Note de lecture : « Les putes voilées n’iront jamais au Paradis » – Chahdortt Djavann

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Livre puissant, cru qui vous amène jusqu’a la nausée dans cet Iran des Ayatollah où le tchador n’est pas seulement un signe de pureté mais aussi de saleté parce que toutes les prostituées en portent….

Et comme toujours dans les contrées où l’obscurantisme religieux s’érige et emporte les âmes faibles, certains se proclament défenseurs de la religion et se donnent une mission de purification…. appelée  » éradication de la Fessade »

Une à une, ces prostituées voilées sont éliminées au nom de l’Islam dans cet Iran qui a vu naitre des siècles auparavant Shams de Tabriz, cet érudit Soufi qui savait inviter les âmes perdues dans la voie de Dieu…

Les putes voilées n’iront jamais au Paradis est un témoignage d’outre tombe de ces prostituées arrachées à la vie de manière brutale et atroce avec un point d’orgue sur le portrait saisissant de deux amies à vie parallèle Zahra et Soudabeh.

L’auteure Chahdortt Djavann donne la parole à chacune d’elles. Leurs voix, crues enrobées dans un humour noir, choquent et bouleversent le lecteur.

Elle les rend ainsi plus vivantes que jamais….

L’Iran, ce pays musulman, voile la débauche, visible que par les connaisseurs. Et l’on apprend ici que la prostitution est partout et que y’en a même des « putes halal » avec cette forme de mariage temporaire appelé « Sigheh » légiféré dans le code civil de la charia iranienne qui stipule en son article 1075 qu’un homme marié, outre ses quatre femmes officielles, peut contracter autant de « sighehs » simultanés qu’il le désire. ..

Dans le pays des Ayatollah, les femmes sont des proies et ceci dès leur plus jeune âge. La pauvreté, la précarité des conditions sont le nid de cette vie de débauche…L’on nous apprend encore que dans cet Iran devant symboliser la vertu, la prostitution y est un des fléaux qui gangrènent le pays à l’instar du chômage et de la drogue. Et dire qu’officiellement elle y est inexistante. Morale des tartuffe nous dit l’auteure !!!

Seize témoignages, seize histoires, seize drames…., pour conduire le lecteur dans un voyage au bout de l’enfer… L’Islam hait-il la chair, hait-il le plaisir ? L’obsession des hommes pour la sexualité dans un pays aussi « normé » qu’est l’Iran des Ayatollah, explique peut être ‎les dérives décrites dans ce roman fabuleusement puissant à vous couper le souffle…!!!

Elles sont assassinées de Mashhad, de Téhéran, de Kerman, de Qom, de Shiraz, d’Ispahan…, dans l’anonymat. L’auteure leur fait témoigner d’outre tombe pour qu’elles nous racontent leur histoire, leur vie, leur passé, leurs sentiments, leurs douleurs, leurs doutes, leurs souffrances, leurs révoltes et leurs joies…

A lire absolument !!!

Chahdortt DJAVANN est romancière et essayiste iranienne vivant à Paris, auteur de plusieurs ouvrages dont Bas les voiles, la muette, je ne suis pas celle que je suis, la dernière séance et Big Daddy publié en 2015.

Ameth GUISSE

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