IAAF : Sébastien Coe, nouveau président pour un challenge de taille

This handout photograph released by Getty Images for IAAF shows Britain's Sebastian Coe (L) being congratulated by Ukraine's Sergey Bubka after Coe was elected as the new President of the International Association of Athletics Federations (IAAF), during the 50th IAAF Congress at the China National Convention Centre in Beijing on August 19, 2015. Britain's Sebastian Coe beat Sergey Bubka in a tight vote to become the new president of world athletics body the IAAF with a series of doping controversies at the top of his agenda. AFP PHOTO / LINTAO ZHANG / GETTY IMAGES FOR IAAF --- EDITORS NOTE --- RESTRICTED TO EDITORIAL USE - MANDATORY CREDIT "AFP PHOTO / LINTAO ZHANG / GETTY IMAGES FOR IAAF" - NO MARKETING NO ADVERTISING CAMPAIGNS - DISTRIBUTED AS A SERVICE TO CLIENTS

Le Britannique Sebastian Coe, élu président de la Fédération internationale d’athlétisme (IAAF) mercredi à Pékin, retrouve d’emblée un challenge à la hauteur de son passé de compétiteur de légende, alors que le premier sport olympique est attaqué sur le front du dopage.

Le médaillé d’or du 1500 m des Jeux 1980 et 1984, ancien député conservateur puis à la tête du comité d’organisation des Jeux de Londres, a battu par 115 voix contre 92, dans un combat Est-Ouest remis au goût du jour, l’Ukrainien Sergueï Bubka, le perchiste aux 35 records du monde.

Dans une ambiance de fin de règne, le Sénégalais Lamine Diack (82 ans) ayant gouverné l’IAAF pendant 15 ans et 9 mois, l’athlétisme n’a pas été épargné ces dernières semaines. A l’appui de 12.000 analyses sanguines qu’ils ont soumis à des experts, la chaîne publique allemande ARD et le journal Sunday Times en sont arrivés à la conclusion qu’un tiers des médaillés mondiaux ou olympiques entre 2001 et 2012 présenteraient des valeurs suspectes. La Russie et le Kenya sont particulièrement visés.

Paradoxalement, l’athlétisme -ses dirigeants l’ont répété jusqu’au dernier souffle- est le sport précurseur dans la lutte antidopage et qui reste à l’avant-garde, par les méthodes et les moyens financiers engagés, dans le combat contre « le fléau ». C’est aussi faire fi des nombreux médaillés sanctionnés.

Au-delà des polémiques, qui ont fini par entamer la crédibilité du plus universel des sports, la plupart des présidents des 214 fédérations, dont seulement 208 ont participé au scrutin mercredi, estiment qu’un renouveau est nécessaire.

Dans sa courte intervention d’après élection, M. Diack en a convenu à sa manière. « Notre sport est entre de bonnes mains. Une génération de cheveux blancs a fait ce qu’elle a pu, place maintenant à la génération des cheveux noirs », a déclaré le président. Comme un testament.

Avant le verdict des urnes électroniques, les deux candidats étaient montés à la tribune pour une dernière profession de foi.

Passant après son rival, Coe, âgé de 58 ans, avait insisté sur son expertise en matière de sponsoring, héritage des Jeux de Londres-2012 dont il avait été le grand ordonnateur.

Le Britannique avait aussi joué la carte de l’émotion et du rassemblement: « Pour la majorité d’entre nous, la naissance de nos enfants est un grand moment de notre vie, probablement le plus grand. L’opportunité de travailler avec vous tous est probablement un autre moment inoubliable. »

« Chers amis, il n’y pas de tâche dans ma vie à laquelle j’ai été aussi bien préparé. Si vous placez votre confiance en moi, je ne vous décevrai pas », avait conclu Lord Coe.

Tour à tour un des meilleurs demi-fondeurs de l’histoire, député conservateur (1992-1997) et homme d’affaires, Coe a aussi été préféré à Bubka parce qu’il apparaît comme étant le plus apte à faire la synthèse entre un passé de 33 siècles -selon ses termes- et un avenir, entre tradition et innovation.

Il devra être capable de proposer un athlétisme qui attire les jeunes, sous influence de sports plus rémunérateurs, le football en premier lieu.

Les Championnats du monde dans la capitale chinoise, qui débutent samedi, offriront une vitrine dans cette opération de reconquête.

