Pouvoir et opposition indexés dans les violences et tensions politiques pré-électorales

Le pouvoir et l'opposition dos-à-dos dans les violences et tensions politiques

La tension politique s’invite à nouveau dans le débat politique relatif à l’élection présidentielle

du 24 février prochain. Comme lors des élections présidentielles de 1988, 1993, 2000, 2007 et 2012, le Sénégal est à nouveau sous la menace d’une présidentielle teintée de violences politiques, surtout après le saccage du siège du parti politique Pastef «Les Patriotes» du candidat Ousmane Sonko, un acte encouragé par la violence verbale entre responsables du pouvoir et opposition.

A un mois de l’élection présidentielle du 24 février prochain, la tension monte d’un cran entre les partisans du candidat président sortant, Macky Sall, et ceux de ses adversaires de l’opposition. Comme lors des élections présidentielles précédentes, notamment celles de 1988, 1993, 2000, 2007 et 2012, pouvoir et opposition sont sur le pied de guerre. Alors qu’on est à dix jours de l’ouverture officielle de la campagne électorale, la tension politique avec son cortège de violences semble déjà installée dans le pays. La preuve, le saccage de la Permanence nationale du parti politique, Pastef «Les Patriotes», du candidat Ousmane Sonko par des individus armés non identifiés dans la nuit du mercredi 23 au jeudi 24 janvier. En effet, selon Abass Fall, coordonnateur de Pastef pour le département de Dakar, c’est aux environs de 2h du matin que des nervis encagoulés, munis d’armes blanches, se sont introduits dans les locaux du siège de Pastef pour y mener des actes de destruction (Télévisions, ordinateurs) avant d’emporter avec eux des téléphones portables.

Cependant, si étrange que cela puisse paraître, cet acte de vandalisme est loin d’être un fait isolé en cette période pré-électorale. Au contraire, il est une illustration du climat de tension politique qui prévaut actuellement dans le pays. Une tension alimentée par les multiples désaccords notés dans le processus électoral dont le point de chute est l’invalidation par le Conseil constitutionnel de la candidature de 20 personnalités à l’étape du contrôle du parrainage et de deux autres dans sa liste provisoire des candidats autorisés à prendre part au scrutin du 26 février prochain. En effet, après avoir crié partout son désaccord sur la façon dont le pouvoir en place conduit le processus électoral, l’opposition a annoncé sa détermination à aller à la confrontation avec le régime en place au lendemain de la publication de la liste définitive des candidats à la présidentielle retenus par le Conseil constitutionnel.

En conférence de presse le lundi 21 janvier au siège de Bokk Gis Gis, le C25 dont font également partie les 4 candidats de l’opposition retenus par le Conseil constitutionnel que sont entre autres, Idrissa Seck du parti Rewmi, Ousmane Sonko de la formation Pastef, El Hadji Issa Sall, candidat du PUR, et Me Madické Niang de la coalition «Madické 2019», accusant le Conseil constitutionnel d’être à la solde du pouvoir, avait promis d’empêcher le candidat Macky Sall de battre campagne.

Mieux, appelant le peuple sénégalais à considérer Macky Sall comme un candidat éliminé de l’élection présidentielle du 24 février 2019, les leaders de C25 avaient également promis une réponse favorable à l’appel du pouvoir en place à la «confrontation à Dakar, mais aussi dans tout le Sénégal». Ceci, grâce notamment à des comités de résistance qu’ils comptent installer dans les quartiers «partout au Sénégal pour faire face à Macky Sall».

Face à cette menace de l’opposition, la réaction ne s’est pas fait attendre du côté du pouvoir. Interrogé par nos confrères du quotidien « Source A », l’actuel ministre du Tourisme, Mame Mbaye Niang, révélait que la coalition majoritaire a déjà pris les dispositions pour parer à toute éventualité de blocage par l’opposition de la campagne électorale de Macky Sall. «Je ne parle pas des forces de défense et de sécurité, qui n’agissent pas sous la dictée de Bennoo Bokk Yaakaar. Je fais allusion plutôt aux bras valides que la mouvance présidentielle a recrutés, comme l’a fait l’opposition. On ne s’en cache pas», a-t-il prévenu. «Moi, personnellement, j’ai fini de recruter des éléments qui n’attaqueront personne en premier, mais qui sont enclins à appliquer la loi du Talion à tous les esprits bornés qui songeront à vouloir empêcher notre candidat Macky Sall de tourner en rond », a insisté encore l’ancien ministre de la Jeunesse.

Apportant la réplique à cette sortie du ministre Mame Mbaye Niang, les jeunes de l’opposition qui ont d’ailleurs prévu une marche aujourd’hui, cette après-midi, dans le cadre de ce bras de fer avec le régime ont indiqué, lors d’un point de presse tenue le 23 janvier dernier, qu’ils ne reconnaitront pas Macky Sall comme président de la République s’il est proclamé gagnant du scrutin du 24 février prochain par le Conseil Constitutionnel. Pis encore, Toussaint Manga et compagnie ont également affirmé en réponse au ministre du Tourisme, lors de cette rencontre avec les journalistes, qu’ils étaient prêts à en découdre avec leurs camarades, jeunes de l’Apr à la «solde d’une milice politique».

Réagissant également à cette sortie de Mame Mbaye Niang, Omar Faye de Leral Askan Wi a de son côté révélé disposer de 500 « Baye Fall » prêts à anéantir en une fraction les « marrons de feu » du ministre du Tourisme. Et c’est dans ce contexte d’escalade de violence verbale, teinté de menaces de part et d’autre des deux camps que le peuple sénégalais est appelé à départager, au soir du 24 février prochain, que le siège du parti politique du candidat Ousmane Sonko a été saccagé par des nervis.

Nando Cabral GOMIS / sudonline.sn
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