Commune de Chérif Lô (Thiès) : Des ouvrages de retenue d’eau font renaître l’espoir à Thiawoune

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L’aménagement de cordons pierreux et de mini-ouvrages de retenue des eaux de ruissellement a fait renaître l’espoir chez les populations de Thiawoune, dans la commune de Chérif Lô (région de Thiès).

Les activités agricoles et maraîchères ont repris de plus belle au village de Thiawoune, commune de Chérif Lô (région de Thiès), grâce la remontée de la nappe phréatique. Celle-ci a été favorisée par la technique d’édification des cordons pierreux et de mini-ouvrages de retenue des eaux. Cela a été possible dans le cadre d’un projet de restauration des surfaces dégradées mis en œuvre par le Groupe d’initiatives pour le progrès social (Gips/War) déroulé dans les deux départements de Tivaouane et de Thiès. « Le projet a bénéficié d’un financement de 30 millions de FCfa du Fonds mondial pour l’environnement (Fem) et de l’appui technique de l’Adt/Get », indique Mme Julie Cissé, coordonnatrice du Groupe d’initiatives pour le progrès social (Gips/War).

Pour Abdoulaye Guèye, expert de l’Adt/Get, les ouvrages sont composés « de blocs de pierres disposées en plusieurs rangées le long des courbes de niveaux ou autour d’un champ. Elles « permettent de récupérer les terres dégradées, de lutter contre l’érosion hydrique et d’améliorer l’infiltration des eaux de ruissellement », a-t-il expliqué. Selon lui, c’est une manière d’augmenter l’infiltration des eaux de pluie, de réduire l’érosion hydrique, de conserver et d’améliorer la fertilité des sols.

L’impact positif de ces ouvrages est salué par le chef de village de Thiawoune, l’imam Abdou Tine qui se souvient du manque d’eau que la zone a vécu ces dernières années malgré les pluies abondantes des hivernages écoulés. Ici, les eaux de ruissellement ne stagnaient plus à cause de la position du village situé à une dizaine de kilomètres de Tivaouane et à l’Est du plateau de Thiès dont il est le prolongement à partir de Diass qui déverse toutes ses eaux de pluie dans la ville de Thiès et ses environs.

Abdoulaye Guèye a indiqué que le plateau de Thiès, compte tenu de sa zone d’influence directe, apparaît stratégique à bien des égards sur l’économie de la région. « C’est un ensemble qui est soumis depuis ces dernières années à une dégradation intense et rapide de son environnement qui nécessite une mobilisation et une mutualisation des forces vives agissantes pour sa préservation à travers un vaste programme de valorisation et de restauration », a-t-il souligné, précisant qu’avec « cette technique des cordons pierreux et de mini-ouvrages de retenue des eaux, le relèvement de la nappe phréatique à des profondeurs qui varient entre 20 et 30 m suivant les sondages effectués a été constaté ». Il a également indiqué que « ceci était devenu très rare dans certaines zones de Notto Diobass, Diass, Thicky, Montrolland et Thiawoune dont les sols ont les mêmes caractéristiques et où des actions ont été entreprises pour retenir les eaux de pluie ».

Mohamadou SAGNE

L’implication des femmes dans la valorisation des terres
Il est bien possible de récupérer les eaux de ruissellement pendant l’hivernage et de pouvoir valoriser les terres. Dans ce cadre, la coordonnatrice du Gips/War, Mme Julie Cissé, a relevé « la large implication des femmes du groupement de 75 membres de la localité qui se sont mobilisées autour de la réalisation de cordons pierreux et d’ouvrages de retenue des eaux ». Selon lui, cela « a permis aujourd’hui de retrouver le sourire avec la reprise de leurs activités agricoles et maraîchères ».

Mme Monique Wade, responsable du Fonds d’appui à l’environnement, a informé qu’à côté des travaux d’aménagement d’ouvrages qui ont permis aux femmes de récupérer des terres agricoles et maraîchères, un montant de 2 millions de FCfa leur a été alloué à travers des crédits révolvings. L’argent a permis d’exploiter le site et de mener d’autres activités génératrices de revenus. Une partie du fonds a servi à réparer la plaque solaire du puits hydraulique du village qui était en panne. Avec ce projet, les femmes de Thiawoune ne sentent plus le besoin de quitter leurs terroirs. Elles ont tout ce qu’il faut dans le village. Tout comme dans le département de Thiès où le projet a permis aux femmes d’être formées dans les techniques de pépiniéristes et de production de plantes en collaboration avec le service des Eaux et Forêts de Pout. « Nous procédons à des formations sur le site, c’est-à-dire dans le village et aujourd’hui on peut les estimer à plus de 60 femmes ayant bénéficié de ces sessions. Car elles sont en mesure de produire, chaque année, sur notre site central à Pout, plus de 7000 plants d’espèces agro-forestières et fruitières ainsi que d’autres espèces de fixation comme l’acacia et le gommier », fait savoir Mme Cissé. Mieux, parmi ces femmes, les plus ambitieuses créent leurs propres pépinières pour des productions qui varient entre 60 et 100 plants d’espèces diverses.

M. SAGNE / lesoleil.sn

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