Relations entre Nykomp Synergetics et la CSE: les dessous d’un scandale

Nykomp Synergetics
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En revenant un peu en arrière sur ce feuilleton du financement de la centrale à charbon de Bargny, des acteurs décèlent plusieurs irrégularités. D’abord, l’identité de la société Nykomb Synergetics pose problème. Cette entreprise «individuelle» est, selon Aly Sagne, président de Lumière Synergie pour le Développement (LSD), «une boutique ambulante». Il dit ne pas pouvoir comprendre la «légèreté» de la Banque africaine de développement (BAD) et du gouvernement du Sénégal qui ont contractualisé avec une telle entité.

«La Compagnie Electrique du Sénégal (CES) qui a obtenu 55 millions d’euros de la BAD en 2009 est un consortium d’entreprise portée par Nykom Synergetics AB», nous apprend Aly Sagne, président de Lumière Synergie pour le Développement (LSD), longtemps rangé du côté des populations de Bargny dans ce combat contre l’érection d’une centrale à charbon dans leur localité. «Tout ceci s’est fait avec la parrainage de l’Etat du Sénégal. Si je voulais décrire aux sénégalais qui est Nykomb, je dirai simplement que c’est une «boutikou mbagg» (une boutique ambulante, en Wolof) à Stockholm. C’est une entreprise individuelle qui n’a ni Conseil d’administration, ni site web, qui n’a pas de numéro de téléphone, si ce n’est celui de son administrateur qui a négocié les 55 millions d’euros à la BAD», renseigne Aly Sagne.

Pour preuve, une tentative d’accès au site web de l’entreprise s’est soldée par une surprise. Il est signalé que le site est en construction, depuis déjà plusieurs années. Selon Aly Sagne, cette entreprise suédoise est sans expertise, ni expérience dans le domaine de l’énergie, et ne dispose encore moins d’aucune capacité financière. «Elle appartient à Norland Suzor, un mauricien résident à Stockholm depuis plusieurs années», dit-il.

Selon le président de LSD, «c’est un scandale et la Banque africaine de développement y a une grande responsabilité, de même que le gouvernement du Sénégal». Toujours à e croire M. Sagne, la première fois que ses collègues étaient allés à Stockholm pour identifier l’entreprise, «ils ont eu d’énormes difficultés pour la retrouver. Elle n’existe même pas dans le fichier des entreprises suédois».

Il est convaincu que cet homme d’affaires mauricien a fait usage de ses relations, soit à la BAD ou au Sénégal, pour bénéficier de ce financement de 55 millions d’euros. «Lorsqu’il avait gagné le projet en 2009, Nykomb avait mis deux ans (jusqu’en 2011) à chercher des financements additionnelles pour être capable de mettre en œuvre le projet. Elle était en difficulté parce qu’elle n’avait pas la capacité financière pour réaliser le projet», soutient Aly Sagne.

En effet, compte tenu des ces difficultés, la réalisation de la centrale prévue dans un premier temps pour 2010, a été reportée en 2011, puis en 2014 et 2017, sans véritablement trouver un point d’accord. Pour rappel, ce sont l’ancien ministre de l’Energie, Samuel Sarr et l’ancien directeur général de SENELEC, Seydina Kane, qui avaient signé, le jeudi 24 janvier 2007 à Dakar, le premier accord pour la réalisation de la centrale électrique de Sendou, pour un montant de 118 milliards de F Cfa pour la première tranche.
sudonline.sn

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