Les Etats-Unis et la Chine travaillent à un accord sur fond de cyber-attaques

Durant l’automne 1962 le monde a failli connaître sa première et certainement dernière guerre nucléaire. Cette crise majeure a été provoquée par la volonté de l’Union Soviétique d’installer des missiles nucléaires à Cuba, à une distance tellement proche des Etats-Unis qu’ils auraient permis des frappes sans aucun délai d’avertissement.
Le bras de fer fut plus que tendu et le monde est passé à quelques cheveux de sa fin probable.

Cette crise majeure a fait réfléchir le monde sur la prolifération des armes nucléaires et a conduit à la signature en 1968 a un traité de non prolifération de ces armes visant à ce qu’elles ne tombent pas entre de mauvaises mains.

Si le risque d’une crise atomique existe toujours aujourd’hui, il est autrement moins pesant qu’en 1962. Mais aujourd’hui, cette guerre globale qui ne laisserait au mieux au vainqueur qu’un immense parking radioactif semble s’éloigner. Il a été dans une certaine mesure remplacé par un autre, celui de la Cyber Guerre dont le but de chaque adversaire serait de paralyser toutes les infrastructures du pays sans autres armes que du code malveillant.

On nous rapporte très régulièrement des attaques de ce genre, la plus « célèbre » étant certainement celle de stuxnet, ce Cheval de Troie destiné à détruire les capacités d’enrichissement du combustible nucléaire de l’Iran.
On apprend aussi fréquemment que des attaques commanditées par des Etats ont visé des secrets d’autres. Cela concerne bien entendu le travail de la NSA que celui de cellules spécialisées dans la plupart des autres pays à commencer par la Chine ou la Russie.
Les relations entre la Chine et les Etats-Unis sont à ce sujet particulièrement tendues car de nombreuses attaques parties du premier ont visé aussi bien des grandes sociétés que des administrations avec le but de dérober un maximum d’informations.

L’escalade étant à craindre, les deux pays ont décidé de trouver un accord pour réguler ces actions. C’est ce que rapporte le New York Times.
Bien entendu l’accord ne visera pas à interdire à chaque pays de vouloir espionner l’autre mais sera plus générique, fixant les bases d’un code de bonne conduite destiné à éviter une escalade sans fin.
Ce sera l’équivalent de ce que l’on a connu après la crise de Cuba, un garde-fou mais aussi on peut l’espérer les premières bases d’une réglementation internationale des choses intouchables. Nous pensons par exemple à certaines infrastructures civiles comme la simple distribution d’eau qui est aussi potentiellement vulnérable et dont la perturbation provoquerait très vite le chaos dans les grandes agglomérations.

Avec un peu de chance, on pourrait donc avoir d’ici la fin de la décennie un accord de non prolifération des outils de piratage au niveau mondial. Hélas, il sera bien plus difficile à faire respecter qu’un accord de non prolifération nucléaire, les outils pour fabriquer un Cheval de Troie étant à la portée de n’importe qui.

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