Alliance militaire islamique antiterroriste dirigée par l’Arabie Saoudite : Macky Sall enrôlée de force ?

Le Sénégal figure parmi les 34 pays de l' »alliance militaire islamique antiterroriste » dont la mise en place a été annoncée ce mardi par l’Arabie Saoudite. Cette coalition compte 19 autres pays africains dont le Tchad, le Niger et le Nigeria, déjà engagés dans la lutte contre Boko Haram, ainsi que des pays du Proche et du Moyen-Orient.

« Les pays cités sont d’accord pour la formation d’une alliance militaire conduite par l’Arabie Saoudite pour combattre le terrorisme avec un centre commun d’opérations basé à Ryad afin de coordonner et soutenir les opérations militaires », informe le communiqué officiel cité par l’Agence de presse saoudienne SPA. Lequel ne donne aucun détail sur la nature et la durée des opérations à mener.

Cette coalition contre le terrorisme s’ajoute à celle des Occidentaux, dirigée par les Etats-Unis, et à la Russie, qui mène de son côté une campagne aérienne en Syrie depuis le 30 septembre.

L’initiative saoudienne va sûrement ravir les Etats-Unis. Washington ne ratait jamais une occasion d’inviter Ryad à se montrer un partenaire crédible dans la lutte contre le terrorisme, c’est-à-dire à mettre la main à la pâte et, ainsi, balayer les soupçons de collusion avec l’ennemi.

Cependant la participation du Sénégal pose questions. Dans quelles conditions le Président Macky Sall a-t-il donné son accord ? L’Assemblée nationale ne devait-elle pas être consultée au préalable ? Combien de Diambars seront déployés ? Quel sera leur rôle ? Prendront-ils part directement aux opérations sur le terrain ou seront-ils cantonnés à Ryad ?

Autant d’interrogations auxquelles le gouvernement devra probablement faire face. D’autant que les récentes prises de position du chef de l’État contre le terrorisme ont été jugées inopportunes par une partie de l’opinion et qu’avec le drame de Mina, qui a coûté la vie à plus de 60 Sénégalais, lors du dernier pèlerinage à La Mecque, l’Arabie Saoudite était la cible de vives critiques au Sénégal.

Sans compter que le mystère reste entier à propos de la participation des Diambars à la guerre au Yémen aux cotés des Saoudiens. Annoncée au mois d’avril dernier, le Président Macky Sall avait pris la décision d’envoyer 2100 soldats sénégalais pour la guerre dans ce pays de la péninsule d’Arabie. Une annonce qui, officiellement, n’est pas encore suivi d’effet. Aucun départ de Diambars n’ayant été annoncé par le gouvernement, alors qu’un cessez-le-feu a été décrété au Yémen ce mardi (coïncidence ?) après sept mois de combats et 5000 morts.

Secrétaire exécutif d’Amnesty Sénégal, Seydi Gassama affiche déjà son désaccord pour la participation du Sénégal dans la coalition saoudienne. Interrogé par RFM, il estime que le gouvernement sénégalais n’est guidé que par des considérations pécuniaires. Pour Gassama, la priorité est à nos portes. La ligne de front pour le Sénégal, clame-t-il, c’est le Nigeria, le Mali où sévissent Boko Haram, Aqmi, entre autres organisations terroristes.

ifall@seneplus.com

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