Etats-Unis: Donald Trump invente un attentat en Suède

L’ambassade de Suède aux Etats-Unis demande des explications au département d’Etat sur les déclarations du président Trump. Ce dernier a laissé entendre dans un meeting, samedi 18 février, que la Suède avait été victime d’un attentat la veille. Une information inexacte qui provoque un certain émoi. Sur Twitter, Donald Trump renvoie vers un reportage vu à la télévision.

De l’amusement à la colère, la Suède aimerait comprendre ce que le président Trump a voulu dire samedi dans un meeting en Floride. « Regardez ce qui se passe en Allemagne ! Regardez ce qui s’est passé hier soir en Suède ! La Suède ! Qui aurait pu croire ça, la Suède ! Ils prennent des tas de gens et ils ont des problèmes qu’ils n’auraient jamais imaginés », a clamé Donald Trump.

Donald Trump enchaîne avec la France et les attentats de Nice et Paris. Le président des Etats-Unis laisse clairement entendre qu’un acte terroriste a eu lieu en Suède la veille.

Voilà quelques jours, la conseillère spéciale de Donald Trump avait, de la même manière, inventé un attentat sur le sol américain. Une fausse information pour tenter de prouver que la presse ne fait pas son travail. Conséquence, Kellyanne Conway est désormais persona non grata, considérée comme interlocuteur non fiable par certains réseaux de télévision.

Mais dans ce cas précis, c’est le président des Etats-Unis qui s’exprime. Jusque-là, lorsque Donald Trump a été pris en flagrant délit de « diffusion de fausse nouvelle », il a botté en touche, affirmant, « avoir entendu ça quelque part ». Et c’est ce qu’il fait avec cet incident. Le président se justifie sur Twitter : « J’ai vu un reportage sur la criminalité en Suède… sur FoxNews » (la chaîne conservatrice du paysage audiovisuel américain).

Mais le moment de stupéfaction passé, Stockholm demande donc officiellement des explications au département d’Etat, qui va devoir trouver un moyen d’expliquer le discours de Donald Trump. Car il n’est pas certain que les réseaux sociaux suffisent.

■ Trump et les médias : la guerre est déclarée

En ce week-end end férié aux Etats-Unis, le sujet qui anime les médias, ce sont les attaques de Donald Trump contre la presse. Les médias unis et de nombreux élus démocrates et républicains défendent ce qui est considéré comme le « 4e pouvoir ». La liberté d’expression et des médias est garantie par le premier amendement de la Constitution.

Juste avant sa démission, Richard Nixon s’exprime en 1972 : « La presse est l’ennemi, l’establishment est l’ennemi ». Tous les médias ressortent cet enregistrement pirate et le comparent avec les récents propos du président Trump, qui emploie les mêmes termes.

C’est l’occasion d’une réflexion sur les principes de la liberté d’expression. L’utilisation des fuites et leur vérification. Lorsque Donald Trump estime que ces fuites son illégales, il a raison si le sujet touche un dossier secret défense, il a tort si ces informations aident à révéler au grand jour des comportements ou des décisions qui mettent en danger les Etats-Unis.

Les lanceurs d’alerte sont protégés par la loi, mais ils risquent malgré tout de perdre leur emploi avant que la vérité n’éclate au grand jour. Et l’exactitude est une règle cardinale de la profession. Une chaine de télévision a publiquement annoncé que la conseillère spéciale de Donald Trump, Kellyanne Conway, ne serait plus invitée sur leur antenne, car ses déclarations sont considérées comme non fiables.
A-M.C / rfi.fr

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