Le débat entre Donald Trump et Joe Biden : les spécialistes émettent un jugement sévère sur la qualité des échanges

Au lendemain du premier débat télévisé entre Donald Trump et Joe Biden, les spécialistes de la politique américaine

portent un jugement sévère sur la qualité des échanges. Un exercice qui ne parviendra pas, selon eux, à convaincre les électeurs indécis.

Beaucoup d’invectives et de trop rares idées politiques. Le premier débat télévisé entre les deux candidats à l’élection présidentielle américaine, mardi 29 septembre, ne restera pas dans les annales pour de bonnes raisons.

« On a aujourd’hui un sentiment de déception », regrette Romain Huret, historien des États-Unis à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS), sur France 24. « On s’est beaucoup insulté et on a très peu parlé du fond. »

« Il n’y a rien d’intelligent en vous », « menteur », « clown »… Les noms d’oiseau ont en effet fusé entre Donald Trump et Joe Biden, qui ont tous les deux donné un offert un mauvais spectacle aux électeurs américains.

« Les deux candidats n’ont pas cessé de s’interrompre avec des prises de parole qui ressemblaient davantage à des tweets qu’à des raisonnements politiques, juge Romain Huret. Le plus souvent, on a eu droit à des petites phrases, des petites attaques. C’est extrêmement inquiétant pour la démocratie américaine, qui fait face à de gigantesques difficultés. Assister à un tel débat, pour les plus jeunes, c’est extrêmement grave et extrêmement triste. »

« Le débat a tout de même apporté des éléments sur le fond », veut croire Jean-Éric Branaa, chercheur spécialiste des États-Unis à l’université Paris-2 Panthéon-Assas, sur France 24. « Chacun a eu son moment. Joe Biden a été excellent sur toute la partie climatique en monopolisant la parole. Il a fait un K.O. technique vis-à-vis de Donald Trump. De son côté, Donald Trump a été plutôt bon sur l’économie. Il ne peut pas être blâmé pour la crise économique puisqu’elle résulte d’une pandémie et il a su rebondir là-dessus. »

Donald Trump fait une croix sur l’électorat centriste

Constamment dépeint par son adversaire comme un politique manquant de dynamisme pour gouverner les États-Unis, Joe Biden a également réussi à se montrer « à la fois plus alerte et plus présidentiable », estime Romain Huret. « Il a surpris les supporters de Donald Trump, qui avaient fini par croire à la description que faisait de lui le président américain », ajoute Jean-Éric Branaa.

Pour autant, ni l’un ni l’autre n’a pu marquer des points décisifs en vue du scrutin du 3 novembre. « Les deux candidats ont joué leur partition. Ça n’aura pas beaucoup de conséquences sur le choix de l’électorat. Chaque camp a retrouvé le candidat qu’il souhaitait avoir », affirme Romain Huret.

« Le débat n’aura aucun effet sur les votes et les premiers sondages nous le montrent, abonde Jean-Éric Branaa. La satisfaction est partisane : les supporteurs de Donald Trump pensent que leur champion a été formidable, idem pour ceux de Joe Biden. »

D’autant qu’en refusant de condamner clairement les suprémacistes blancs, Donald Trump a fait le choix d’abandonner pour de bon l’électorat centriste.

« En agissant ainsi, Donald Trump envoie un message très fort à l’électorat blanc, ouvrier, qui va faire l’élection dans les États clés, analyse Romain Huret. C’est une stratégie politique : le candidat républicain espère que les enjeux culturels feront la différence auprès de cet électorat qui l’avait porté à la Maison Blanche il y a quatre ans. »
france24.com
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