Ukraine : de nouvelles sanctions des occidentaux contre la Russie pour avoir déclenché la guerre

La Russie a déclenché ce jeudi 24 février une attaque massive contre l’Ukraine,

à laquelle les Occidentaux ont répliqué par de nouvelles sanctions.

Pour la première fois depuis le début de l’invasion russe en Ukraine, le président américain Joe Biden a pris la parole ce jeudi soir. Vladimir Poutine va devenir « un paria sur la scène internationale », a-t-il estimé lors d’une conférence de presse depuis la Maison Blanche. Si les États-Unis n’envoient pas de soldats en Ukraine, ils continuent de frapper au portefeuille.

Les autorités américaines ont ciblé les deux plus grandes banques du pays, Sberbank and VTB Bank. Le géant de l’énergie Gazprom et d’autres grandes entreprises du pays – 13 au total – ne pourront plus pour leur part lever d’argent sur les marchés financiers occidentaux. Une sanction qui avait déjà été prise contre le gouvernement russe lui-même.

Washington a également rallongé la liste des oligarques russes pénalisés et restreint les exportations vers la Russie de produits technologiques destinés aux secteurs de la défense et de l’aéronautique. Cela va imposer un « coût sévère à l’économie russe, à la fois immédiatement et à long terme », a assuré Joe Biden.

Mais ces sanctions ne vont pas aussi loin que ce qu’attendaient certains observateurs. Elles évitent en particulier d’exclure la Russie du réseau bancaire Swift, qui permet de recevoir ou d’émettre des paiements dans le monde entier. Cela aurait retiré au pays sa capacité à écouler facilement ses barils de pétrole, source majeure de revenus. Cette mesure est toujours « une option », a toutefois souligné le président américain.

Sanctions « massives » de l’UE

Réunis en sommet, les dirigeants européens ont également approuvé des sanctions « massives » contre la Russie. Il s’agit notamment de limiter drastiquement l’accès de la Russie aux marchés de capitaux européens, entravant la capacité de Moscou d’y refinancer sa dette. L’UE va aussi réduire l’accès de la Russie à des « technologies cruciales », en la privant de composants électroniques et de logiciels, de façon à « pénaliser gravement tous les pans de l’économie russe », a précisé la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.

Les mesures couvriront les biens à double usage (à la fois civil et militaire), les secteurs de l’énergie et des transports, de nouvelles sanctions contre des individus (gel des avoirs, blocage des visas). Elles s’ajouteront à celles déjà entrées en vigueur mercredi soir, notamment contre des personnalités proches de Poutine.

D’autres sanctions ont été annoncées par le Canada. Elles cibleront des « membres de l’élite russe », des « grandes banques russes » et des « membres du Conseil de sécurité russe » notamment, a précisé le Premier ministre Justin Trudeau. Des ministres précisément visés : ceux de la Défense, des Finances et de la Justice, ainsi que le groupe de mercenaires russes Wagner, réputé proche du président Vladimir Poutine.

« Nous cessons tous les permis d’exportation pour la Russie », a ajouté Justin Trudeau, estimant que l’invasion russe de l’Ukraine représentait une « immense menace (pour) la sécurité et la paix dans le monde ». Les permis d’exportation suspendus par le Canada valent plus de 700 millions de dollars canadiens (487 millions d’euros) et visent par exemple des entreprises du secteur aérospatial, minier et des technologies de l’information. Ces sanctions s’appliquent « immédiatement » et « vont limiter la capacité du président Poutine à continuer de financer cette invasion injustifiée », a déclaré Justin Trudeau.

La Russie préparée

Mais la Russie est habituée aux sanctions. Depuis son annexion de la Crimée en 2014 et celles qui ont affaibli durablement le rouble, Moscou s’est efforcé d’ériger une forteresse censée résister aux chocs extérieurs en se constituant un solide matelas financier. Il dispose de plus de 180 milliards de dollars dans son fonds souverain. Le pays, l’un des moins endettés du monde, a aussi accumulé près de 640 milliards de dollars dans ses réserves de change. L’agence de notation russe Acra estime que les banques du pays ont importé en décembre dernier quelque 5 milliards de dollars de devises étrangères, près du double par rapport à l’année précédente.

Surtout, la Russie a mené ces dernières années une politique de « dédollarisation » pour être moins exposés aux sanctions américaines. Moscou a donc davantage misé sur d’autres devises, comme l’euro, et a développé un système alternatif au réseau interbancaire Swift. Elle pourra aussi facilement commercer et se financer grâce aux cryptomonnaies, comme l’a fait l’Iran pour alléger le blocus financier qui la frappe.

Par ailleurs, la Russie a développé des productions locales pour limiter l’importation de certains produits agroalimentaires en provenance de l’Union européenne. Reste que l’efficacité de ces mesures de prévention divise les experts.
rfi.fr
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