Kédougou: Que retenir des écoles de madame Viviane Wade?

L’une des écoles pilotes de Madame Viviane Wade se trouve à Ninéfécha.

Une commune prise en bandoulière par les collines du « bandé » et située à une quarantaine de kilomètre de la ville de Kédougou. Dans ce village cohabitent les ethnies bedick et peul.

Pour montrer son attachement à cette partie du Sénégal et jouer sa partition dans l’éducation des enfants de la localité, l’ancienne première dame y a créé une école à cycle complet dont le décors des édifices est toujours frappant. Les murs des bâtiments en roche dominés par le maron avec des fenêtres vitrées et des toits en zinc rose assimilés à des habitations françaises y sont construites. Dans l’enceinte de la cour, on dirait un verger d’arbres ombragés pour renforcer la splendeur de ce lieu d’acquisition du savoir.

Nonobstant la beauté qu’elle engendre, certains édifices et matériels de l’école comme les chaises des maîtres, les tables bancs sont sans supports et les portes croulent sous le poids de l’âge par manque d’entretien efficace. D’autres locaux sont même devenus des lieux de fréquentation des serpents dira le directeur actuel M. BA trouvé sur place. Des écoles pareilles, il y en a 3 dans la région de Kédougou dont 2 à Salémata précisément à Mithiou et à Kékéréssy. Celle de Ninéfécha est dans le compte de Kédougou.

Créées en 2002, ces écoles ont pour but de participer à l’amélioration des conditions de vie des enfants et à leur bonne éducation. Les communautés bénéficiaires sont les bedicks, les peuls et les bassaris. À l’époque, dès la première étape (ci et cp), les langues maternelles occupaient 75% dans les enseignements apprentissages à fait savoir l’un des anciens éducateurs de l’école de Ninéfécha Boubou Samoura. Les autres 25% sont consacrés à la langue française a-t-il poursuivi. Selon lui, c’est à partir de la deuxième étape (CE1et CE2) que le français est priorisé sur les langues maternelles à 75%.

Les enseigants étaient logés et nourris à l’interne pour pallier les retards et absences. L’école et les logements sont bien fournis par un château d’eau et en électricité par des panneaux solaires. Ces écoles n’étaient pas destinées à n’importe quel enseignant. Il fallait être quelqu’un d’engagé et travailleur pour supporter le contrôle des cours qui se faisait périodiquement depuis Dakar.

Aujourd’hui, elles ont quitté de l’état pilote pour devenir entièrement des écoles publiques obéissant aux mêmes règles que les autres. Les enseignants y sont affectés par les inspections de l’éducation et de la formation et ils enseignent le même programme avec la même méthode. Dès lors les interrogations du temps sont multiples. Doit-on construire des infrastructures scolaires d’une telle valeur n’importe où ? Ou n’était-il pas judicieux de développer un plan de résorbtion des abris provisoires au Sénégal avant de créer des écoles pilotes ?

En tout cas, il urge aujourd’hui de méditer sur ces questions afin de comprendre que les enfants sénégalais ne méritent pas d’apprendre dans des hutes éternelles en cohabitant avec des serpents de toute sorte, quand on sait qu’avec une volonté politique et un engagement manifeste, il est possible de faire des têtes bien faites dans des conditions favorables dans notre pays.
Cheikhou KEITA.
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