Mali : le Conseil de sécurité de l’ONU envoie une délégation faire pression pour le retour des civils au pouvoir

Une délégation du Conseil de sécurité est attendue samedi à Bamako pour inciter le Mali

à revenir à un pouvoir civil après deux putschs en neuf mois, dans une région en proie aux violences jihadistes et intercommunautaires.

Une délégation du Conseil de sécurité de l’ONU, comprenant notamment l’ambassadrice américaine aux Nations unies, Linda Thomas-Greenfield, est attendue samedi 23 octobre dans l’après-midi à Bamako pour pousser le Mali à revenir à un pouvoir civil après deux putschs en neuf mois, dans une région en proie aux violences jihadistes et intercommunautaires.

La délégation inclut également des représentants de la Chine, de l’Inde, de la Russie et des États-Unis. Les 15 représentants rencontreront « des membres de haut rang du gouvernement de transition du Mali et des groupes de la société civile qui travaillent au renforcement des institutions démocratiques du Mali », ont déclaré les États-Unis.

Le Conseil s’entretiendra également avec « les groupes armés signataires (de l’accord de paix de 2015) et la société civile », a annoncé, de son côté, la Mission de l’ONU au Mali (Minusma) dans un communiqué.

Quelques heures avant son arrivée, l’ONG Human Rights Watch (HRW) a appelé l’ONU à faire pression sur les autorités maliennes pour l’ouverture d’enquêtes sur des exécutions et des disparitions imputées aux forces de sécurité.

Après le Mali, la délégation du Conseil de sécurité se rendra dimanche au Niger voisin, dont l’ambassadeur à l’ONU codirige ce déplacement avec son homologue français.

Critiques et reproches entre la France et le Mali

Ces derniers mois, les relations entre Bamako et Paris n’ont cessé de se dégrader. Le 5 octobre, Emmanuel Macron avait appelé à ce « que l’État revienne » au Mali, dans un contexte de fortes tensions avec le pays sahélien, où la France est en train de réduire son dispositif militaire.

« Il faut que l’État revienne avec sa justice, son éducation, sa police partout, en particulier au Mali », où des pans entiers de territoire restent livrés à eux-mêmes face aux jihadistes, aux tensions intercommunautaires et aux trafics, avait-il-dit. Ces propos avait poussé le ministère malien des Affaires étrangères à convoquer l’ambassadeur de France.

Lors de l’assemblée générale de l’Organisation des Nations unies (ONU), le Premier ministre malien Choguel Maïga avait, en outre, reproché à la France d’abandonner le Mali dans la lutte contre les groupes islamistes avec sa décision de retrait de la force Barkhane. Il avait aussi déploré un « manque de concertation » et une annonce « unilatérale » sans coordination tripartite avec l’ONU et le gouvernement malien.

Le président français avait alors répondu en qualifiant, jeudi dernier, de « honte » les accusations d' »abandon en plein vol » du Mali par la France. « Cela déshonore ce qui n’est même pas un gouvernement » issu de « deux coups d’État », avait déclaré le chef de l’État français.

france24.com avec AFP
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