Tambacounda : Installation de l’Antenne régionale du BAOS

Actuprime-(Tambacounda) – Après Diourbel, Louga et Sédhiou, Tambacounda vient d’étrenner son antenne régionale du BAOS (Bureau d’Accueil, d’Orientation et de Suivi des sénégalais de l’extérieur).

Prise en main de l'émigration à Tambacounda
Sory F M Kaba, Ambassadeur, Directeur Général des Sénégalais de l’Extérieur

C’est le Directeur, ambassadeur des sénégalais de l’extérieur qui a procédé à son inauguration, en compagnie de la Représentante de la coopération espagnole, du Gouverneur de région, du Directeur national du BAOS, et du Directeur de l’ARD de Tambacounda.
Cette nouvelle structure, une représentation du ministère des affaires étrangères dans les collectivités locales, aura pour tâche principale d’accueillir, d’informer, de sensibiliser, d’encadrer, d’orienter et d’accompagner les compatriotes venus de l’extérieur. Surtout les rapatriés, en situation de détresse dont la réinsertion sociale pose d’énormes difficultés. Avec un budget de 2,5 milliards de francs CFA, dont 250 millions consacrés à l’assistance, le BAOS doit, pour réussir sa mission, travailler en étroite collaboration avec les collectivités locales dans les différentes étapes : de l’accueil à l’accompagnement en passant par l’identification des différents centres d’intérêt et la sensibilisation.
Une nécessité pour les habitants de la région, une zone d’émigration et d’immigration par excellence, et dont les compatriotes participent de manière substantielle au développement du terroir. Pour l’année en cours, 10 milliards ont été injectés dans la région. Une somme non négligeable destinée à la prise en charge des familles, aux investissements dans les programmes sociaux, et rarement dans le secteur productif. Et c’est sur cette composante que la Direction des Sénégalais de l’Extérieur compte mettre l’accent et le BAOS constitue une chambre permettant de fournir toutes les informations utiles aux émigrés.
Juguler l’émigration clandestine reste un défi pour le BAOS dans sa mission de sensibilisation et d’accompagnement pour leur réinsertion sociale. Le maintien des jeunes, disait Koureichi Thiam édile de Makacolibantang, passe d’abord, au niveau national, par la mise en œuvre de vaste programme pour l’emploi des jeunes. L’ancien ministre, dont la commune avait enregistré plus de 9 victimes lors du drame Libyen, lançait un appel au gouvernement pour trouver des solutions locales. Pour Alassane Sina Cissokho, Président du Conseil départemental, l’émigration est une question qui intéresse la région orientale, traditionnellement terre d’émigration, eu égard au nombre important de perte en vie humaine, à la recherche de lendemains meilleurs. Certains ont pu rejoindre la patrie mais ne se laissent point dissuader. L’envie de reprendre la route les anime.
Vers la tenue d’un forum régional sur l’émigration
L’émigration clandestine est devenue au fil des ans un fléau aux conséquences désastreuses avec des pertes en vie humaines. Et la région de Tambacounda en avait reçu un coup dur avec la disparition de bon nombre de jeunes dans les eaux méditerranéennes, conséquence d’une jeunesse désemparée et déçue, sans emploi ni perspectives. Parmi les zones les plus touchées par le drame Italien, figuraient les communes de Makacolibantang et de Goudiry. Très ému par ces pertes dans des conditions inimaginables, Khouraichi Thiam, édile de Makacolibantang et ancien ministre de l’économie maritime sous Wade, avait agité l’idée de la tenue d’un forum régional, dont l’objectif est de trouver une alternatif au phénomène de l’émigration clandestine.
Il a ainsi déclaré « Nous avons de la terre et ne savons pas quoi en faire. Que tout jeune désireux de cultiver, vienne me voire, je convaincrai le Conseil municipal de mettre à sa disposition autant d’hectares qu’il voudra dans la commune de Makacolibantang. L’essentiel est de le mettre en valeur ». Il a également proposé la tenue d’un forum sur la question. Un forum qui servira de déclic au BAOS pour amorcer une réponse approfondie aux questions liées à l’émigration.
400 sur 800 rapatriés de la Libye sont de la région de Tambacounda
En procédant à l’inauguration et à l’installation de l’antenne régionale du BAOS de Tambacounda, il s’est agit de répondre à une urgence, en s’attaquant à la source du phénomène migratoire. Entre autre préliminaire, il fallait avoir une idée du nombre de compatriotes de la région qui vivent en terre étrangères durant ces deux dernières années, mais aussi du nombre de personne rapatriés. Selon les statistiques fournies par le Directeur des Sénégalais de l’Extérieur, près de 4500 ont été accueillis clandestinement en terre Libyenne, dont 340 mineurs. Certains ont été rapatriés.
Sur les 800 rapatriés, la moitié vient de la région de Tambacounda. L’antenne régionale de Tambacounda aura la tâche d’identifier les centres d’intérêt des émigrés, ainsi que les initiatives mises en œuvre par les partenaires au développement et les ONG dans la région, pour les accompagner dans les projets. Dans ce cadre, il sera offert des perspectives aux jeunes à leur retour, par un travail de profilage à la fin duquel une enveloppe de 1000 euro sera mise à disposition par personne, après les avoir groupés par entités de dix personnes soit dix mille euros par groupe.
Bokassa, correspondant actuprime.com

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