que le tourisme est en train d’y prendre un envol. C’est la même chose, selon lui, pour Me Moussa Diop, Dg de 3D, qui procède à l’inauguration des bus Sénégal Dem Dikk, qui vont faire la navette Dakar-Podor.
sudonline.sn

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