RDC : de violentes manifestations à Goma contre la présence de la mission de l’ONU (Monusco)

Au moins 15 personnes, dont trois soldats de la paix de l’ONU, ont été tuées lors de deux jours de manifestations

violentes dans l’est de la RDC contre la présence de la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (Monusco), ont déclaré les autorités.
La MONUSCO informe dans un communiqué que des personnes qu’elle qualifie d’assaillants  »ont violemment arraché des armes à des éléments de la Police nationale congolaise et tiré à bout portant sur nos forces de maintien de la paix.  »
Pendant deux jours, des manifestants se sont violemment attaqués à la Monusco.
L’une des images partagées sur les médias sociaux montre un manifestant étendu et traîné sur le sol, tandis que d’autres crient qu’il a été abattu par les forces de l’ONU.
Le gouvernement a déclaré avoir demandé à l’armée et à la police de rétablir le calme à Goma.

Les attaques anti-ONU en RD Congo pourraient être qualifiées des « crimes de guerre »

Le bureau du secrétaire général de l’ONU a déclaré que toute attaque contre des soldats de la paix pourrait constituer un crime de guerre.
Un porte-parole a déclaré qu’António Guterres avait appelé les autorités congolaises à enquêter sur les incidents, au cours desquels trois membres du personnel de l’ONU et une douzaine d’habitants ont été tués.
La mission de maintien de la paix – Monusco – a imputé la violence et le pillage des biens de l’ONU à des criminels se faisant passer pour des manifestants.
Que s’est-il passé ?

Lundi, dans la capitale de la province du Nord Kivu, Goma, des manifestants ont vandalisé des locaux des forces de l’ONU, leur demandant de quitter le pays.
Des images ont été diffusées sur les médias sociaux montrant des personnes scandant des slogans contre la présence des casques bleus en RDC, d’autres en train de fouiller dans le matériel de leur base principale à Goma.
La plupart des marchés et des magasins ont fermé lundi dans cette ville de près d’un million d’habitants « par crainte d’être pillés par les manifestants », déclare Eliezer Makambo, un homme d’affaires local, à BBC Grands Lacs.
Le maire de Goma avait interdit les manifestations de lundi dans la ville pour des raisons de sécurité et a appelé le public à ne pas y assister.
Cependant, des centaines de manifestants ont bravé l’interdiction et attaqué la base de la Monusco, brisant les fenêtres et pillant les objets de valeur.
Les violences ont continué mardi.

Pourquoi les manifestants s’attaquent à l’ONU ?
La Monusco est critiquée pour son incapacité à contribuer au rétablissement de la paix dans l’est de la RDC depuis plus de 20 ans que la force est déployée dans cette région déchirée par les conflits.
Un autre manifestant de laisser éclater sa colère contre l’organisation onusienne : ‘’Nous manifestons parce que la Monusco a failli dans sa mission. Sa première mission était de restaurer la paix dans notre pays.’’
‘’Nous sommes venus dénoncer la complicité de la Monusco ainsi que de la communauté internationale, parce que ça fait plus de vingt ans que nous vivons avec la Monusco ici, mais le sang continue à couler. On tue à Béni, on tue à Irumu, on tue en Ituri. Nous demandons le départ de la Monusco et cela sans délai parce qu’elle-même a déclaré qu’elle n’est pas en mesure de combattre aux côtés des FARDC’’, déclare Victorine Muhima, vice-présidente Forum des femmes leaders du Nord Kivu lors d’un sit-in organisé devant les locaux de la Monusco.

Des groupes de la société civile de l’est de la RD Congo ont affirmé que la mission de l’ONU (Monusco) s’est « révélée incapable d’assurer la protection de la population et de maintenir la paix et la sécurité dans le pays ».
Ils ont lancé la semaine dernière une campagne intitulée « Zéro Monusco ».
Selon le professeur José – Adolphe Voto, enseignant à l’école de journalisme de Kinshasa, il y a un risque que les manifestations se poursuivent.
‘’Je pense qu’on a atteint un niveau qu’on a jamais atteint concernant les revendications contre la MONUSCO et vis-à-vis des Nations unies de manière générale’’, déclare-t-il à la BBC.
‘’De plus, ces évènements tombent des circonstances où il y a eu des résolutions des Nations unies qui confirment encore l’embargo sur le Congo alors que le Congo se dit attaqué et le Congo n’a pas le droit de s’approvisionner en armement pour se défendre, mais par contre, la même Monusco qui représente les Nations unies au Congo déclare que les rebelles auraient des armes plus sophistiquées que l’armée congolaise, et même plus que la Monusco’’, explique M. Voto.

Quelle est la réaction des autorités ?
Suites aux manifestations qui ont ciblé la Monusco, le gouverneur militaire du nord-Kivu, le lieutenant-général Constant Ndima interdit toute manifestation publique.
 »Je juge intolérable et innaceptable les dérapages enregistrés ici et là sur le terrain ainsi que la récupération de la situation des pécheurs en eaux troubles », a-t-il déclaré.
La mission de maintien de la paix des Nations unies en RD Congo a qualifié d' »inacceptable et de complètement contre-productif » l’assaut donné à sa base dans la ville de Goma, dans l’est du pays, par des habitants exigeant son départ.
La Monusco a déclaré dans un communiqué qu’elle était « très préoccupée par cet incident très grave qui survient à la suite de remarques hostiles et de menaces voilées proférées par des individus et des groupes à l’encontre des Nations unies ».

Le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a déclaré sur Twitter que le gouvernement « condamne toute forme d’attaque contre le personnel et les locaux de l’ONU ».

M. Muyaya a ajouté que les responsables des manifestations de lundi à Goma « seront sérieusement punis ».
L’armée nationale et les troupes ougandaises mènent des opérations conjointes contre les militants avec le soutien de la Monusco dans l’est de la RD Congo depuis novembre 2021, mais les attaques se poursuivent sans guère de répits.
Avec plus de 15 000 casques bleus, la Monusco reste la plus grande force de l’ONU au monde.
Elle est présente dans l’est de la RDC depuis plus de deux décennies, mais la région reste peu sûre et abrite plus d’une centaine de groupes rebelles, dont le M23 qui s’est emparé de zones situées à des dizaines de kilomètres de Goma.
bbc.com
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