Le Sénégal, nouveau chouchou du Fonds Monétaire International (FMI)

Siège du FMI

Les Assemblées de printemps du FMI s’ouvrent cette semaine à Washington. Les relations ont bien changé entre le Fonds et le Sénégal.

Relations avec le FMI : Le Sénégal, nouveau chouchou du Fonds
Les temps ont bien changé. Les relations entre le Fonds monétaire international (Fmi) et le Sénégal aussi. Elles se sont fortement réchauffées au cours de ces derniers mois, pour ne pas dire ces quelques. La preuve : la visite de Mme Christine Lagarde au mois de janvier 2015. Mieux, elle cite le Sénégal en exemple pour la transformation qu’a connu son économie en l’espace de quatre années. C’était un soutien de taille à la politique économique du gouvernement.
Dans un passé récent, les relations étaient assez difficiles entre le gouvernement du Sénégal et le Fonds à cause d’une situation économique pas très flatteuse. Le Sénégal qui est sous programme avec le FMI depuis le début des années 80 avait fini d’exaspérer les institutions comme le Fonds. Certes, les programmes se sont succédé, certes la situation budgétaire est restée sous contrôle, mais la croissance économique est restée en deçà des attentes. Excepté la période 1994-2000, durant laquelle des réformes en profondeur ont été entreprises, dopant au passage la croissance, le Sénégal n’est jamais parvenu à reformer en profondeur son économie.
Pire au début des années 2000, la situation des finances s’est sérieusement dégradée. L’affaire des dépenses extra budgétaires ou dépenses hors budget a envenimé un moment les relations entre le Sénégal et l’institution et a coûté son poste à l’ancien ministre du budget Ibrahima Sarr. L’ancien représentant du Fmi, Alex Ségura en faisait voir de toutes les couleurs au gouvernement.
Il semble que les choses bougent encore. Le FMI s’est engagé avec les autres bailleurs à soutenir le PSE. Il faut quand même préciser que malgré tout il y des signes que l’économie est en train de faire mieux. Avec un taux de croissance de 6.5% en 2016, le Sénégal fait partie des meilleurs élèves de la classe, dans un environnement marqué par une certaine morosité au niveau africain.
Les autorités ne doivent cependant pas dormir sur leurs lauriers. Dans son discours de Dakar, Mme Lagarde avait aussi appelé à « une masse critique de réformes pour rompre résolument avec le passé et accélérer la croissance. Le temps est compté et il est urgent de répondre aux aspirations de la population, à savoir des emplois gratifiants, un niveau de vie amélioré et de meilleurs débouchés. »
En effet selon les services du FMI, les réformes pourraient ajouter jusqu’à 3 ou 4 points de pourcentage au potentiel de croissance du Sénégal, et placer ainsi le pays sur la trajectoire d’une croissance forte, durable et inclusive, mais cela passera par une mise en œuvre résolue du PSE et un abandon du statu quo.
Avant d’avertir : « toute exécution partielle du train de réformes pourrait avoir un impact faible sur la croissance. » Comme pour dire que le gouvernement est attendu au tournant.
Oumar Nourou / lejecos.com

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