Ballon d’or africain 2015 : Le gabonais Aubameyang élu

Le gabonais Aubameyang élu ballon d'or africain 2015

Pierre-Emerick Aubameyang a été élu joueur de l’année 2015 en Afrique, hier à Abuja (Nigeria) où se tenait la cérémonie annuelle des CAF Awards. C’est la première fois que l’attaquant international gabonais, joueur du Borussia Dortmund depuis 2013, remporte ce titre honorifique. Avec 143 points, il devance de 7 unités le milieu ivoirien Yaya Touré. Le Ghanéen André Ayew, ancien Marseillais, complète lui le podium.

Durant la même cérémonie, la Côte d’Ivoire a été désignée Meilleure équipe nationale africaine et le Français Hervé Renard qui avait conduit les « Eléphants » à un deuxième sacre continental en 2015 en guinée équatoriale a été élu Entraineur de l’année. C’est son second sacre après celui de 2012 décroché dans la foulée de son succès en CAN de la même année avec la Zambie.

La Bundesliga donc au-dessus de la CAN ?
Le Gabonais Pierre-Emerick Aubameyang, Ballon d’or africain 2015 ! Les directeurs techniques nationaux et/ou entraineurs nationaux des sélections des 54 pays africains membres dont les fédérations de foot sont affiliées à la CAF ont osé franchir le Rubicond. Ce n’est point, de notre point de vue que le capitaine des « Panthères » ne soit pas méritant ; mais l’est-il davantage que l’Ivoirien Yaya Touré ? Pas sûr.

Certes l’attaquant du Borussia Dortmund brille de mille feux en Bundesliga. Auteur de 42 buts sur l’année civile 2015, Pierre-Emerick Aubameyang (26 ans) figure en effet au 7ème rang du Top 10 des scoreurs européens, derrière les monstres sacrés que sont Cristiano Ronaldo (55 buts) et Lionel Messi et Robert Lewandowski (49 buts chacun). Le Gabonais est également l’actuel meilleur buteur du championnat d’élite allemand avec un impressionnant ratio de 18 buts en 17 matches. Mais qu’a-t-il gagné ? Rien. Dans une Bundesliga « à deux équipes », Dortmund est régulièrement largué par le Bayern qui, à l’heure actuelle, compte une avance de 8 points qui pourrait fortement augmenter d’ici à la fin de l’année. Pis, en Afrique, Pierre-Emerick Aubameyang a été aussi fantomatique que son équipe nationale éliminée dès le premier tour de la CAN 2015, pour n’avoir fini que 3ème de la poule B derrière le Congo de Claude Le Roy et la Guinée équatoriale, pays hôte, ne devançant que le Burkina, l’une des grosses déceptions de la compétition avec … le Sénégal.

En le consacrant Meilleur joueur africain de l’année, les techniciens en chef africains ont juste montré le peu de crédit qu’ils accordent au football du continent dont ils ont la charge. Ils ont simplement placé la Bundesliga au-dessus de la CAN.

Une CAN, justement remportée en 2015 par la Côte d’Ivoire conduite par le capitaine Yaya Touré.

Des « Eléphants » que personne n’attendait à pareille fête après les gâchis de 2006 et de 2012 (finales continentales perdues face respectivement à l’Egypte et à la Zambie). Surtout que dans la foulée, leur capitaine emblématique Didier Drogba avait mis un terme à sa carrière internationale, devant ce qu’on croyait être une incapacité congénitale de cette « génération dorée » ivoirienne à égaler leurs illustres anciens qui avaient décroché le titre en 1992 à Dakar.

Or, à la tête d’une équipe comportant moins d’individualités de très haut niveau, Yaya Touré avait su mettre fin à 23 ans de traversée du désert. En vérité, le vice-capitaine de Man City n’a pas autant brillé en club en 2015 que les années précédentes (ce qui lui avait valu ses quatre titres consécutifs de Ballon d’or africain de 2011 à 2014 – ce qui tend peut-être à devenir de la routine, aux yeux des votants –) mais il a souvent planté des buts décisifs et joué un rôle important dans une Premier League anglaise où il n’est pas question que de course aux accessits derrière un ogre intouchable.

Et puis comble d’incohérence et d’inconséquence du jury, la Côte d’Ivoire a été désignée équipe africaine de l’année et le coach qui l’a conduite à ce second sacre continental, Hervé Renard, meilleur entraineur africain. Mais, il y a bien longtemps que plus rien ne nous surprend plus venant de la CAF.

B. Khalifa Ndiaye / lesoleil.sn

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