Des milliers de personnes manifestent en France contre la vaccination et le pass sanitaire

Plusieurs milliers de personnes, dans au moins trois rassemblements, manifestaient samedi après-midi 17 juillet à Paris

contre la vaccination, la « dictature » ou le « pass sanitaire ». Des manifestations ont eu lieu également dans plusieurs autres villes françaises.

Près de 114 000 personnes ont manifesté dans toute la France contre les nouvelles mesures sanitaires. Le ministère de l’Intérieur a recensé 136 rassemblements ayant mobilisé près de 96 000 personnes dans l’ensemble du pays. À Paris, près de 18 000 personnes ont manifesté, a ajouté le ministère.

Le premier cortège à Paris, composé de quelques milliers de personnes, s’est élancé du Palais-Royal, devant le Conseil d’État et le Conseil constitutionnel, dans le 1er arrondissement de la capitale, avant de traverser la Seine aux cris de « Liberté », « Non à la dictature sanitaire » ou « Macron démission ».

En tête du cortège, où fleurissaient les drapeaux français, figuraient l’ex-numéro 2 du Front national Florian Philippot, la députée ex-LaREM covidosceptique Martine Wonner, le chanteur Francis Lalanne ou encore l’ex-égérie « gilets jaunes » Jacline Mouraud.

« Je suis née au Portugal sous la dictature de Salazar, je ne veux pas qu’on revive ça », dit Fernanda, 53 ans, soutien de Florian Philippot. « C’est le début de quelque chose d’extrêmement fort dans la résistance », a lancé ce dernier, désormais candidat à l’élection présidentielle de 2022, et qui s’efforce d’incarner la structuration des anti-pass sanitaire. Quelques tracts détournant l’étoile jaune avec la mention « pass sanitaire » étaient visibles.

Avant la manifestation, Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France, a tenu une conférence de presse devant le Conseil constitutionnel. Il a dénoncé un « abus de pouvoir sans précédent » et un « coup d’État sanitaire », après les annonces d’Emmanuel Macron. Avec le « pass sanitaire » dans la vie quotidienne, c’est selon lui le « début d’un engrenage vers une dictature ».

Des manifestations dans plusieurs villes

Dans le même temps, environ 1 500 personnes manifestaient dans les rues du sud de la capitale, au sein d’un cortège disparate, à l’appel des « gilets jaunes », précédé d’un cordon policier. Parti vers 14h30 du XIVe arrondissement, le cortège s’est dirigé vers le quartier de Jussieu (Ve arr.), accompagné de banderoles comme « wanted République Française démocratie, disparue le 12 juillet 2021 », « non au pass sanitaire, stop à la dictature », et de slogans « Liberté », « Macron dictateur ».

« On est là pour les revendications des gilets jaunes et les restrictions des libertés. C’est pas une loi liberticide de plus qui nous fait sortir dans la rue. On a toujours été dans la rue », a déclaré le « gilet jaune » Jérôme Rodrigues. « Nous ne sommes pas du tout des anti-vaccins. On veut juste que chacun ait la liberté de se faire vacciner ou pas. Les tests PCR peuvent suffire et alors il faut les laisser gratuits », ont lancé Aurélie et Tiphaine, la trentaine, toutes les deux employées dans un centre commercial en région parisienne. Enfin, quelques dizaines de personnes participaient à un autre rassemblement, non autorisé, place de la République.

Des manifestations ont lieu dans de nombreuses autres villes de France. Quelque 400 personnes ont défilé dans la matinée à Quimper, 1 200 à Perpignan, 1 700 à Clermont-Ferrand, 2 300 à Valence (Drôme). À Dijon, la police a fait usage de gaz lacrymogènes et la circulation des tramways a été brièvement interrompue par des manifestants scandant « Liberté ! Liberté ! ». Des défilés ont également lieu dans d’autres villes, comme à Montpellier ou Lyon.

Une fracture politique
Si l’écrasante majorité des représentants politiques approuvent les mesures présidentielles, une minorité soutient les contestataires, avec toutefois des positionnements différents.
Il y a les convaincus, ceux pour qui vaccin, masque et plus largement toute mesure sanitaire collective sont autant de symboles d’une dictature. Parmi eux, l’ancien numéro 2 du Rassemblement national Florian Philippot, bien décidé à relancer par ce biais sa carrière politique, mais aussi la députée Martine Wonner, ex-La République en marche, devenue l’une des plus féroces critiques de la politique Covid d’Emmanuel Macron.
Et puis il y a les pourfendeurs du seul passe sanitaire, considéré comme une rupture d’égalité entre citoyens et une nouvelle illustration du pouvoir solitaire exercé par le chef de l’État : c’est le cas du Rassemblement national et des Insoumis. Mais les deux formations ont fait des choix différents ce samedi. Le RN a prudemment évité de s’afficher dans les manifestations alors que certaines figures Insoumises s’y sont rendues. Mais avec une limite fixée par Jean-Luc Mélenchon : éviter tout slogan excessif, notamment ceux très répandus, établissant un parallèle entre vaccination et Shoah. Une prise de position claire mais avec le risque d’être assimilés aux excès affichés dans les défilés.
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