Les questions clés du conflit israélo-palestinien dans le plan de paix de Donald Trump

Donald Trump a révélé mardi 28 janvier 2020 son fameux plan de paix pour le Proche-Orient

, aux côtés du Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou et en l’absence des Palestiniens. Le plan détaillé dans un document de 181 pages fait la part belle aux Israéliens et fait voler en éclat les paramètres internationaux pour la résolution du conflit. En voici 5 points clés.

■ La solution à deux États

Donald Trump promet aux Palestiniens un État, mais sous conditions. Les Palestiniens devront se plier aux exigences sécuritaires israéliennes, ne plus verser d’argent aux prisonniers détenus par Israël ou aux familles de « martyrs », considérés par les Israéliens comme des terroristes. Ils s’interdiront toute démarche devant les institutions internationales, comme la Cour pénale internationale. Ils devront adopter des lois de bonne gouvernance. Dans le même temps, les Israéliens s’engageraient à ne plus développer leurs colonies. Le futur État palestinien serait démilitarisé et amputé de portions importantes de territoires qui reviendraient à Israël.

■ Les colonies

Les colonies israéliennes de Cisjordanie seraient annexées à Israël. Donald Trump avalise le souhait de la droite nationaliste, alors que ces colonies situées en territoire occupé sont illégales au regard du droit international. La colonisation s’est largement développée ces dernières années. Plus de 400 000 colons vivent actuellement en Cisjordanie. La vallée du Jourdain, large bande de terre stratégique à la frontière jordanienne, passerait sous souveraineté israélienne.

■ La bande de Gaza

L’enclave palestinienne serait démilitarisée. Le Hamas, qui contrôle la bande de Gaza ainsi que le Jihad islamique, considérés comme des mouvements terroristes, devraient déposer les armes. Donald Trump estime aussi que les Palestiniens qui vivent à Gaza sont pris en otage et maintenus dans la pauvreté. Si les conditions sont réunies, il offrira aux Gazaouis la possibilité d’avoir un port et des infrastructures économiques y compris sur le territoire israélien. Cela fait partie d’un vaste volet économique présenté dans le plan de paix. Enfin, dans le cadre du futur État palestinien, la bande de Gaza pourrait être reliée à la Cisjordanie par un train à grande vitesse.

■ Jérusalem

Jérusalem restera la capitale d’Israël et ne pourra être divisée. Donald Trump reste donc sur la ligne qu’il avait adoptée fin 2017 en reconnaissant l’occupation et l’annexion de Jérusalem-Est par les Israéliens, en contravention totale avec le droit international.

Depuis des décennies un consensus s’est forgé pour que le statut de Jérusalem soit décidé dans le cadre de négociations de paix, sachant que les Palestiniens revendiquent Jérusalem-Est comme capitale de leur futur État. Dans son plan de paix, Donald Trump propose bien une capitale aux Palestiniens, mais derrière le mur ou barrière de sécurité actuelle, c’est-à-dire dans les faubourgs de Jérusalem.

Concernant les lieux saints, le plan américain propose un statu quo. Mais un changement de taille est évoqué puisque Donald Trump souhaite un droit de prière pour tous sur l’Esplanade des mosquées, que les juifs considèrent comme leur Mont du temple. Actuellement, seuls les musulmans y prient. Les juifs, eux, ont le Mur des Lamentations. Cette question a souvent été source de tensions et de violences dans le passé.

■ Les réfugiés

Plus de 700 000 Palestiniens ont été contraints de fuir lors de la création de l’État d’Israël en 1948. Aujourd’hui, plus de 5 millions de réfugiés sont recensés par l’ONU à travers le monde. Israël leur refuse le droit au retour sur leurs terres. Le plan américain avalise cette vision. Pas de retour possible sur le territoire israélien actuel. Les réfugiés auront le choix entre aller dans le futur État palestinien, rester où ils vivent (surtout au Liban, en Jordanie, en Syrie et dans les territoires palestiniens occupés) ou choisir un pays tiers. Les États-Unis qui ont cessé leur contribution à l’UNRWA, organisme onusien pour les réfugiés palestiniens, promettent de mobiliser une aide financière internationale.
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