Lancement du Programme Agricora : Pour plus de résilience agricole

image d'illustration

L’atelier de lancement d’Agricora a démarré hier et se poursuit aujourd’hui. Ce programme d’Agriculture, de gestion des risques climatiques et des outils de recherches en Afrique cible les secteurs scientifique et agricole. Le but est de mettre le premier au service du second afin de renforcer la résilience des agriculteurs face aux enjeux climatiques qui devraient devenir encore plus préoccupants qu’ils ne le sont actuellement.

Agricora est un programme de coopération que mène l’Institut de recherche pour le développement (Ird) avec le ministère des Affaires étrangères français. Il devrait «contribuer à l’élaboration d’outils efficaces de gestion du risque climatique pour l’agriculture». A terme, des partenariats avec des entreprises où des Ong ne sont pas à exclure. C’est ce qu’on appelle la «diplomatie climatique». Dans le cadre de ces coopérations, les responsables ont annoncé qu’une arrivée du Japon dans l’affaire était possible. La raison d’être d’Agricora, qui s’étend à l’Afrique de l’Ouest, est le risque climatique : «Les agriculteurs vivent sans cesse dans l’incertitude avec ce risque qui va vraisemblablement s’amplifier dans le futur», explique Benjamin Sultan, directeur de recherche à l’Ird et coordinateur scientifique du programme. Agricora devrait aider, par la recherche, les paysans à être moins vulnérables aux caprices écologiques.
Pour élaborer un plan d’action cohérent, un appel à projets a récolté 55 réponses et trois d’entre elles ont été retenues. Trois axes de développement sont visés : les services climatiques pour l’agriculture, l’intensification écologique et la gestion des ressources en eau pour l’agriculture. On a donc un projet pour chaque thème avec les partenaires correspondants. De façon plus explicite, le travail devrait s’orienter vers l’information climatique, notamment en matière de pluviométrie, un service météo plus adapté aux besoins des agriculteurs. Une réflexion sera aussi menée sur «la réponse des agriculteurs vis-à-vis de l’information climatique. Quelle intensification écologique par exemple ?». La menace est imprévisible et difficile à appréhender, c’est donc sur la vulnérabilité des victimes que ces acteurs ont choisi d’agir. Plus d’informations devraient permettre d’élaborer une stratégie plus efficace pour lutter contre ces turpitudes climatiques. Ces projets sont financés à hauteur de 240 mille euros et incluent des missions de terrain, des analyses, des enquêtes, mais aussi des partenariats.
Pour Yannick Le Roux, responsable du pôle des partenariats universitaires et scientifiques de la sous-direction de l’Enseignement supérieur et de la recherche, il s’agit de «maintenir la dynamique générée lors de la Cop21» en construisant cette collaboration entre les acteurs de la recherche, ceux de l’agriculture, mais aussi avec les instances décisionnelles. En résumé, il faut «faire le lien entre les chercheurs qui sont à un niveau intellectuel, à un niveau de connaissance qui n’est pas en adéquation avec celui des agriculteurs donc comment faire passer tous ces outils que les chercheurs maîtrisent facilement, à un niveau acceptable pour les agriculteurs», assène Mme Marilyne Diarra, directrice de l’Environnement et des établissements classés du ministère de l’Environnement et du développement durable. L’enjeu est bien de vulgariser et d’adapter la recherche scientifique pour la mettre à portée du monde rurale ; d’où l’utilisation du terme «recherche-action».
Stagiaire / lequotidien.sn

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.