Et Coe pourra compter sur le soutien de Bubka, 51 ans, réélu vice-président. Le champion olympique 1988, par ailleurs sextuple champion du monde, est arrivé en tête avec 187 voix parmi les sept candidats aux quatre sièges à pourvoir dans ce collège.

« C’est ma vie de continuer à servir l’athlétisme avec dignité et passion », a souligné l’Ukrainien, déjà candidat malheureux à l’élection pour la présidence du Comité international olympique (CIO) en 2012.

Coe, l’homme de tous les succès

Ancien roi du demi-fond, parfaite synthèse entre résistance et vitesse, autrefois homme politique, patron des Jeux de Londres, Sebastian Coe a continué d’enchaîner les succès en devenant mercredi à Pékin le sixième président de la Fédération internationale d’athlétisme (IAAF).

Comme sur la piste, le Britannique, âgé de 58 ans, est resté le maître, face à une autre légende de l’athlétisme, l’ex-perchiste ukrainien Sergueï Bubka et ses 35 records du monde.

Portant l’étendard de Londres, le médaillé d’or du 1500 m aux Jeux de 1980 et 1984 avait déjà soufflé à Paris, grande favorite, l’organisation des JO-2012.

Député conservateur de 1992 à 1997 de Falmouth (Cornouailles), puis à la tête du comité d’organisation des derniers Jeux, le successeur de Lamine Diack s’est aussi montré redoutable en coulisses et homme d’affaires avisé.

Jusqu’à présent, ce fils d’une famille de la classe moyenne, dont le père ingénieur fut aussi son entraîneur, a donc réussi le parcours quasi parfait.

Mais c’est évidemment dans les labours des cross et sur le tartan que le jeune Sebastian s’est révélé et construit. Petit gabarit doté de cuisses puissantes, une morphologie qui rappelle le grand danseur et chorégraphe Vaslav Nijinsky, Coe a symbolisé la domination britannique sur le demi-fond mondial à cheval sur les années 1970 et 1980.

Avec Steve Ovett, son aîné d’un an et ennemi juré, et le plus jeune Steve Cram, Coe a porté haut l’Union Jack et mis à l’honneur le mile (1.609 m).

Deux fois en argent sur 800 m lors des JO 1980 et 1984, Coe était devenu en 1979 le premier athlète à détenir à la fois les records du monde des 800, 1500 m et du mile (1609 m), exploit inégalé.

Vice-président de l’IAAF depuis 2007, il n’avait pas fait mystère ces deux dernières années de son ambition de recouvrir la plus haute fonction au sein de l’institution basée à Monaco.

Car Coe se fait une haute idée du premier sport olympique, qu’il a superbement servi comme athlète. Et quand, fin juillet, la chaîne publique allemande ARD et le journal britannique The Sunday Times ont avancé qu’un tiers des médaillés mondiaux ou olympiques, entre 2001 et 2012, présenteraient des valeurs sanguines suspectes, il a vu rouge.

S’érigeant en défenseur de l’athlétisme, Coe a évoqué une « déclaration de guerre ». Et de rappeler: « C’est nous qui avons montré la voie de l’antidopage. En tant que sport, c’est nous qui avons tracé le chemin des tests hors-compétition, des laboratoires accrédités. Suggérer que d’une certaine façon nous avons au mieux laissé faire et au pire été complices en couvrant le phénomène, n’est confirmé en rien par notre action lors des 15 dernières années », a-t-il déclaré à la BBC.

Pour gagner l’épreuve de fond contre Bubka, Coe a accompli, depuis décembre et l’officialisation de sa candidature, un périple de quelque 700.000 km au-dessus des continents.

« Je n’ai pas honte de le dire: l’athlétisme est le premier sport », a lancé le nouveau président.

Il aura quelques jours pour souffler à Pékin: il ne prendra officiellement ses fonctions que le 31 août, au lendemain de la fin des Mondiaux dans la capitale chinoise.

Une seule fois avant lui, l’IAAF avait été dirigée par un champion olympique: David Cecil, sacré sur 400 m haies en 1928 à Amsterdam.

Mercredi, Coe s’est justement référé à son compatriote, plus connu sous le patronyme de Lord Burghley, et par ailleurs sixième marquis d’Exeter, qui fut aux commandes de l’IAAF de 1946 à 1976.

« Lord Burghley a été avant moi, président du comité d’organisation des JO de Londres, ceux de 1948 », a rappelé à propos Lord Coe. Comme si la marquis avait inspiré son parcours.

rtbf.be

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