Des burkinabé lancent la première usine de fabrication de médicaments génériques dans leur pays

Le Burkina Faso vient de lancer sa première usine de fabrication de médicaments génériques.

Qu’est-ce que cela signifie pour le pays ? Un acteur du projet répond aux questions de BBC Afrique.
L’initiative est entièrement privée et a été financée par des capitaux burkinabès et sous-régionaux.
L’usine, qui a coûté 15 milliards de francs CFA, fabrique pour l’instant trois médicaments génériques dont le paracétamol. Elle va en proposer à terme une dizaine d’autres médicaments.
Les capacités de production permettent à Propharm d’envisager de fournir les pays de l’UEMOA.

Pour en parler, BBC Afrique s’est entretenu avec Dr Palingwindé Coéfé, le directeur général de la société de production pharmaceutique Propharm, qui a répondu aux questions de Ferdinand Gogoua.
Qu’est-ce qui a motivé ce projet d’industrie pharmaceutique au Burkina Faso ?
Dr Palingwindé Coéfé : On avait remarqué que tous les sérums salés isotoniques, tous les sérums glucosés, donc de l’eau et du sel, et de l’eau et du sucre, étaient importés.
Donc, on se disait, mais pourquoi en tant que, pharmacie on ne pouvait pas quand même produire de l’eau et du sucre ici.
Il fallait aller en Chine ou en Inde pour remplir des conteneurs, pour revenir avec de l’eau et du sel. Donc, c’est de là qu’est partie l’idée en 2004.
Est-ce que ce n’est pas un investissement à risque en Afrique, surtout au Burkina Faso menacé par les attaques des groupes armés ?
On se demande pourquoi dans ce contexte qui peut oser investir autant dans un pays qu’on dit menacé par tout ce que vous avez cité ?
Mais nos populations vivent de plus en plus vieilles. Il y a une certaine réalité à laquelle on va devoir faire face parce que nous sommes tous en train d’aller, dans nos différents pays, vers la couverture sanitaire universelle.
Ici, par exemple, depuis environ cinq ans, il est question de la gratuité des soins pour les femmes enceintes et les enfants de moins de cinq ans. Donc, pour que ces différentes politiques-là puissent marcher, pour que nous puissions arriver vers une couverture sanitaire universelle effective, il faut que les médicaments qui sont utiles, donc qui sont nécessaires à la prise en charge des pathologies locales soient disponibles.
Cette situation, pour nous, de terrorisme ou bien d’instabilité, est passagère, et il va falloir de toutes les façons que quand elle va être plus ou moins normalisée, qu’on ait accès aux médicaments. Ce n’est pas parce qu’il y a de terrorisme qu’on n’a pas de maladie ou qu’on ne doit pas prendre en charge les maladies ou qu’on doit laisser les populations, sans médicaments !
Et il faut reconnaître que le groupe financier qui a accepté de nous accompagner est un groupe entièrement burkinabé. Donc, c’est pour ça que je pense que la prise de risque a été partagée.
Quels sont les types de produits que vous proposez ?
Alors, dans un premier temps, nous allons proposer du paracétamol 500 mg, du Phloroglucinol 80 mg, c’est une gélule qui est beaucoup utilisée chez les femmes et un kit de traitement de la diarrhée parce que parmi les principales causes de mortalités infantiles au Burkina Faso, la diarrhée figure en bonne place. La deuxième ligne de produits qui vont être proposés, ça va être une ligne de médicaments pour la prise en charge du paludisme.
Selon l’OMS, en 2020 sur 241 millions de cas de paludisme déclarés, 627 000 personnes sont mortes de la maladie. L’Afrique subsaharienne enregistre 95 % de cas de paludisme et 96 % de décès liés à cette maladie. Quels types de médicaments proposerez-vous pour lutter efficacement contre le paludisme en Afrique de l’Ouest, notamment ?
Le paludisme figure en bonne place parmi les principales causes de mortalité infantile ici au Burkina et je pense que c’est un peu partout en Afrique. Nous avons déjà acquis les dossiers pour et nous avons déjà les formulations pour des combinaisons d’antipalustres.
Donc, nous avons l’Artémisinine et de la Lumicentrine en dosage de 20 mg et 120 pour la prise en charge du paludisme chez les enfants, ensuite la même combinaison en dose de 40 mg et 240 mg pour la prise en charge du paludisme chez les adolescents ; et enfin en dosage de 80 mg et 480 mg pour la prise en charge du paludisme chez les adultes. Donc, on a cette gamme-là qui va être disponible certainement pour 2023 et nous sommes en partenariat avec l’USAID.
Les médicaments que vous avez cités jusqu’à présent sont des médicaments génériques. Alors, pourquoi avez-vous choisi de fabriquer les médicaments génériques et en sont les avantages ?
Les médicaments génériques sont des médicaments qui ont la même bioéquivalence que les médicaments spécialisés ou coller-copie.
Voilà, il faut vous dire que nous sommes dans un contexte où le pouvoir d’achat n’est pas vraiment grand. Il faut que les médicaments soient disponibles, c’est vrai, mais il faut aussi qu’ils soient accessibles à nos populations.
Donc, il y a eu une initiative, qui est l’initiative de Bamako, qui a permis quand même de sensibiliser un peu tous les systèmes de santé ouest-africains sur la nécessité de mettre en place ces médicaments essentiels et génériques pour la prise en charge des pathologies locales.
Et donc, nous on s’inscrit un peu dans la prolongation de cette initiative-là, en produisant maintenant localement ces médicaments essentiels, mais sous forme générique pour que justement, ce soit accessible à nos populations.
bbc.com
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