Le Maroc réintègre l’Union africaine

Le Maroc réintègre l'union africaine
Mohamed VI, roi du Maroc

Le Maroc va réintégrer l’Union africaine, après le vote lundi de 39 chefs d’États africains sur 54, réunis à Addis Abbeba, en Éthiopie.

Les chefs d’État de l’Union africaine ont décidé lundi de réintégrer le Maroc, a-t-on appris auprès de plusieurs présidents africains réunis en sommet à Addis Abeba. Selon le président sénégalais Macky Sall et le ministre sahraoui des Affaires étrangères, Mohamed Salem Ould Salek, 39 chefs d’États (sur 54 pays) se sont prononcés pour le retour du Maroc au sein de l’UA.

Le Maroc, alors dirigé par Hassan II, père de l’actuel monarque Mohammed VI, avait quitté l’OUA, ancêtre de l’UA, en 1984. Il entendait ainsi protester contre l’admission au sein de l’institution de la République arabe sahraouie démocratique (RASD) proclamée par le Front Polisario au Sahara occidental, un territoire que Rabat considère comme sien.

Mais la politique de la chaise vide a montré son inefficacité sur la question du Sahara occidental. Qui plus est alors que l’UA est devenue désormais « incontournable sur le continent et sur la scène internationale », souligne Gilles Yabi, analyste politique, à la tête du laboratoire d’idées citoyen Wathi.

Grands moyens

Le retour du Maroc est l’épilogue d’un vaste processus entamé il y a une dizaine d’années, lancé publiquement par le roi Mohammed VI en juillet 2016, formalisé en septembre auprès de l’UA et qui mobilise depuis lors tout l’appareil d’État marocain. En six mois, le souverain a enchaîné les tournées diplomatiques sur le continent où il n’a eu de cesse de proclamer son engagement envers ses « frères » africains.

Promesse de méga-contrats, d’œuvrer à « la paix et à la sécurité », de nouvelle « coopération Sud-Sud », de « développement durable »… le Maroc a déployé les grands moyens pour convaincre de sa vocation subsaharienne et de la nécessité de « retrouver sa place au sein de sa famille institutionnelle continentale ». Le royaume a déployé « une vision de longue durée » qui lui permis « de se positionner comme un acteur important non seulement avec l’Europe, mais aussi en Afrique subsaharienne », ajoute Gillles Yabi.

D’autre part, la réintégration de la sixième puissance économique du continent pourrait être une aubaine pour l’UA, qui cherche à devenir financièrement indépendante, mais a perdu en la personne du défunt dictateur libyen Mouammar Kadhafi un généreux bienfaiteur. L’UA est actuellement financée à 70 % par des donateurs étrangers, selon l’Institute for Security Studies (ISS).

Le Sahara occidental, qui borde le nord de la Mauritanie, est contrôlé par le Maroc depuis 1976 et revendiqué par le Front Polisario qui, soutenu par l’Algérie, demande une indépendance totale pour former la République arabe sahraouie démocratique.

Si l’Algérie et l’Afrique du Sud, deux poids-lourds de l’organisation continentale, soutiennent la RASD, ni l’une ni l’autre n’ont ouvertement exprimé leur opposition à la réintégration du Maroc.

Plus tôt dans la journée, les pays membres de l’Union africaine avaient surmonté leurs divisions pour élire leur nouveau président, le ministre tchadien des Affaires étrangères Moussa Faki, a annoncé un responsable de la délégation du Tchad participant au sommet.

france24.com avec AFP

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