Le Sénégal a « tout ce qu’il faut » pour devenir un pays fabricant de médicaments, selon la Directrice de la PNA

Le Sénégal a ‘’tout ce qu’il faut’’ pour devenir un fabricant de médicaments

, une perspective qui relève de la souveraineté nationale, assure la directrice de la Pharmacie nationale d’approvisionnement (PNA), Annette Seck Ndiaye.

‘’Nous avons tout ce qu’il faut pour arriver à fabriquer des médicaments’’, comme le Maroc, la Tunisie ou l’Algérie, des pays qui ‘’sont presque devenus quasi autonomes en fabrication de médicaments essentiels’’, a-t-elle souligné dans une interview publiée vendredi par le quotidien Le Soleil.

‘’C’est une question de souveraineté nationale (…). Nous avons les ressources humaines qu’il faut. Nous avons une des meilleures universités, nous avons des chercheurs, nous aurons bientôt un centre d’incubation et un centre de recherche à Diamniadio’’, a fait remarquer Mme Ndiaye.

Le Sénégal a importé en 2018 ‘’des médicaments d’une valeur de 137 milliards de francs CFA, c’est une perte de devises pour le [pays]’’, a-t-elle indiqué, ajoutant que ‘’c’est pour cela que l’un des projets qui nous tient à cœur, c’est de devenir un fabricant pour booster la production’’.

Selon la directrice de la PNA, l’industrie pharmaceutique locale ‘’n’est pas compétitive dans ce domaine’’, et c’est la raison pour laquelle lors des appels d’offres internationaux, elle ‘’est de 20 à 30% plus chère que le fournisseur étranger’’.

Le code des marchés a certes ‘’prévu la préférence nationale, mais on est obligé de retenir parfois l’offre du fournisseur étranger qui est moins chère’’, a expliqué Mme Ndiaye, ajoutant que cette situation tient au fait que ‘’les matières de fabrication importées par l’industriel sénégalais sont taxées, alors que les médicaments fabriqués à l’étranger sont exonérés de taxes’’.

Parlant des perspectives d’une agence africaine chargée du médicament, Annette Seck Ndiaye parle d’une ‘’initiative avant-gardiste’’. Elle estime qu’à l’état actuel des choses, ‘’aucune industrie locale ne peut prendre son envol, si elle ne s’appuie sur le marché du pays où elle est installée’’.

‘’Il faut qu’on ait une dynamique régionale. Par exemple, s’il y a une unité de production de solutés au Sénégal, elle doit alimenter le Mali, le Niger, la Mauritanie, la Côte d’Ivoire. D’autres pays peuvent aussi produire un médicament qui sera vendu dans ce marché sous-régional’’, a proposé la directrice de la PNA.

Selon Annette Seck Ndiaye, l’agence africaine du médicament devrait avoir pour mission de coordonner toutes les activités liées au médicament.

‘’Il faut aussi contribuer à augmenter la production. Tout cela doit être sous-tendu par une réglementation forte, qui garantit la qualité. C’est bien d’avoir des médicaments, mais il est impératif d’en garantir la qualité. Cette agence devrait amener les pays à renforcer leur réglementation nationale à travers leurs autorités de réglementation’’, a-t-elle souligné.
BK/ESF / APS
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