Zimbabwe : Robert Mugabe a remis sa démission à l’Assemblée nationale qui voulait le destituer

La démission de Robert Mugabe
Robert Mugabe

Le président zimbabwéen Robert Mugabe a remis mardi sa démission après 37 ans de pouvoir

, a annoncé le président de l’Assemblée nationale lors d’une session extraordinaire du Parlement à Harare, qui débattait de sa destitution.

Coup de théâtre et jour historique au Zimbabwe. Le président Robert Mugabe a remis, mardi 21 novembre, sa démission après 37 ans de pouvoir. L’annonce a été faite par le président de l’Assemblée nationale lors d’une session extraordinaire du Parlement à Harare, qui débattait de sa destitution.

« Moi Robert Gabriel Mugabe (…) remets formellement ma démission de président de la République du Zimbabwe avec effet immédiat », a déclaré le président de l’assemblée nationale Jacob Mudenda, en lisant, sous les applaudissements, la lettre de démission du chef de l’État.

« J’ai choisi volontairement de démissionner. (…) Cette décision a été motivée par (…) mon désir d’assurer un transfert du pouvoir sans problème, pacifique et non violent », explique Robert Mugabe dans sa lettre.

Parmi les premières réactions à cette démission surprise, celle d’Alpha Condé, le président de l’Union africaine, interrogé par France 24. ‘Il aurait été dommage que Mugabe sorte par la petite porte », estime-t-il, saluant « une décision politique qui respecte la constitution et sauvegarde la dignité de Monsieur Mugabe ».

RÉACTION D’ALPHA CONDÉ, PRÉSIDENT DE L’UNION AFRICAINE : « IL AURAIT ÉTÉ DOMMAGE QUE MUGABE SORTE PAR LA PETITE PORTE »

L’annonce du départ du dirigeant de 93 ans a été immédiatement saluée par un concert assourdissant de klaxons dans la capitale Harare.

« Nous sommes tout simplement tellement heureux. Enfin les choses changent », a lancé à l’AFP Togo Ndhlalambi, coiffeur de 32 ans. « On se réveille depuis si longtemps en attendant ce jour. Ce pays a traversé tant de périodes difficiles. »

L’armée avait pris le contrôle du pays la semaine dernière, à la suite de l’éviction du vice-président Emmerson Mnangagwa, et assigné le président à résidence. Ce dernier refusait depuis de démissionner.

Les voix se multipliaient ces derniers jours pour exiger le départ du plus vieux dirigeant du monde : l’armée, la rue et même son propre parti, la Zanu-PF.

Accueilli en libérateur à l’indépendance en 1980, le « camarade Bob » a dirigé son pays d’une main de fer, muselant tous ses opposants et ruinant son économie. Mais il semblait jusqu’à récemment indéboulonnable, dernier chef d’État africain issu des luttes pour l’indépendance encore au pouvoir.

Sa démission place Emmerson Mnangagwa, surnommé le « crocodile », en pole position pour accéder aux instances suprêmes. D’autant que l’ancien vice-président a été choisi dimanche pour remplacer Robert Mugabe à la direction du parti au pouvoir, la Zanu-PF.

france24.com avec AFP
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