Le Premier ministre espagnol a appliqué l’article 155 de la constitution, qui place la Catalogne sous tutelle de Madrid

Catalogne sous tutelle de Madrid

Dans une allocution à la presse à l’issue d’un Conseil des ministres extraordinaire

, le chef du gouvernement espagnol s’est dit contraint d’appliquer l’article 155 de la Constitution, qui place de facto la région catalane sous tutelle de Madrid. Mariano Rajoy a expliqué qu’il souhaitait des élections pour la région dans les six mois « dès que nous aurons recouvré la légalité institutionnelle ». Enfin, le gouvernement va demander au Sénat d’approuver la destitution du président de la Catalogne, Carles Puigdemont, qui a prévu de s’exprimer à 19h TU ce soir.

Dans une déclaration détaillée à l’issue du Conseil des ministres, Mariano Rajoy a fait plusieurs annonces d’importance.

Premièrement, les autorités de Madrid appliquent le fameux article 155 de la Constitution de 1978, jamais utilisé dans l’histoire du pays, qui place provisoirement la région sous tutelle du gouvernement national. L’attitude des séparatistes catalans a « forcé » Rajoy à recourir, « contre notre désir et notre intention », à cet article.

Deuxièmement, « nous allons demander au Sénat que l’on autorise le gouvernement à procéder à la destitution du président de la Generalitat » de Catalogne, Carles Puigdemont, de son vice-président Oriol Junqueras et de ses proches adjoints.

Mariano Rajoy souhaite ensuite la mise en place d’élections régionales dans un « délai maximum six mois », une fois que la « légalité institutionnelle » sera rétablie.

Vote au Sénat

En attendant, les prérogatives du Parlement de Catalogne seront encadrées et les pouvoirs de l’administration catalanes transférés au gouvernement central, « aussi longtemps que durera cette situation exceptionnelle ». La Generalitat continuera de fonctionner, a précisé le chef du gouvernement. « On ne suspend pas l’autonomie », a-t-il déclaré, « on destitue les personnes qui ont placé [la région de Catalogne] en dehors de la légalité (…) On ne liquide pas l’auto-gouvernemement, on reprend les rênes de la situation. »

Un vote est prévu vendredi prochain 27 octobre au Sénat où le Parti populaire (conservateur) de Mariano Rajoy est majoritaire. Le toujours président catalan Carles Puigdemont pourra également défendre sa position. Il s’exprimera à 21h ce soir.

Mariano Rajoy a conclu son intervention par un appel à l’« apaisement ».

Carles Puigdemont menace de faire proclamer unilatéralement l’indépendance de la Catalogne, une région grande comme la Belgique qui représente 19% du PIB national. Il se fonde sur un référendum d’autodétermination qu’il a organisé le 1er octobre, en dépit de son interdiction, et où selon lui 43% des Catalans ont voté, à 90% pour l’indépendance.
rfi.fr

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