Accès à l’eau potable dans la vallée du fleuve Sénégal : Le projet Aicha cible 30.000 personnes

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En marge d’un atelier départemental de développement qui s’est déroulé vendredi dernier dans la capitale du Nord, plus précisément dans les locaux du Conseil départemental de Saint-Louis, le directeur de l’Agence régionale de développement (Ard), Ousmane Sow, a révélé qu’à l’issue de la deuxième phase du projet Aicha (Appui aux initiatives des collectivités locales pour l’hydraulique et l’assainissement), 30.000 personnes du delta et de la vallée du fleuve Sénégal auront la possibilité d’accéder à l’eau potable.

S’adressant à la presse, Ousmane Sow a précisé que le projet Aicha apporte une réponse innovante à la nécessité de corriger des inégalités dans l’accès à l’eau potable en milieu rural. Avec près de 35% de la population rurale de la région de Saint-Louis non desservie en 2010, il devenait impératif pour les autorités régionales d’agir. Le projet renvoyait aux OMD qui fixaient une amélioration de l’accès à l’eau potable en milieu rural en 2015, jusqu’à un taux d’au moins 82%.

Parallèlement, a-t-il poursuivi, le système de gouvernance des ouvrages de production (forages et stations de potabilisation), qui souffraient d’un manque de viabilité, de transparence et de qualité, nécessitait des améliorations avec l’introduction d’outils adaptés répondant aux exigences de la réforme en cours dans le secteur. En cela, le projet Aicha a démontré une réelle plus-value à travers la promotion d’un dispositif de suivi technique et financier, l’animation d’instance de dialogue multi-acteurs, la délégation de la gestion du service d’eau potable, etc.

Plus explicite, il a souligné que la maîtrise d’œuvre du projet est assurée par un groupement composé de trois organisations professionnelles : l’Agence régionale de développement (Ard) qui est le bras technique des collectivités locales de la région de Saint-Louis. Elle associe les services techniques déconcentrés de l’Etat concernés par la problématique, particulièrement la Division régionale de l’Hydraulique, le Service régional de l’hygiène, le Service régional de l’assainissement. Les services techniques de l’environnement, de la santé et de l’éducation ont été également partie prenante dans une moindre mesure.

L’Ard a assuré la mise en œuvre du volet planification et gouvernance. Elle a en charge la coordination du dispositif d’animation et de suivi mis en place à l’échelle locale, départementale et régionale. Le Groupe de recherches et d’échanges technologiques (Gret), une Ong française, est le chef de file du groupement de maîtrise d’œuvre du projet. Elle a assuré la responsabilité de la réalisation des travaux et de la mise en place des modalités de gestion et de suivi des ouvrages, entre autres.

Amélioration de la situation des Asufors
« Le Partenariat » est une Ong française qui a assuré le volet sensibilisation et réalisation de points d’eau potable dans les établissements communautaires (écoles, structures sanitaires, etc.). Ousmane Sow a laissé entendre que ce projet a permis un renforcement des compétences en faveur des bénéficiaires, en terme par exemple de gestion et d’entretien des infrastructures, de sensibilisation à l’hygiène, etc.

Il a rappelé que la situation des associations d’usagers bénéficiaires de l’intervention du projet se trouve nettement améliorée grâce à l’outil Stefi et grâce à la réorganisation de leur système de gestion. Celle-ci a été professionnalisée à travers une contractualisation qui a tourné essentiellement autour du recrutement d’un directeur d’exploitation par l’Asufor (association des usagers du forage) sur la base d’un cahier de charge avec des objectifs de performance, d’une délégation à un opérateur privé suivant une procédure de mise en concurrence, du recrutement d’un gérant, suivant un profil de compétences avec un mode de gestion en régie assuré par l’Asufor.

Ces différentes formes ont été adoptées suivant la taille des ouvrages et les spécificités des zones. Des acquis importants sont notés, mais qui demandent à être consolidés davantage. Selon Ousmane Sow, depuis la mise en place des infrastructures, il a été observé une réelle amélioration de l’accès à l’eau potable et à l’assainissement. Plus particulièrement les femmes qui ont généralement en charge la gestion domestique de l’eau ont tiré un réel bénéfice de ces infrastructures.

Il a ainsi mis en exergue cette amélioration très nette dans plus d’une quarantaine de localités où les filles, les garçons et les femmes faisaient avant plus de 5 à 15 km pour s’approvisionner en eau potable.

De manière plus générale, le projet a généré des externalités positives sur les conditions de vie et l’économie locales telles que la création de nouveaux métiers liés à la gestion et à l’entretien des infrastructures, la génération d’un revenu issu du prix de l’eau et réinvesti dans d’autres activités productrices (agriculture…), l’amélioration des taux de scolarisation etc.

A ce propos, il a fait remarquer que le projet a permis la création de nouveaux emplois du fait de la professionnalisation de la gestion de l’exploitation et de la distribution, l’allègement du coût de revient de l’eau, une dispense sur les frais de transport, un gain de temps pour les femmes qui peuvent entreprendre d’autres activités, de même que pour les garçons et les filles qui peuvent consacrer plus de temps à leurs études.

Mbagnick Karachi DIAGNE / lesoleil.sn

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