Coût de la retransmission de la CAN 2017 : Les rediffuseurs en colère contre Lagardère

Lagardère fâche les diffuseurs
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L’Union africaine de radiodiffusion (Uar) a tenu, ce vendredi, une réunion extraordinaire de son Conseil exécutif. Un conclave auquel ont pris part les membres de l’organisation et qui a été élargi aux dirigeants de télévisions dont les pays sont qualifiés pour la prochaine Can de football, au sortir duquel les participants ont réitéré leur position selon laquelle les coûts proposés par le Groupe Lagardère sont élevés et qu’il fallait poursuivre la discussion.

Les montants exigés pour la retransmission de la Coupe d’Afrique des Nations sont de plus en plus élevés. Pour la prochaine édition prévue au Gabon, le Groupe Lagardère qui a acquis les droits et qui doit les rétrocéder aux chaines africaines demande pas moins de 1,6 millions d’euros (quelque 1,049 milliards de Cfa) aux télévisions des pays qualifiés pour la diffusion. Un montant exorbitant qui n’agrée pas les responsables des chaines concernées qui ont ainsi donné mandat à l’Uar pour poursuivre la négociation avec le détenteur des droits. C’est dans ce sens que des contacts sont noués depuis quelques temps pour faire revenir l’acquéreur des droits à la raison.

Pour le Directeur général de l’Uar, Grégoire Ndjaka, les chaines africaines ne sont pas toutes, dans les dispositions de se plier aux exigences financières du diffuseur qui doit ainsi revoir ses prétention à la baisse. « 1,6 millions d’euros, c’est inacceptable ! », tonne M. Ndjaka. Pour qui cette somme peut permettre aux chaines concernées d’exécuter « beaucoup de projets de développement et je profite de l’occasion pour lancer un appel aux populations et aux gouvernants pour soutenir les directeurs généraux des organismes nationaux dans cette bataille. Parce que si on accepte de payer la somme demandée, elle va s’accroître aux prochaines compétitions ». Toutes choses qui lui font dire que « nos économies ne suivent pas et un des délégués nous a dit que ce qu’on demande à son pays de payer représente un tiers des avoirs de son organisme. Imaginez que pour un seul événement, une chaine de télé dépense plus du tiers de son budget, c’est inadmissible ».

Le conclave de Dakar de ce vendredi a ainsi permis de dégager une position commune à adopter devant le Groupe d’en face. C’est dans le sens que l’Uar recommande à ses membres de ne pas négocier séparément les droits de retransmission avec le successeur de Sport Five dans la diffusion de l’événement. « Aujourd’hui, le Conseil exécutif nous a donné d’autres arguments, d’autres éléments pour qu’on puisse aller de l’avant dans l’atteinte de ces objectifs. Ce qui est important à savoir, c’est que nous sommes tous disposés à faire avancer tout le processus mais tout ne dépend pas de nous », a-t-il dit. Les chaines nationales de télévision pâtissent du ‘‘diktat’’ des grands diffuseurs. Et la chaine congolaise en a fait les frais ; elle qui a été obligée à surseoir à la retransmission du match de la Rd Congo face à la Guinée le 13 novembre prochain à Conakry. Un match comptant pour la 2ème journée des éliminatoires du Mondial 2018. « On nous demande 150.000 dollars pour retransmettre la rencontre. Ce que nous avons refusé », a renseigné Kabulo Mwana Kabulo, Responsable des Sports de la chaine. Selon lui, le rythme est insoutenable pour les télés africaines qui font les frais des démarches mercantilistes des grands groupes.

Ousseynou POUYE / lesoleil.sn

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