Nioro du Rip : Besoin de ressources humaines qualifiées pour l’Acte 3 de la décentralisation

Centre féminin de Nioro

Le maire de la commune de Nioro du Rip a déploré l’absence de ressources humaines dans la mise en œuvre des réformes prévues dans l’Acte 3 de la décentralisation.

«Les gens parlent de l’Acte 3 de la décentralisation, mais le seul problème auquel nous sommes confrontés demeure l’absence de ressources humaines de qualité qui sont prioritaires dans toute démarche ou entreprise», a déclaré Abdoulaye Bâ qui souligne que la faute est à imputer à «l’Etat, seul responsable de cette situation», non sans relever que dans certaines mairies, les édiles sont obligés d’être au «four et au moulin».
Aussi, pense-t-il, pour pallier cette carence, l’Etat doit permettre aux collectivités locales de recruter des secrétaires municipaux parmi les fonctionnaires de hiérarchies «A» ou «B». Pour Abdoulaye Bâ, «ces fonctionnaires n’ont non seulement pas fait la formation mais dans des villes comme Nioro vous ne pouvez trouver que des enseignements. Nous avons fait une requête dans ce sens, mais celle-ci a été bloquée au ministère parce que, nous dit-on, tous les maires ont demandé des enseignants», déplore-t-il.
Le maire a estimé qu’il leur faut des hommes capables, valables, aptes et bien formés pour mener à bien ce travail. S’agissant du recouvrement des impôts locaux, Abdoulaye Bâ note que les populations ne sont pas suffisamment sensibilisées de la nécessité de s’acquitter de cette taxe. «Le recouvrement est lent parce qu’il relève de la compétence du Trésor public qui est une structure qui reste confrontée à un problème de ressources humaines». Evoquant le programme de modernisation des cités religieuses, il a indiqué que la commune de Nioro du Rip, chef-lieu dudit département, attend avec impatience la réalisation de son Plan directeur d’assainissement. «Cette sainte ville, scindée présentement en deux à cause de l’avancée exponentielle des ravins, risque d’être rayée de la carte si rien n’est fait», a-t-il soutenu, avant de plaider pour que Nioro puisse bénéficier du programme de modernisation des villes religieuses.
«Nioro, c’est Porokhane, c’est Taïba Niassène, c’est Darou Salam, etc. Donc, il n’y a pas une ville plus religieuse que Nioro. Le fondement de l’Islam dans notre pays, c’est Nioro et personne ne peut le contester. Alors, je ne peux pas comprendre que l’Etat veuille dérouler un programme de modernisation des villes religieuses et laisser en rade Nioro», s’indigne-t-il. Pour lui, son institution ne dispose pas de moyens pour résoudre ce problème. Elle ne peut que chercher des partenaires. «Quand on sait que notre budget, estimé à 300 millions de FCfa, ne peut pas prendre en compte un tel investissement.
Ce problème constitue notre principale préoccupation», assure-t-il, avant d’indiquer qu’il va relancer le dossier auprès des ministères concernés, pour la résolution définitive de ce problème. Il n’a pas manqué de lancer un appel aux fils de Nioro pour qu’ils apportent leur pierre à l’édification de leur cité.

Souleymane Diam SY / lesoleil.sn

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