« L’indépendance des juges est le seul rempart contre l’arbitraire » selon Souleymane Téliko, président de l’UMS

L’indépendance des juges demeure le seul véritable rempart contre l’arbitraire

, a soutenu, vendredi, le président de l’Union des magistrats du Sénégal (UMS), Souleymane Téliko.

’’Pour autant, la nécessaire interdépendance entre les pouvoirs de l’Etat et l‘exercice d’un pouvoir d’organisation du service public de la justice ne doivent point aboutir à compromettre l’indépendance des juges qui demeure, dans un Etat de Droit, le seul véritable rempart contre l’arbitraire’’, a-t-il déclaré.

Souleymane Téliko, également président de chambre à la Cour d’Appel de Thièes, s’exprimait ainsi à l’occasion de l’atelier de renforcement de l’indépendance de la justice.

Cette rencontre de deux jours, axée sur la thématique ’’Plaidoyer pour le renforcement de l’indépendance et de la performance de la justice’’, est organisée par Africa Jom center, en collaboration avec l’UMS, et l’ambassade de Suisse au Sénégal.

Selon le juge Téliko, le choix de ce thème procède ’’d’un constat’’ lié au fait que ‘’même si l’idée de l’indépendance de la justice semble correspondre à une aspiration légitime et largement partagée, les modalités de sa mise en œuvre suscitent souvent appréhensions et réticences’’.

’’Des réticences souvent exprimées sur fond d’amalgames et de malentendus que nous gagnerions tous à lever (…), que par un débat serein, ouvert et inclusif comme celui auquel nous vous convions aujourd’hui’’, a-t-il indiqué.

A l’en croire, la justice étant un pouvoir dans l’Etat, ‘’l’idée d’une justice fonctionnant en vase clos, de manière totalement autonome, est assurément une vue de l’esprit. Car elle n’est ni faisable, ni même souhaitable’’.

Il s’y ajoute qu’’’en dépit du fait que la Justice est élevée, par notre Charte fondamentale, au rang de Pouvoir, l’idée d’une véritable indépendance du Pouvoir judiciaire est parfois mal perçue, non seulement par certains gouvernants mais aussi par une partie de l’opinion’’.

Ainsi, selon lui, la mise en œuvre du principe de l’indépendance ’’nous place, en permanence, dans l’obligation de devoir concilier des impératifs parfois contradictoires’’.

Il en est ainsi, a-t-il cité, des défis tels que l’organisation de l’autonomie du parquet sans remettre en cause la prérogative ministérielle de définition de la politique pénale, de la mise en place d’un système de gestion autonome de la carrière des magistrats à travers un Conseil Supérieur de la Magistrature (CSM) aux pouvoirs élargis sans violer la règle qui veut que le Président de la République soit celui qui nomme aux emplois civils et militaires.
MK/OID / APS
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