La calebasse, une richesse en perdition

La calebasse, richesse d'Afrique
Image d'illustration

Le forum scientifique, technique et économique sur les calebasses qui s’est tenu hier, vendredi 25 au WARC (Centre de recherche ouest africaine), a permis aux membres de l’association dénommée «Volontaires pour l’Avancement de l’Agriculture» en coopération avec le GIE Goorgoorlu de revaloriser la calebasse.

Lors de la présentation du forum, les intervenants sont revenus très largement sur la problématique des calebasses. Naguère, légumes courants dans l’agriculture, le maraichage et dans l’alimentation, elles tendent de nos jours vers un abandon et une déperdition irrémédiables. C’est ce que déplore les volontaires pour l’avancement de l’agriculture.

Le GIE Goorgoorlu s’est, depuis de nombreuses années investi dans la diverse utilisation de la calebasse comme support artistique dans la peinture ou la sculpture. Mais aussi, l’intérêt porter à la calebasse qui s’est élargi à tous les usages dans les domaines pratiques traditionnels et culturels jusque dans l’alimentation. Elle est devenue progressivement rare.

Et il est presque évident que les calebasses se raréfient de plus en plus, disparaissent de nos pratiques agricoles et même de nos régimes alimentaires.

El Hadji Mbara Sène pour qui, les calebasses constituent une richesse en déperdition sur l’usage domestique de la calebasse, dira que «les gros fruits séchés produisent avec leur coque endurcie, les grandes calebasses ou «leket» en Ouolof et «saxal» en Sérère ont un rôle important dans l’instrumentation domestique familiale. Ils sont utilisés comme garde aliment, surtout le couscous et les grains, le mil en particulier et l’arachide, transport de l’eau, bains rituels, conservation et bénédiction rituelles des semences, conservation et caillage du lait (…)»

A l’en croire, l’ancrage de la calebasse dans nos valeurs et pratiques traditionnelles est encore perceptible dans les formes d’accueil de nos populations. Il soutient que «partout, la présentation de la petite calebasse pleine d’eau ou de lait, de mil ou de noix de cola est le geste de l’accueil, le signe de la bienvenue, de l’ouverture à l’étranger ou au visiteur».

Le professeur Mamadou Sarr dans son exposé des valeurs diverses des calebasses est revenu sur la symbolique de la calebasse. Selon lui, la «calebasse est symbole de fécondité». Et qu’en Asie, elle fait partie des «objets sacrés» et elle est associée à la «création du monde dans de nombreuses légendes».

Il affirme aussi que sur le plan alimentaire, «la calebasse peut être consommée comme légume. La calebasse produit une substance appelée cucurbitacine à l’origine du goût amer de certaines variétés».

Selon les volontaires pour l’avancement de l’agriculture, le fait semble bien avéré : la culture et la consommation des calebasses sont de plus en plus délaissées. Sur la base de ce qui précède le forum a recommandé des actions gouvernementales décisives et une prise en main des calebasses par les services de vulgarisation et de la recache pour de la perte un patrimoine végétal important.
sudonline.sn

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