Kédougou: Mise au point sur la situation de l’emploi dans la région par l’Inspecteur Régional du Travail

Tout est parti de la communication des chiffres sur les emplois salariés dans le secteur minier par l’Inspecteur

Régional du Travail et de la Sécurité Sociale (IRTSS). Mamadou Mbengue s’exprimait lors du CRD du 26 mars 2021, consacré à l’emploi des jeunes et à leur insertion dans les entreprises minières de la région.

Au cours de ce CRD, M. Mbengue a annoncé que »L’effectif total des emplois salariés répertoriés dans le secteur minier est de 4136 dont 2386 provenant de la région de Kédougou ». Des chiffres que le représentant du Président du CRJ de Kédougou présent à la rencontre a jugé erronés. Cela fait suite à la manifestation du 9 avril dernier de l’Association des Élèves et Étudiants Ressortissant de Kédougou (AEERK) au cours de laquelle son Président Karamokho Samoura aurait traité de corrompu l’Inspecteur du Travail dans sa collaboration avec les sociétés minières.

Informé de la situation, le Chef du service régional du travail a saisi l’occasion du face à face avec la presse le mardi 13 avril 2021 pour faire sa réplique. Il a aussi tiré au clair la situation de l’emploi dans la région. À rappeler que lors de la marche des étudiants, ces derniers se sont directement adressés au Chef du service de l’Inspection régionale du Travail, demandant tout simplement son départ de la tête de l’institution à Kédougou.

Selon l’Inspecteur du Travail, plusieurs discussions ont aussi été faites sur les réseaux sociaux voire un article et vidéo sur le site d’information seneweb pointant du doigt sa personne, ainsi que des interrogations sur le rôle de l’Inspection dans le recrutement des jeunes dans les entreprises minières émises à son encontre a-t-il fait savoir.

C’est dans ce contexte qu’il aurait joint le Président de l’AEERK par téléphone puis l’a reçu dans son bureau. Celui-ci lui aurait affirmé que ce sont les rumeurs qui ont été à l’origine de ses propos sans pour autant avoir le minimum d’information auprès du Chef du service régional du travail. C’est dans ce cadre que l’Inspecteur régional du Travail a rappelé à la presse la mission de son institution. Selon lui, « l’emploi ne constitue pas une mission prioritaire ou essentielle de l’inspection du travail mais il n’est pas moins possible d’en faire l’accessoire de ses missions centrales ». Ainsi, il a rappelé le Code du travail et la convention n°81 de l’Organisation Internationale du Travail qui s’articulent autour de trois volets dont la garantie de l’application effective de la législation du travail, des informations et conseils à l’endroit des travailleurs et des employeurs et le signalement des lacunes du droit du travail.

Il en a profité pour faire savoir que « malgré le rang de surpriorité nationale de Kédougou, l’emploi n’y est pas représenté par un service déconcentré ». C’est pourquoi affirme-t-il qu' »en vertu du contrat d’objectif datant de 2005 conclu entre le Direction de l’Emploi et la Direction du Travail et de la Sécurité Sociale, les Inspections régionales du Travail et de la Sécurité Sociale constituent les représentants du Service de la Main-d’oeuvre (SMO) à qui échoit la tâche de collecter et de traiter des données relatives à ce secteur » a-t-il indiqué.

En clair, il a laissé entendre que « dans la pratique, les Inspections du Travail produisent des données statistiques afférentes à la main d’oeuvre. Elles n’ont aucun pouvoir de coordination des services de gestion de l’emploi encore moins d’exiger de la part des entreprises de recruter dans la base de données des demandeurs d’emploi tenu par le service de la main-d’oeuvre, d’autant que le placement est libéralisé ».

Revenant sur le traitement salarial décrié dans certaines sociétés minières de la région, il a fait comprendre que les travailleurs des entreprises minières de Kédougou ont les meilleurs salaires au Sénégal. C’est pourquoi il a qualifié de diffamation les propos du Président de l’AEERK et l’article du correspondant de seneweb à Kédougou. Toutefois, Mamadou Mbengue, Chef du service régional de l’Inspection du Travail qui hésitait à porter plainte contre ces derniers a tout simplement joué la carte du dialogue et du pardon pour continuer à accomplir sa mission que son ministère lui a confié depuis 2014. C’est à dire, « suivre la situation des travailleurs et leur sécurité sociale ».

Mais le spécialiste n’a tout de même pas occulté que des problèmes demeurent toujours dans le secteur entre certains travailleurs et leurs employeurs. Cependant, il décide de s’abstenir rappelant le droit de réserve car dit-il, « il n’est pas de nos prérogatives en tant que commis de l’Etat de dévoiler les secrets des travailleurs et des employeurs mais aussi de parler de dossiers qui sont devant la justice ».
Cheikhou KEITA
ActuPrime – La primeur et la valeur de l’information – Sénégal

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