Dakar : Le projet de Bus rapide par voie réservée présenté aux députés

Le Conseil exécutif des transports urbains de Dakar (Cetud) qui a présenté, hier, aux députés, le Bus rapide par voie réservée (Brt), s’est employé à démontrer la pertinence de ce projet d’une valeur de 200 milliards de FCfa. Il va contribuer à l’amélioration de la mobilité urbaine et générera 4.000 emplois directs dans sa phase d’exécution.

Avec 1 % du territoire national, l’agglomération de Dakar concentre 24 % de la population sénégalaise. Les projections font état de cinq millions d’individus en 2025 dans la capitale contre 2,7 millions actuellement. Avec le croit démographique, il apparait de plus en plus urgent d’apporter des réponses pertinentes et durables à la congestion de la voirie et à l’augmentation des besoins de mobilité. L’Etat du Sénégal, à travers le Cetud, s’y emploie. Le projet Bus rapide par voie réservée (Brt) en est une belle illustration. C’est un système de transport de masse innovant de standing international pour répondre à la demande croissante. 100 à 130 bus circuleront sur une ligne pilote de 19 kilomètres, avec deux pôles d’échange à Guédiawaye et à Grand Médine, et 34 stations. Quinze communes seront traversées pour desservir jusqu’à 250.000 personnes par jour.

La ligne pilote partira de la gare ferroviaire de Dakar à la mairie de Guédiawaye. Les bus circuleront dans des corridors à grande capacité desservant des zones denses rendues attractives par un aménagement paysager. Ce sont là des solutions à court et long terme, parce que répondant à des besoins pressants et se projetant dans le futur. Ces bus à haut niveau de service d’une taille de 24 mètres peuvent contenir entre 180 et 200 passagers. Ils nécessiteront des aménagements sur la voirie déjà existante avec une voie réservée. « Nous avons identifié les axes sur lesquels il ne sera pas possible d’ériger deux sens de circulation générale. Il est, dans ce sens, prévu des reports de trafic », a expliqué Alioune Thiam, directeur général du Cetud, convaincu de la pertinence de ce choix.

Retombées économiques
Il a avancé que ces véhicules, en plus de respecter les normes internationales de sécurité et de commodité, sont en cohérence avec les engagements du Sénégal à la Cop 21 et avec sa politique de prise en charge des préoccupations des couches vulnérables.

En outre, le temps de régularité, estimé à quatre minutes, participera à améliorer la qualité du service dont les mouvements de rabattement seront assurés par les bus de Ddd et d’attu.

Le Brt est une incitation à l’utilisation des transports collectifs. Des mesures restrictives seront prises en ce qui concerne le stationnement dans le centre-ville. Il permettra aux cadres moyens de minorer l’usage de leur voiture particulière. En cela, c’est une initiative futuriste qui prend en compte les réalités socio-économiques avec des coûts alignés sur ceux appliqués par les bus de transport en commun.

En plus de l’accompagnement de la Banque mondiale, l’Etat est ouvert au secteur privé national. Mais le caractère nouveau du projet et son envergure impliquent l’exploration d’autres expertises. « Nous travaillons avec la Société financière internationale, branche de la Banque mondiale. L’apport des partenaires stratégiques étrangers, avec toute la compétence et l’expertise financière et technique, sera important dans la mise en œuvre de ce projet. L’infrastructure sera prise en charge par l’Etat du Sénégal et l’opérateur privé aura une bonne part, environ 10 % d’investissement minimum à faire pour le matériel roulant », a déclaré Alioune Thiam.

4.000 emplois directs
Pour que ce projet se passe dans les meilleures conditions, les aménagements prévus n’auront pas d’incidences majeures sur les quartiers traversés.

Mais, dans la mise en place d’un parc-relais sur une superficie de 1,7 hectare, un espace a été identifié à Grand Médine où une soixantaine de concession seront touchées. Des sites de recasement sont prévus. Aussi, la réalisation de ces infrastructures modernes aura des retombées économiques pour les populations. Ce projet générera 4.000 emplois directs dans sa phase d’exécution. L’exploitation pourrait profiter à 1.500 personnes. Les projets Brt et le Train express régional devraient voir le jour avant 2019. Ces efforts de l’Etat contribuent à améliorer, de façon décisive, à la mobilité urbaine, a affirmé Aubin Sagna, le secrétaire général du ministère des Infrastructures, des Transports terrestres et du Désenclavement. « En 2017, l’Etat aura réalisé 70 projets routiers. L’inauguration, samedi, de l’échangeur de l’émergence, le lancement des travaux de la Vdn 2e section et l’élargissement de la route des Niayes, sont, entre autres, autant d’exemples qui témoignent de l’intérêt accordé par le gouvernement sénégalais à la question de la mobilité », a dit M. Sagna. Les députés ont manifesté leur satisfaction et exhorté l’Etat à accentuer la communication sur ces projets, pour que les populations se les approprient.

Alassane Aliou MBAYE / lesoleil.sn

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