Les glissades, les dérapages et les erreurs de communication des hommes politiques, gourmandises des médias

Les dérapages des hommes politiques, les gourmandises des médias

Les médias les traquent avec une sournoise gourmandise. Les hommes politiques les condamnent et les manipulent

contre leurs auteurs à des fins d’adversité politique. Les dérapages verbaux ou autres glissades d’hommes politiques font légion au Sénégal, pervertissant par moment le débat politique. Le tollé suscité par la déclaration du leader de Pastef, Ousmane Sonko, celle récente du patron de Rewmi Idrissa Seck, sans oublier celle de Souleymane Ndéné Ndiaye sur les transhumants, ou encore celle de l’ancien chef de l’Etat, Me Abdoulaye Wade, etc, remettent au goût du jour la question du discours politique dans le pays.

Tenus à un moment bien précis, les propos malencontreux ou désobligeants d’un homme politique peuvent rattraper son auteur. Ils se glissent dans les débats et autres sorties des acteurs politiques, provoquant ainsi des condamnations, soit méritées, soit exagérées. En tout état de cause, ces dérapages verbaux ont le mérite de s’écarter de la norme, ou de ce qui est attendu de leurs auteurs, car ils trahissent parfois les mauvaises pensées des personnes qui les ont tenues. Des occasions que ne ratent pas les médias pour en faire un large écho, sans oublier les acteurs du landerneau politique qui traquent sans répit les dérapages en tous genres de leurs adversaires politiques. La sortie du leader de Pastef, Ousmane Sonko, sur le traitement à réserver aux anciens chefs d’Etat du Sénégal de 2000 à nos jours, à savoir que s’ils sont «fusillés, ce ne serait pas un péché», en dit long. Le candidat de Pastef à la présidentielle du 24 février prochain, a reçu un volet de bois verts de la part des responsables du parti au pouvoir, tout comme ceux du Parti démocratique sénégalais (Pds). Pour se défendre, l’ex-Inspecteur des Impôts et domaines parle d’entreprise de diaboliser sa personne en voulant le faire passer pour un terroriste, sans pour autant nier les propos, ni la vidéo.

Dans un passé récent, c’était le patron du parti Rewmi, Idrissa Seck, qui s’était attiré les foudres d’une bonne partie de l’opinion publique. En effet, en mai dernier, lors d’un point de presse, le candidat Idrissa Seck a insinué des idées concernant le vrai lieu de pèlerinage des musulmans et l’historique de la question palestinienne. Cette malencontreuse déclaration de l’ancien Premier ministre lu a valu des critiques et autres attaques venant de tout bord. Le régime de Macky Sall n’a pas raté l’occasion de laminer, ou même de «manipuler» les propos, de celui qui était considéré, à un moment donné, comme le challenger numéro 1 du président sortant. Ses tentatives de clarifier sa pensée n’y feront rien. Il s’est enfin résolu à se barricader et à éviter les médias, passant ainsi le témoin à son jeune frère Ousmane Sonko, pourtant sur une pente ascendante.

D’autres exemples nous ramènent à des années en arrière. En effet, pour décrier le phénomène de la transhumance des hommes politiques, le président de l’Union nationale pour le peuple (Unp), Souleymane Ndéné Ndiaye, avait demandé qu’on «fusille» ceux qui s’adonnaient à cette pratique. Le désormais membre du camp présidentiel a été sévèrement lynché par les Sénégalais, notamment dans les réseaux sociaux. Sur cet exemple, c’est moins le fait qu’il ait décidé de rejoindre la mouvance présidentielle, que le châtiment qu’il avait préconisé contre ceux qui avaient fait comme lui aujourd’hui. D’ailleurs, pour se dédouaner de son dérapage, le leader de Pastef avait pris cet exemple pour justifier l’entreprise de diabolisation contre sa personne entreprise par le régime en place.

Loin d’être exhaustive sur la liste des responsables politiques qui ont carrément dérapé, il y a lieu de rappeler la sortie de l’ancien président contre son successeur, en 2015. En effet, Me Abdoulaye Wade avait traité le président Macky Sall de descendant «d’esclaves» et «d’anthropophages». Ces écarts de langage de l’ancien président de la République, n’avaient pas laissé indifférentes les populations. L’on se rappelle que les défenseurs des droits de l’Homme avaient vite fait de se fendre de communiqués de presse pour fustiger «les propos stigmatisants et attentatoires à la dignité humaine» tenus par l’ancien chef d’Etat, à l’encontre de Macky Sall et de sa famille. Autant de dérapages, parmi tant d’autres, qui interpellent sur la nécessité pour les acteurs politiques de bannir de leurs discours tout acte de violence de nature à porter atteinte à l’honneur d’autrui et à la dignité humaine, ainsi qu’à la crédibilité des Institutions de la République.
sudonline.sn
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