Affaire Khalifa Sall : Mamadou Diop ancien maire de Dakar déclare « Si on se permet de dévoiler les secrets des choses, c’est fini pour la République ».

Mamadou Diop le maire confirme les fonds politiques
Image d'archives

L’ancien maire de Dakar, Mamadou Dop, a été appelé, hier, à témoigner sur le procès de la caisse d’avance de la ville.

M. Diop a confirmé, à la barre, l’existence de ces fonds tout en appelant les uns et les autres de ne pas dévoiler tous les secrets qui font la raison d’Etat.

Il était le plus attendu parmi les témoins à décharge pour parler de l’utilisation de la caisse d’avance. Me Mamadou Diop, ancien maire de Dakar, a été entendu comme témoin hier. Appelé à répondre en premier à la question de Me Khassimou Touré : « Est-ce que vous avez eu à connaître des fonds politiques à la mairie de Dakar ?», « Diop le maire » répond par l’affirmatif. « Il s’agit de fonds politiques, pas autre chose », renchérit-il. D’après l’ancien maire, toutes les actions politiques de son parti à l’époque où il était à la tête de la municipalité de Dakar étaient financées par les fonds politiques de la ville. Ces fonds, ajoute-t-il, servaient aussi à accueillir des hôtes du Sénégal, à appuyer les chefs religieux lors des manifestations comme le « gamou », le « magal », mais aussi à aider des personnalités politiques. L’argent était affecté au cabinet du maire, dira Mamadou Diop. « Les fonds ont toujours existé. Sous mon magistère, j’ai eu à gérer ces fonds pour la ville. Ces fonds politiques sont nécessaires pour n’importe quelle action politique aussi bien au niveau de l’Etat qu’au niveau des collectivités locales », confirme-t-il.

A la barre, Mamadou Diop a rappelé qu’il a enseigné les finances publiques en 1971 à l’Université de Dakar et a cumulé plus de 45 ans de carrière dans ce domaine sans compter les fonctions politiques qu’il a eues à occuper comme député, ministre, secrétaire général de la présidence de la République, sénateur… Pendant son passage à la présidence, a-t-il rappelé, il gérait les fonds politiques du président Léopold Sédar Senghor. « Les fonds politique n’ont pas de traces. Ce que je donnais au président Senghor n’avaient pas de traces. Des fonds politiques, on ne les justifie pas », révèle-t-il. Toutefois, l’ancien maire de Dakar rappelle que ce soit à la présidence de la République ou dans tous les ministères de souveraineté, il existe ces fonds qui sont souvent nichés dans le chapitre « dépenses diverses » et qui, poursuit-il, « sont nécessaires pour la vie de l’Etat ». « J’ai 82 ans et j’ai consacré toute ma vie à l’Etat. J’ai consacré 60 ans à l’Etat. Si on se permet de dévoiler les secrets des choses, c’est fini pour la République », ajoute-t-il.

A la suite de l’ancien maire de Dakar, Mamadou Diop, Ibrahima Diamé, ancien maire de la Patte-d’Oie, a été aussi appelé à témoigner. Mais comme son prédécesseur « Diop le maire », Ibrahima Diamé a aussi confirmé l’existence de fonds politiques à la ville de Dakar. Le conseiller municipal avoue devant la barre qu’il a eu à solliciter ces fonds à deux reprises : la première, c’était pendant les inondations de 2012 et la seconde, c’est quand un habitant de sa commune a perdu son fils en Europe et qu’il fallait rapatrier, en urgence, le corps du défunt. Pour la première, M. Diamé révèle que la ville de Dakar était venue en appui aux sinistrés de sa collectivité locale pour une enveloppe de 500 000 FCfa. A l’ouverture des classes alors que les familles devaient libérer les écoles, la mairie de Dakar est à nouveau revenue au secours avec un montant d’un million de FCfa, témoigne Ibrahima Diamé. Pour le second soutien, il rappelle qu’il a eu lieu en 2011. Une dame qui avait perdu son fils qui avait regagné l’Europe de manière clandestine, avait sollicité Ibrahima Diamé pour le rapatriement du corps du défunt. M. Diamé, à son tour, s’en est ouvert au maire de Dakar, Khalifa Sall. Ce dernier, rapporte toujours Ibrahima Diamé à la barre, a reçu la dame à qui il a remis une enveloppe de deux millions de FCfa. Grâce à ce soutien, le corps de la victime a été rapatrié à Dakar le 21 juillet 2011 pour y être enterré. Le maire des Hlm, Ababacar Sedikh Seck et l’ancienne maire de Fass-Gueule-Tapée-Colobane ont aussi témoigné, hier, en faveur du maire de Dakar, avouant qu’il existe des fonds politiques à la ville.

Aliou Ngamby NDIAYE / lesoleil.sn
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