Edito: Karim Wade acceptera-t-il une libération à pièges?

D’après les derniers rebondissements dans ce qu’il convient d’appeler « affaire Karim Wade », le fils de l’ex président du Sénégal sera bientôt élargi de prison. Cloué à Rebeuss pour six ans de prison ferme dans le cadre de la traque des biens mal acquis, Karim Wade pourrait bien ne pas purger toute sa peine.

En visite en France au début de ce mois, le président de la République du Sénégal qui avait accordé une interview à nos confrères de la Rfi demandait à Karim et ses ouailles de ne pas désespérer assurant que le fondateur de la génération du concret pourrait bien être libéré avant la fin de l’année.

Depuis, il n y a pas une sortie officielle que le président Sall a fait sans que l’affaire Karim ne s’invite dans son speech. Mieux, le président semble appuyer sur l’accélérateur pour en finir pour de bon avec l’affaire du prisonnier le plus célèbre de l’histoire politique du Sénégal.

Entre libération conditionnelle, amnistie et grâce présidentielle qui sont les principales voies pour se débarrasser de cette patate chaude, le patron de l’Apr choisit la dernière issue.

Selon certaines indiscrétions, «le chef de l’Etat a signé le décret portant grâce présidentielle». Comme l’a indiqué le président de la République lors de ses visites, à l’improviste, aux familles religieuses de Touba et Tivaouane.

La grâce du président contre l’amnistie de Karim

Seulement, cette volonté de Macky SALL, bénie par certains khalifes généraux, n’enchante guère le principal intéressé. Selon certains responsables du Pds, Karim WADE, n’entend guère sortir de prison aidé en cela par le président de la République. S’y ajoute que la grâce le tiendrait à l’état de coupable et l’empêcherait de présenter à la présidentielle de 2019.

C’est pourquoi à en croire à ces derniers, Karim n’est ni partant pour une grâce présidentielle, ni pour une libération conditionnelle. Ce que Wade-fils veut s’appelle amnistie. Une loi qui le laverait à grande eau, le purifiant de tous les « péchés» que la Cour de répression de l’enrichissement illicite (CREI) lui a imputés.

Or, pour le Palais de la République, il est ordre question que le fils de Wade s’attende à une amnistie. D’autant qu’à son arrivée au pouvoir en 2012,  le président Sall avait crié urbi et orbi que la question de la reddition des comptes était une demande sociale des sénégalais.

C’est d’ailleurs la raison pour laquelle, contre vents et marrées, la Cour de répression de l’enrichissement illicite (crei), a été réactivée pour traquer les délinquants financiers.

C’est pourquoi, analysent certains observateurs, avec une loi d’amnistie, la traque aux biens mal acquis serait multipliée par zéro et tous ceux qui ont été condamnés par la CREI se verraient aussi libres que l’air et aussi blanc que neige. Le Sénégal serait alors mobilisé pendant près de trois ans dans une reddition des comptes qui n’aura en fin de compte donné absolument rien du tout.

Thienadine

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