Après six mois de confinement, un goût de liberté pour les français en terrasse, au cinéma et au théâtre

Après six mois de fermeture et un hiver gâché par le Covid-19, la France a retrouvé ce mercredi 19 mai une partie de ses loisirs

et un peu de liberté, sur fond de recul de l’épidémie.

Ce mercredi matin en France, la liberté avait le goût d’un café-croissant. Paris, Marseille, Rennes, Lyon… La même scène se joue partout : malgré un temps souvent maussade, les terrasses des cafés sont prises d’assaut et la photo du petit-déjeuner partagée sur les réseaux sociaux.

À Strasbourg, deux femmes rient d’avoir déplacé leur rendez-vous de travail au bistrot. Dans la capitale alsacienne, les terrasses affichent complet, constate notre correspondante Angélique Férat. La plupart des établissements proposent une restauration en continu de 11h à 20h30 pour maximiser l’ouverture, alors que l’heure du couvre-feu a été repoussée à 21h.

Au bar-restaurant La Caupona, les 30 places à l’extérieur sont occupées. Emma et ses copines étudiantes boivent une bière. Et comptent rester jusqu’à la fermeture. « On avait prévu d’être là, qu’il pleuve, qu’il vente ou qu’il neige », rigole l’une d’elles. Loan et ses amis ont le même projet. Le jeune homme a même posé un jour de congé pour l’occasion. « C’est dur de ne pas pouvoir sortir, voir ses amis, boire un coup. Pour des jeunes, c’est pas facile à vivre. »

Julien Belgris, le responsable de l’établissement se réjouit, même si d’habitude il sert 250 places à l’intérieur et 60 places à l’extérieur. Certains restaurants n’ont pourtant pas rouvert. Faute de terrasse, ou parce que leur clientèle est touristique. Ceux-là attendent la date du 9 juin et la réouverture des salles de restaurants.

Retour dans les salles obscures

Ce mercredi, la liberté n’avait en revanche pas le goût du pop-corn. Les cinémas – tout comme les musées et les salles de spectacle – ont également rouvert, mais avec un protocole sanitaire strict. Il est notamment interdit de grignoter devant l’écran. Mais pas de quoi décourager les cinéphiles. Au MK2 Bibliothèque, l’un des plus grands multiplexes cinématographiques de Paris, la foule se presse pour la deuxième séance de la journée. « On n’est plus habitués, on ne sait plus comment faire », s’amuse une ouvreuse.

Vingt-quatre films se partagent l’affiche du multiplexe. Mais ce matin, les plus plébiscités sont deux comédies : Adieu les cons d’Albert Dupont et Mandibules de Quentin Dupieux, dont la première séance à 8h a rassemblé près de 500 spectateurs.

Pour les retrouvailles tant attendues avec son public, le théâtre des Bouffes du Nord à Paris affiche aussi complet ce mercredi. La jauge est limitée à 35%, restriction sanitaire oblige. Soit 200 spectateurs venus assister à la première du Viol de Lucrèce, un opéra de l’Anglais Benjamin Britten mise en scène par la Française Jeanne Candel. « Il y a un côté célébration collective », observe quelqu’un. « C’est un échange, un partage », estime une autre.

Ce train de réouvertures marque la deuxième étape du plan en quatre phases annoncé fin avril par Emmanuel Macron. Il doit se poursuivre le 9 juin par la réouverture des cafés et restaurants en intérieur, des jauges moins strictes et un couvre-feu à 23h, avant de disparaître le 30 juin si la situation le permet. Car si la circulation du virus a diminué depuis quatre semaines, elle est loin d’avoir disparu, avec environ 14 000 nouveaux cas quotidiens en moyenne.

« C’est bien qu’on retrouve la vie française. On a le droit de profiter du moment, mais ce n’est pas la bamboche du jour au lendemain. Il faut rester très rigoureux sur la question des variants », a averti le président Emmanuel Macron, en visite à Pont-Sainte-Marie, près de Troyes (est) pour fêter la réouverture en extérieur des clubs sportifs pour les jeunes.
rfi.fr
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