Athlétisme : le procès de Lamine Diack fixé au 8 juin

Le début du procès de l’ancien patron de la fédération internationale d’athlétisme (World Athletics, ex-IAAF)

Lamine Diack, de son fils Papa Massata et de quatre autres acteurs dans une affaire de corruption sur fond de dopage en Russie, a été décalé du 3 au 8 juin devant la 32e chambre correctionnelle du tribunal de Paris.

Lamine Diack, 86 ans, ancien patron de la fédération internationale d’athlétisme (World Athletics, ex-IAAF), quatre mandats au compteur de 1999 à 2015, doit répondre de corruption active et passive, abus de confiance et blanchiment en bande organisée. Parmi les autres prévenus figure son fils et ancien « conseiller spécial » pour le marketing à l’IAAF, Papa Massata Diack, aussi appelé PMD, réfugié à Dakar depuis l’arrestation de son père, en novembre 2015, et qui a toujours échappé à la justice française, malgré la délivrance d’un mandat d’arrêt international.

Lamine Diack toujours assigné à résidence en France

Le début du procès de Lamine Diack, de son fils et de quatre autres acteurs a été décalé du 3 au 8 juin. Le procès devant la 32e chambre correctionnelle du tribunal de Paris se déroulera sur six jours, les 8, 10, 11, 15, 17 et 18 juin.

Lors du procès, Lamine Diack doit aussi être jugé pour avoir permis à son fils de s’approprier d’importantes sommes dans les négociations avec les sponsors, soit en imposant ses sociétés comme intermédiaires, soit en s’attribuant de juteuses commissions. Ancien champion de France de saut en longueur, Lamine Diack est assigné à résidence dans l’Essonne, en région parisienne, depuis sa mise en examen en novembre 2015.

Sont aussi convoqués un autre ancien conseiller de Lamine Diack, l’avocat Habib Cissé, l’ancien responsable du service antidopage de l’IAAF, Gabriel Dollé, l’ancien président de la Fédération russe d’athlétisme, Valentin Balakhnichev, et l’ancien entraîneur national des courses de fond en Russie, Alexeï Melnikov. Tous sont soupçonnés d’avoir participé à un système de corruption à partir de 2011 permettant à des athlètes russes dopés d’échapper, au moins pour un temps, à toute sanction disciplinaire en échange de pots-de-vin.

Procès ajourné en janvier dernier

Le procès s’était ouvert le 13 janvier dernier, mais il avait immédiatement été renvoyé pour des problèmes de procédure. D’une part, des pièces réclamées par la justice française au Sénégal étaient arrivées au dernier moment sur le bureau des juges. D’autre part, Papa Massata Diack, absent à l’audience mais représenté par ses avocats, avait été renvoyé au tribunal pour un délit, le recel d’abus de confiance, qui ne figurait pas dans son mandat d’arrêt international.

Une nouvelle ordonnance de renvoi au tribunal a donc été signée le 22 mai par la juge d’instruction Bénédicte de Perthuis, qui a succédé sur ce dossier à Renaud van Ruymbeke, parti à la retraite. Dans cette ordonnance, les magistrats en charge de l’instruction estiment que « Papa Massata Diack n’a pu s’enrichir dans des proportions considérables au préjudice de l’IAAF qu’avec l’appui constant et éclairé de son père qui ne peut en laisser la seule responsabilité à son fils, consultant introduit et mandaté par lui ».

Lamine Diack avait besoin d’argent, avait-il expliqué au juge Van Ruymbeke. Il s’agissait de faire battre le président du Sénégal Abdoulaye Wade, lors de l’élection présidentielle et les législatives de 2012. Il avait besoin de fonds pour financer la campagne de l’opposant sénégalais Macky Sall, l’actuel chef d’État.

Une affaire qui remonte à 2014

Le départ de l’affaire remonte à 2014, lorsque l’agent d’une marathonienne russe, Lilya Shobukhova, révèle à un salarié de l’IAAF que sa cliente a dû verser 450 000 euros à la Fédération russe d’athlétisme pour ne pas figurer sur une liste de sportifs soupçonnés de dopage.

Le parquet national financier (PNF) est saisi en août 2015. Il décide d’ouvrir une information judiciaire en octobre 2015. Les trois magistrats instructeurs, parmi lesquels l’ancien juge anti-terroriste Renaud Van Ruymbeke, réalisent que l’affaire peut en fait être divisée en deux volets. Tout d’abord, des fonds auraient été détournés de l’IAAF par Lamine Diack au profit de Papa Massata Diack. D’autre part, des procédures disciplinaires contre 23 athlètes russes soupçonnés de dopage auraient été retardées afin de permettre à ces derniers de participer à des compétitions en échange de pots-de-vin. Lamine et Papa Massata Diack encourent dix ans de prison.

Après ce procès, Lamine Diack, ancien politique sénégalais, secrétaire d’État à la Jeunesse et aux Sports en 1969, maire de Dakar en 1978, vice-président de l’Assemblée nationale en 1993, n’en aura pas terminé avec la justice française. Il est également mis en examen dans une autre affaire de corruption, toujours en cours d’instruction, liée à l’attribution des Jeux olympiques de Rio et de Tokyo, et des Mondiaux d’athlétisme de 2013 à 2021.
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