Industries extractives : Plus de 82 millions de Frs CFA dans la formation, pour outiller les personnes affectées

Les populations formées à mieux vivre avec les industries extractives au Sénégal
Image d'illustration

Les régions de Kédougou, Thiès et Matam, qui constituent les principales zones d’intervention des sociétés minières du Sénégal, bénéficieront de formation pour renforcer les capacités des personnes affectées par les activités des industries extractives. Elles seront outillées en négociation et dialogue politique pour une meilleure prise en compte de leurs intérêts.
Plus de 82 millions de FCfa (140.000 dollars Us) seront investis dans la mise en œuvre du programme de l’Ong « La Lumière » pour renforcer les capacités des personnes affectées par les activités des sociétés minières. L’organisation et son partenaire, l’Ong Osiwa, abordent ainsi un nouveau virage dans la continuité de leur projet (« Réduction de la vulnérabilité des communautés face à l’avancée du front minier ») dans les régions de Kédougou, Thiès et Matam qui constituent les zones d’intervention. « C’est une seconde phase qui nous permettra de tirer les enseignements du diagnostic sans complaisance que nous avons fait durant la première phase et au cours de laquelle des impacts positifs comme négatifs ont été notés dans les activités des entreprises minières. Surtout pour les impacts négatifs, avec l’accaparement des terres et le déplacement des populations qui les font manifester, les problèmes environnementaux et sanitaires, entre autres problématiques de la réinstallation des communautés autochtones », a indiqué le secrétaire exécutif de l’Ong « La Lumière », Ibrahima Sory Diallo.
Un processus complexe résultant de la perte des moyens de subsistance des populations déplacées, la violation des droits humains, l’échec des tentatives de dialogue à chaque fois qu’une société minière veut s’installer ou s’est installée dans une zone. Les différents intervenants ont évoqué ces questions dans le débat qui a suivi la présentation du projet par le coordonnateur Mamadou Lamine Diagne. Des exemples ont même été cités, tels que la rencontre de cadrage et d’élaboration de la stratégie de réinstallation par la Sgo dans le Kédougou, les populations de Matam et de Thiès qui sont sur le pied de guerre. Des conflits entre sociétés dans l’occupation de l’espace de certaines zones.
C’est le cas des Industries chimiques du Sénégal (Ics) et la Société d’exploitation des phosphates (Sephos) qui se disputent une zone dans la commune de Pire et que l’adjoint au maire de cette ville a évoqué. Une autre affaire qui a retenu l’attention des participants : le déplacement des populations de villages de Mbar Ndiaye et Mbar Diop à Pire par les Ics sans aucune autre mesure d’accompagnement, si ce n’est les indemnisations qui ont permis aux ayant droits de construire des villas.

Apaiser les tensions
Autant de préoccupations auxquelles le nouveau projet de renforcement des capacités en matière de négociation et de dialogue politique et assistance/conseil juridique des communautés affectées par les opérations minières devrait prendre en compte pour éviter, à l’avenir, tous ces désagréments, le plus souvent liés au manque de communication. Le secrétaire exécutif de l’Ong « La Lumière », Ibrahima Sory Diallo, insiste sur la nécessité de mettre en œuvre ce projet pour accompagner les personnes affectées par les opérations minières. Cela devrait permettre un apaisement de la tension sociale dans les zones minières, de faciliter la collaboration entre sociétés minières, populations et pouvoirs publics.
Dans cette quête d’une meilleure prise en compte des intérêts des populations dans les activités des sociétés minières, un plaidoyer sera fait pour une plus grande implication des collectivités locales dans tout le processus. Aussi, il a été préconisé la mise en place d’un comité de suivi des acticités du projet, notamment dans sa phase d’information-sensibilisation des personnes affectées par les opérations minières, de renforcement des capacités de négociation et de gestion financière des personnes ciblées par le projet ainsi que le renforcement des capacités entrepreneuriales des personnes prises en charge par le projet, en l’occurrence les femmes et les jeunes. Il convient également d’assurer une assistance juridique et un suivi-évaluation de l’application des accords de réinstallation et de restauration des activités économiques des personnes ciblées par le projet.

Mahamadou SAGNE / lesoleil.sn

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