France-Paris : Le Swatting est une fausse alerte attentat, déclenchée à Châtelet par des adolescents

Deux adolescents ont revendiqué la fausse alerte attentat à Paris samedi. Ils se sont vantés d’avoir réussi un « swatting », une pratique controversée et illégale qui consiste à faire envoyer la police chez quelqu’un sous un faux prétexte.

Tylers Swatting et Zakhaev Yamaha n’existent plus sur Facebook. Derrière ces pseudonymes, les deux autoproclamés auteurs de la fausse alerte à la bombe près de Châtelet à Paris, samedi 17 septembre, ont décidé de faire profil social très bas. Ces adolescents ont effacé leur compte Facebook un jour après avoir confessé, au site de l’Obs, être les auteurs de la “blague” qui a entraîné le déclenchement d’une alerte attentat, la mobilisation d’un hélicoptère, de la Brigade de recherche et d’intervention et le bouclage du secteur autour de l’église Saint-Leu, dans le 1er arrondissement.

Ils ont expliqué comment ils avaient dupé les forces de l’ordre par téléphone, leur faisant croire que l’appel provenait de l’intérieur de l’église. L’un d’eux s’est fait passé pour le “père Mathis” expliquant qu’il était “caché dans la cave et que dix Maghrébins étaient rentrés avec des armes dans l’église”. Ils ont également fait écouter au journaliste une partie de l’enregistrement de la conversation avec la police.

“Dix journaux [télé], hihi”

Visiblement inconscients de la portée de leur acte, Tylers Swatting et Zakhaev Yamaha ont assuré à l’Obs voir “fait ça pour le buzz. Si les gens ont eu peur, c’est leur problème”.

Ils s’étaient aussi vantés de leur exploit sur Facebook, samedi, affirmant avoir “fait déplacer des hélicos, le gouvernement, 50 voitures de flics” et avoir créé un événement qui a fait “10 journaux [télé], hihi”.

Ces deux adolescents ont également assuré vouloir récidiver à l’occasion de la Paris Game Week, le salon du jeu vidéo qui doit se dérouler dans la capitale française fin octobre.

Mais, depuis dimanche, ils ont mis leur esprit bravache en sourdine. Le ministère de l’Intérieur a qualifié leur acte de « totalement irresponsable dans le contexte de menace terroriste ». Une enquête pour “dénonciation de crime imaginaire” et “divulgation de fausses informations afin de faire croire à une destruction dangereuse” a été ouverte. Tylers Swatting et Zakhaev Yamaha risquent jusqu’à deux ans de prison et 30 000 euros d’amende chacun. Les deux adolescents ont cherché à effacer les pistes qui pourraient permettre de les localiser.

Fans d’Ulcan

Ils ont réalisé qu’ils avaient poussé le bouchon de la déjà très controversée pratique du “swatting” trop loin. Le défi technologique de ce type de mauvaise blague consiste à utiliser des serveurs chiffrés pour dissimuler l’origine réelle de l’appel et faire croire qu’il provient du domicile de la personne piégée ou, dans le cas de la fausse alerte à l’attentat, près de Châtelet, de l’église.

Le “swatting”, dont le nom provient du terme anglais Swat, qui désigne les forces d’intervention spéciales aux États-Unis, était jusqu’à présent essentiellement cantonné au monde du jeu vidéo. Il a connu un véritable essor avec la popularité grandissante des sites comme Twitch qui permettent aux internautes de se filmer et se montrer en direct en train de jouer. Un “swatting” réussi consiste alors à faire intervenir la police en pleine diffusion en direct. Ce phénomène a pris une telle ampleur aux États-Unis que plusieurs États ont adopté des législations spécifiques. En novembre 2015, une proposition de loi – qui n’a pas encore été débattue – a été soumise au Sénat pour en faire un délit fédéral. En mai 2015, un jeune américain de 17 ans a été condamné à 16 mois de prison après avoir avoué être l’auteur de plus de 25 “swatting”.

En France aussi, la justice a déjà sévi. Trois adolescents ont été condamnés à des peines allant de six mois avec sursis à deux ans de prison ferme, début juillet 2016, pour avoir envoyé sous un faux prétexte la brigade des mœurs chez un joueur célèbre qui était en train de diffuser en direct une de ses parties.

Ces jeunes étaient des membres de la plateforme de chat privé “Viol Vocal”, créé en 2011 par la plus célèbre figure du “swatting” en France : le très controversé pirate informatique franco-israélien Gregory Chelli, connu sous son nom de guerre Ulcan.Ce dernier est un spécialiste des canulars téléphoniques mal intentionnés et s’en était notamment pris à des journalistes du site Rue89, pour des articles qui lui avaient été consacrés. Il est aussi une inspiration pour “Tylers Swatting” et “Zakhaev Yamaha”. Les deux adolescents se sont dits “fans” de Gregory Chelli… ce qui leur a valu une réponse cinglante de ce dernier qui les a qualifiés d’”immatures”.
france24.com

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