Daaka: « Des chauffeurs de camions citernes ont plutôt songé à sauver leur matériel que d’apporter un appui » (Maire de Médina Gounass)

Le Daaka
Image d'illustration

Il n’y avait qu’un seul camion citerne sur le site du Daaka au moment de l’incendie qui a coûté la vie à 22 fidèles et fait 75 blessés avant-hier, mercredi 12 avril à Madina Gounass. Le maire Seydou Ba qui faisait le point sur cet incident grave dénonce le fait que «tous les autres (camions citernes, ndlr)) sont partis. Ils ont plutôt songé à sauver leur matériel que d’apporter un appui, un soutien, ne serait-ce que donner de l’eau qui se trouve dans les réservoirs» au Sapeurs pompiers pour éteindre le feu. Par conséquent, «des gens quittaient Madina Gounass, distant du site du Daaka de 10 Km, pour apporter de l’eau», la bassine du château d’eau ayant «complètement brûlé».

Joint au téléphone par la radio Sud Fm le maire de Madina Gounass est également revenu sur le drame appelant à une modernisation du site. Au paravent Seydou Ba a présenté ses condoléances à toute la communauté musulmane avant de déplorer des manquements.

«Avant tout, je présente mes condoléances au chef de l’Etat, à la communauté de Madina Gounass et à la Oummah islamique. C’est regrettable, ce qui est arrivé. Je crois qu’on a eu à tirer sur la sonnette d’alarme. On avait parlé de solutions conjoncturelles et de problèmes d’eau.

LA SITUATION 24H APRES LE DRAME

On a recensé 22 victimes, il y a 75 blessés. Voilà où l’on en est pour le bilan. Maintenant, pour ce qui est des dégâts matériels, on ne peut rien dire. Si je vous dis, par exemple, que les gens qui sont venus de la Mauritanie, Nouakchott ont eu 6 voitures calcinées. Il y a eu beaucoup de voitures calcinées. Vraiment c’est un feu d’une rare violence. En tout cas, de mémoire, on n’a jamais vu pareil incendie au niveau du site du Daaka. Nous avons eu à attirer l’attention des autorités sur cela. Mais depuis 2010 on n’avait pas connu cela, le dernier incendie datait de 2010. C’est vrai que cette année l’incendie est d’une rare violence.

UN PLAN DIRECTEUR D’AMENAGEMENT EXISTE, DONC IL FAUT ALLER VERS UNE MODERNISATION DU SITE DU DAAKA

Je crois qu’on a attiré l’attention des autorités. Tous a été fait, il y a un plan directeur d’aménagement du site parce qu’il faut qu’on aille vers un aménagement (du site) du Daaka. Il faut qu’on aille vers une modernisation. Tant que l’on n’aura pas fait ça, nous ferons face aux mêmes difficultés. Je crois qu’il est temps maintenant d’en finir avec des solutions conjoncturelles qu’on a l’habitude de prendre pour aller vers des solutions durables, ne serait-ce que pour la sauvegarde des intérêts matériels, pour la sauvegarde des vies humaines. Le Daaka, vous savez, c’est un moment de rencontres, des gens viennent de partout, c’est difficile.

LE PROFESSIONNALISME DES GENDARMES SALUE

Il faut saluer aussi l’engagement et le professionnalisme des Gendarmes parce que n’eut été leur professionnalisme et leur engagement ils auraient du mal à canaliser la foule. Vous savez, en pareille circonstance, ce n’est pas facile, on pouvait avoir un bilan plus lourd, mais ils n’ont pas été dépassés par les événements. Ils ont pu, quand-même, maitriser la foule. Pour cela vraiment, nous leur tirons chapeau.

L’IRRESPONSABILITE DES CHAUFFEURS DE CAMIONS CITERNES
A propos de l’hydraulique, sincèrement, là il faut revoir parce que les camions citernes qui étaient sur place ne pouvaient pas faire le travail. Certes, mais ils pouvaient apporter un appui au Sapeurs. Il n’y avait qu’un seul camion citerne sur place, tous les autres sont partis. Ils ont plutôt songé à sauver leur matériel que d’apporter un appui, un soutien, ne serait-ce que donner de l’eau qui se trouve dans les réservoirs. Des gens quittaient Madina Gounass, la cité qui est distante du site du Daaka de 10 Km, pour apporter de l’eau, parce le château d’eau, la bassine d’eau qui était en train d’être construite, a complètement brûlé. C’était difficile à voir et, vraiment, on ne trouve pas les mots pour exprimer ce qui s’est passé. C’est regrettable, il faut le dire. Bon, même si des efforts sont faits, il reste encore beaucoup à faire et, ça, il faut le reconnaître sincèrement».
sudonline.sn

Laisser un commentaire