Ça jase dans le hip hop tambacoundois. Par Amédine FAYE.

Le hip-hop à Tambacounda

A Tambacounda, si le hip hop est une nation, elle est administrée par deux gouvernements

: le Réseau des Cultures Urbaines de Tambacounda (RCUT) et parallèlement l’OCU (Orientales Cultures Urbaines). S’il en est ainsi, c’est parce que l’OCU émerge de l’idée des anciens membres du RCUT qui comptent défendre l’intérêt de tous les emceez du Sénégal oriental. En claquant la porte, ils ont quand même égratigné leur ancienne structure.

« On a acheté une carte membre, en croyant que cette association était pour le bénéfice des tambacoundois. Mais tel n’est pas le cas », jase un des leurs, critiquant le RCUT.
Pour lui, « l’OCU est une association des tambacoundois, par les tambacoundois, pour les tambacoundois » alors que « le RCUT est l’initiative d’un non-tambacoundois ». Quel « puriste orientaliste » ! Il y a comme un air de « régionalisme diviseur ». Heureusement que Feu El Hadji Djily ne se l’est pas appliqué, en pensant à construire un lycée pour tout Tambacounda.

C’est en 2008 que le Réseau national des cultures urbaines a été fondé par le boss du label 99 records, l’artiste-rappeur Simon. Quelques années après, les bureaux régionaux sont créés dans les 14 régions du Sénégal parmi lesquels le RCUT. Ce, pour permettre aux artistes-rappeurs surtout ceux des régions éloignées de Dakar d’avoir « accès à une formation en gestion, en management, en écriture de projets mais aussi, cela leur permettra de disposer des ateliers d’écriture, de graffitis et de danse. Ainsi, ces artistes pourront vulgariser leurs produits et bénéficier des opportunités offertes par le réseau ». Tel est le contenu donné au projet.

Initiation et coordination d’activités hip hop, ateliers de formation en montage vidéo et infographie, coaching des artistes-rappeurs et communication de leurs activités sur les réseaux-sociaux, plaidoyer auprès des autorités locales pour une meilleure considération des hiphopeurs et des subventions plus conséquentes, organisation de deux éditions de 72h Sargal hip hop, etc. Des actions que le RCUT a certes menées, mais qui n’ont pas bénéficié du satisfecit des initiateurs de l’OCU. En se fiant à leur déploration, le RCUT « souffre d’une non-transparence dans sa gestion et d’une personnalisation de l’association par son président », en poste depuis 2013.

Le « beef » enclenché, les « rappeurs frondeurs » lancent l’OCU. Ont-ils fui leur responsabilité ? Qui aurait été premièrement d’exiger le renouvellement des instances du RCUT ? Le RCUT a aussi commis quelques inconvenances, en n’ayant pas insisté sur l’approche inclusive dans son management et en refusant le débat contradictoire (pour évaluer ses actions) et l’alternance organisationnelle.

A force de vouloir être crédibles, les deux structures risquent d’entrer en rivalité. A la fin du film, qui sera le porte-parole officiel et le représentant légitime des artistes-rappeurs de Tambacounda auprès de toute entité désirant travailler avec cette catégorie socio-professionnelle très active du Sénégal ? Où mille groupes sont inscrits dans le rap et plus de 50.000 jeunes évoluent dans le secteur des cultures urbaines.

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